‹ Manuel Opératoire de l'Urano-StaphylorraphieChapitre 18 sur 45 · SOINS CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

SOINS CONSÉCUTIFS

L'opération terminée et le bâiilon retiré, on laisse le malade se réveiller, puis, au moyen d’irrigations d’eau glacée ou très froide, légèrement phéniquée, alcoolisée ou chloralée, on lave abondan:ment afin d'enlever les caillots de sang qui pourraient rester attachés aux dents ou dans les parties déclives de la bouche; il est même avantageux de faire des irrigations avant d’avoir relevé le

malade : dans la position couchée, la tête renvercée, l’eau, en passant derrière le voile, lavera les fosses nasales et débarrassera

ainsi la partie supérieure de la suture. Après ces soins le malade sera replacé dans son lit avec défense expresse de prononcer une

seule parole ; une ardoise ou une feuille de papier laissée à sa disposition lui permettra de demander par écrit ce dont il a besoin.

Si l’on a fait usage du chloral, le sommeil qu'il continuera à produire encore pendant quelques heures sera une garantie de tranquillité absolue, précieuse chez les enfants.

Si, au contraire, l’anesthésie a été produite au moyen du chloroforme simplement, les vomissements surviendront sûrement pendant la journée et la nuit suivante, le patient rendra le sang

avalé pendant l'opération, mais cet incident ne saarait avoir d’inconvénient si on lave avec soin après chaque vomissement.

L'opération a-t-elle été faite sans anesthésie, on pourra nourrir l'opéré dès qu’il sera reposé; mais, dans le cas contraire, quelques cuillerées d’eau fraîche constitueront la seule boisson à prendre avec quelque chance d’être conservée.

Dès le lendemain, sauf exception très rare, les vomissements ont cessé, l’opéré peut donc alors prendre quelques aliments, on doit même insister et s’ingénier à préparer sous une forme liquide les substances les plus nutrives, œufs, lait, tea-beef, etc., etc.

Des irrigations ou des gargarisations doivent être faites après chaque repas.

Les jeunes enfants sont extrêmement difficiles à alimenter, la fièvre et le malaise consécutifs à l’ébranlement opératoire suppriment leur appétit, les rend défiants et maussades ; plusieurs chirurgiens ont conseillé d’avoir recours dans ce cas à des injections stomacales de lait, faites avec une sonde œsophagienne.

i sera bon d’enlever une on deux fois par jour au moyen d'une

petite éponge montée sur une pince ou un manche quelconque,

mn O0) nie

ces mucosilés jaunâtres qui adhèrent au pharynx, aux joues et aux points de suture ; parfois même ces matières deviennent dures et sèches et pour les extirperil faut avoir recours à une pince à disséquer.

Les enduits pultacés qui recouvrent les bords de la suture ou les incisions libératrices doivent être soigneusement retirés et ces mêmes parties, pour peu qu’elles soient pâles et languissantes, stimulées par l'emploi de gargarismes appropriés.

Les potions calmantes à base de chloral rendront des services pour assurer le repos des opérés pendant la nuit; la morphine étant susceptible de provoquer des vomissements ne devra être employée qu'avec ménagement et précaution. |

Nous avous vu plusieurs fois les lambeaux devenir lâches et descendre comme une bande de toile mal tendue jusqu'au dos de Ja langue ; ces phénomènes disparaissent généralement vers le troisième jour sous l'influence du gonflement de ces parties.

Sédillot avait l'habitude d'employer de petites moules mainténant ces lambeaux appliqués sur la voûte palatine.

Chez nn de nos malades, nous avons vu la communication des fosses nasales et de la bouche persister pendant un temps assez long ; l'un d’eux est même sorti de l'hôpital porteur d’une petite fistule dans l’incision libératrice (observation n° 8). Cette dispositon ne s’est Jamais prolongée à notre connaissance au delà de quelques semaines et a toujours cédé à une légère cautérisation. À part les hémorrhagies plus ou moins abondantes (observations n° 24, 19) ou la mortification d’une portion plus ou moins grande des lambeaux (observ. n° 41),nous n'avons jamais assisté aux aceidents rapportés dans le travail de Rouge : « Roux perdit une malade âgée de 2? ans, par suite d’une bronchite capillaire due à l’extension de l’inflammation de l'isthme du gosier au pharynx et de

là aux voies aériennes jusqu'aux dernières divisions des bronches.

CSN EN

Un opéré du même chirurgien mourut dans un accès de délire nerveux dont Roux attribue la cause à la staphylorraphie. Un autre patient de A. Berard périt emporté par un érysipèle de la face, Maisonneuve rapporte un cas, de staphylorrhaphie dans lequel il survient un érysipèle qui com menca à l’intérieur des naripes, envahit toute la tête et mit la vie en danger. Un garçon de quinze jours, opéré par Simon pour une fissure de Ja voûte et du voile, contracta une bronchite qui l'enleva le vingt-sixième jour, etc., etc. »

Depuis que les lambeaux comprennent le périoste dans leur épaisseur, les hémorrhagies sont infiniment plus rares qu’aprés la dissection de ces mêmes lambeaux (Rouge, page 74).

Du reste, la compression digitale et les irrigations d’eau glacée ont toujours suffi pour faire cesser ces accidents.

Le perchlorure de fer, s’il devenait absolument nécessaire d’y avoir recours, ne devrait être employé qu’avecles plus grandsménagements.

Enfin, pas plus que M. Rouge, nous n’avons remarqué la nécrose où l’exfoliation des os du palais à la suite de l’uranoplastie à lam-

beaux périostiques.

Ablation des fils. — Le temps pendant lequel les sutures doivent être laissées en place, varie selon la nature des fils employés. Th. Smith par exemple maintient ses crins de cheval pendant 10 à 19 jours. « Ils doivent être laissés en place, dit Ehrmann, aussi longtemps qu'on le peut. >» Weber, Beck et G. Simon enlèvent les sutures du troisième au cinquième jour.

Les fils de soie sont enlevés plus tôt que ceux d’argent. Langenbeck avait l'habitude de les laisser huit, dix et même jusqu’à quinze jours. Erhmann cite un cas dans lequel la suture était parfaite et cependant les fils avaient été extraits après quatorze et trente-huit heures (voir notre: observ. 25).

Ward. 6.

La L-4yd à

D’après Rouge, « l'enlèvement des sutures dépend de circonstances si diverses, qu’il est entièrement subordonné à l'appréciation du chirurgien ». Plus loin il recommande de ne pas les ôter avant le quatrième ni de les laisser au delà du quinzième.

Dans nos observations, la moyenne pour les sutures vraies fut de: cinq jours; les autres sutures superficielles ou supplémentaires furent retirées le soiroulelendemain au plus tard. Il ne serait pas hors de propos de rappeler ici que sous l'influence d’une ablation trop hâtive des sutures ou par suite d'un mouvement involontaire du malade, la réunion, pas encore assez solide, a pu céder et la fissure se reproduire; des fils immédiatement repassés ont donné une réunion secondaire aussi satisfaisante que si la première avait réussi (obs. n° 2). Quand on a affaire à des enfants, comme il serait presque impossible de les empècher de crier ou de se débattre, il ya tout avantage à employer le bâillon et le chloroforme (obs. n° 10) pour faire cette ablation.

Ajoutons qre dès que la suture paraîtra suffisamment sulide, il faudra augmenter l’alimentation, surtout chez les enfants et se

hâter de les faire changer d'air.

Page 1