‹ Manuel phonétique du français parléChapitre 18 sur 81 · VOYELLES · texte numérisé non relu

VOYELLES

68. Les voyelles, comme nous l'avons vu (§ i8), se distinguent des consonnes en ce qu'elles se prononcent avec la voie buccale complètement libre; il n'y a ni

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fermeture ni rétrécissement, et par suite ni explosion ni frottement. Les voyelles sont toujours sonores, autrement dit musicales. On peut donc définir la voyelle: une modification du son vocal pur, sans addition d'aucun bruit buccal.

69. Les différences qui existent entre les voyelles proviennent de l'amplitude et de la forme de la chambre de résonance. Or, celle-ci est susceptible de prendre une infinité de formes différentes, et nous pouvons ta modifier de toutes les manières avec l'aide du palais mou, de la langue, des lèvres, des joues et des mâchoires.

70. Si le voile du palais est relevé et s'appuie fortement contre la cloison d'arrière du pharynx, de telle sorte que le courant expiratoire ne peut passer par tes fosses nasales et résonne seulement dans la bouche, nous produisons ce qu'on appelle des voyelles orales, par ex.: [i], [u]. Mais si le voile du palais est abaissé et que le son résonne à la fois dans la bouche et dans les fosses nasales, il en résulte des voyelles nasales, comme [à],

Remarque, Il faut bien se garder de confondre des voyelles comme [S\ et [i] etc., avec les groupes de sons qui leur correspondent dans les langues germaniques et qui sont souvent représentés par ang, eng (ex.: ail. lange, «nge; angl. hang, ilang; suéd. tûlang, sprang, tanga, drâng, hânga; dan. stang, bauge, drenge, litnge, etc.). Les nasales françaises sont des voyelles pures, des sons simples, que n'accompagne aucun bruit consonantique, tandis que les phonèmes germaniques ou scand pondants sont composés d'une voyelle orale pure, suivie d' nasale posipalatale également pure; autrement dit, le courant d'air commence par passer seulement par la bouche, puis passe seulement par le nez. Cette différence peut se démontrer par une petite expérience: tenons notre nez bouché en le serrant entre les doigts; si nous articulons alors un [d] français, le son se trouve modifié, mais non supprimé, tandis que si nous articulons les combinaisons ang ou eng, le phonème consonantique est complètement entravé et les parois du nez se gonflent fortement.

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71. En projetant les lèvres en avant de façon à former entre elles une petite ouverture ovale, on produit des voyelles dites arrondies: telles sont [y], [0], [œ], [u], [o], [0]. — Si au contraire la fente labiale conserve sa forme ordinaire ou s'élargit de chaque côté, nous avons alors des voyelles dites normales ou mieux non arrondies; ex.: [i], [e], [e].

Remarque, On peut constater å l'aide d'un miroir cette différence entre les voyelles arrondies et les voyelles non arrondies. Le rôle joué par les lèvres dans la formation des sons en général apparaît aussi très bien dans une série de photographies instantanées reproduites par Ylllastration du 21 novembre 1891 (n° 2^4;) et qui ont été prises sur un individu au moment oii il prononçait la phrase "je vous aime>. On trouvera aussi dans les Phonetische Studien (1, 24) des dessins schématiques représentant le degré d'ouverture des lèvres dans l'émission des diverses voyelles.

72. En ce qui concerne le rôle de la langue dans la production des voyelles, nous avons à considérer: 1" la distance entre le palais et l'endroit où la langue se relève {point d'articulation); 2" la situation de ce point sur la langue même, suivant qu'il se trouve plus en avant ou plus en arrière dans la bouche.

73. Dans la formation des voyelles, la langue est plus ou moins rapprochée du palais, et il existe un très grand nombre de hauteurs possibles; nous pouvons les ramener à trois principales: 1" La langue est dans la position la plus basse lorsqu'on émet les voyelles \a] et (a), et c'est pourquoi on les désigne en anglais sous le nom de low vowels; nous pouvons aussi les appeler avec M. Passy: voyelles ouvertes, 2' La langue est dans sa position la plus élevée, la plus rapprochée du palais, lorsqu'on prononce les voyelles [i], [y], |u], dites high vowels ou voyelles fermées. 5° La langue occupe une position

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intermédiaire: c'esl le cas pour [e] et [o], qu'on appelle mid vowels, ou voyelles mi-fiermées (mi-ouvertes).

Remarque. Il faui bien observer que les expressions ihautesi et <basses> dont on se sert souvent pour qualifier ces voyelles ne s'applique nullement à leur hauteur musicale, mais simplement au relèvement plus ou moins fort de la langue vers le palais. Si l'on prononce les séries [i— e— £— a] et [u— o— d— a], on observe très bien, — surtout avec l'aide du doigl ou d'un crayon, — l'abaissement graduel de la langue. Telle est la base du classement vertical que nous venons de donner.

74. A côté de ce classement vertical, il y a aussi un classement horizontal. Le sommet du renflement de la langue peut se trouver soit dans la partie antérieure, soit au milieu, soit en arrière; il y a donc trois positions principales possibles: i" Les voyelles se forment en avant de la langue: c'est le cas pour [i|, [e], [e|, qu'on appelle en français voyelles d'avant (ou palatales); en anglais front voweh. 2° Le relèvement se produit dans la partie la plus reculée de la langue; ex,: [u], [0], j^]: ce sont les voyelles d'arrière (ou vélaires); angl. back vowels. î" Le relèvement a lieu dans la partie médiane: voyelles moyennes (ou mixtes); angl. mixed vowels. Cette dernière catégorie n'est guère représentée en français (voir cependant §§ 81, Rém., 85, 101).

75. Le double classement que nous venons d'exposer se trouve résumé dans le tableau suivant:

ant)

(milieu)

(arrière) 1 u (high)

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71. En projetant les lèvres en avant dt former entre elles une petite ouverture ovale, des voyelles dites arrondies: telles sont [u], [o], [3], — Si au contraire la fente la' sa forme ordinaire ou s'élargit de chaque r alors des voyelles dites normales ou m' dies; ex.: [i], [e], [e].

Remarque. On peut t rence entre les voyelles arrondies et les v joué par les lèvres dans la formation des très bien dans une série de photograpl' Vlttuitration du 21 novembre 1891 fn" un individu au moment où il prononi trouvera aussi dans les Phanetische tiques représentant le degré d'ouverf

72. En ce qui en' la production des vo', 1" la distance entre '.

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