MIXTES
(.Mixed.)
Voyelles vélaires (.Back.)
Position des lèvres
arron.
Voyelles femées (.High.)
orales nasales
Voyelles (,Mid.)
orales nasales
Voyelles
orales
nasales
(.Low.)
orales nasales
sont toutes trois orales et n'ont pas de nasales correspondantes, du moins dans la langue moderne.
79. La voyelle [i] s'articule sans arrondissement des lèvres: de toutes les voyelles, c'est celle qui comporte le plus fort écartemeni de la bouche, et pour bien s'exercer
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bo
à prononcer l'[i] normal, énergique des Français, il n'est pas inutile d'exagérer au début cet écartement et de se conformer à l'excellent précepte du maître de philosophie de M. Jourdain: *La voix I [se forme] en rapprochant encore davantage les mâchoires l'une de l'autre, et écartant les deux coins de la bouche vers les oreilles.* De plus la partie antérieure de la langue est fortement bombée vers le palais dur et s'appuie des deux côtés contre les molaires d'en haut, tandis que la pointe porte contre les incisives d'en bas. En d'autres termes, ]'[[] est une voyelle d'avant fermée, non arrondie (angl. high-front).
Exemples d'[i] bref: [fini] {fini), [midi] {midi), [mistÉ:r] {mystère), [tilbyri] {tilbury), [prEStidi3itatœ:r] [prestidigitateur), [epi] (épi), [vit] {vite), [vil] {ville, vil), [lim] {lime).
Exemples d'[i| long: |di:r] {dire), [pi:r] {pire), [li:r] {lyre, lire), [abi:m| [abîme).
L'f français se retrouve en italien: riva, vino, vinto, et en espagnol: dificil, tino, tinto. Une voyelle presque analogue, pourtant un peu moins fermée, moins aiguë s'emploie en allemand: mir, hier, sie, wie, en suédois: spira, hvit. Ma, hitta, en danois: siv, vise, hvile, bide, bidt, hvidt, lille, etc.; citons aussi 1'/ long anglais dans feet [fi:I], seek [si:k], meal [mi:l], etc.
On ne saurait trop insister sur la nécessité de prononcer des [i] français «tendus». Les étrangers n'y font pas toujours assez attention, parce qu'en général ils ont dans leurs langues respectives deux ou trois variétés d'/ qui sont toutes représentées par te même signe, et leur tendance la plus ordinaire est de faire dégénérer 1'/' pur roman en une sorte d'e, prononciation qui parait aux Français très choquante. 11 faut pourtant se persuader que Vi du français // et celui de l'anglais ill, him, bit, fish, de l'allemand mit, nicht, du danois vil, til, midt, blik,
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n'ont de commun que la graphie. Le danois fisk sonne à des oreilles françaises comme s'il y avait fésk.
Remarque i. L'i atone dans les pronoms <jui et y devient souvent consonanlique lorsqu'on prononce rapidement; ex.: celui qui est là >■ [S3li|ilcjela], (a y est > [sajej; mais il est inutile d'ajouter que l't reprendra sa valeur vocalique dans l' interrogation qm est låf, comme toutes les fois que le pronom qui est accentué. Vi peut même disparaître complètement et le peuple dit souvent qu'est au lieu de qui est. Béranger a des vers comme ceux-ci: <Moi iju'aime J dîner, Dieu merci' (Paillasse). tUPalais Royal, qa'est not" patrie* (L'opinion de ces demoiselles). L'i disparaît aussi fréquemment dans le pronom masculin //, tantôt réduit i I: il aurait dû pler > pDrtdyfilej, tantôt réduit à néant, comme dans; 'nfsemb'qae oui (cf. § ;q), il y a > [ja], il n'y a (gna) (cf. § ^ j, Rem. i), etc. Des formes telles que composteur, trailler, Ftipote, proviennent d'une prononciation populaire de compositeur, tirailler, Filipote. On a dit autre fois captaine, on le dit encore souvent dans le peuple, et c'est sous cette forme que le mot a passé en anglais et dans les langues germaniques.
Remarque 2. En général les Français maintiennent fortement \'i pur; mais on pourrait trouver dans le parler populaire des exemptes d'affaiblissement. Par ex. on se moque souvent de ia prononciation me'le'taire pour militaire; citons encore les vieilles prononciations: féménine, êléxir, etc., o£i la tendance vers \'é est encouragée par l'influence assimilatrice d'un é précédent.
80. La voyelle [y] s'anicule comme [i], avec cette seule différence qu'elle s'accompagne d'un arrondissement des lèvres. C'est donc une voyelle d'avant fermée
arrondie (angl, high-front-round), ou encore une voyelle labio- palatale.
Exemples d'[y] bref: [ny| [na], (vy) [vu, vue), [lyt) [lutte, luth), [fy] (fût, subst. et verbe), [yrlyberly] {hurluberlu).
Exemples d'[y] long: [ry:z] {ruse), [sy.r] {sur, sure). ipy:r] (pure), [zy.^] (juge).
Une voyelle analogue à r(y] français se retrouve en allemand: kiihn, liber, kùten, et en danois: byde, lyde, lys. Comme pour \'i, il faut se garder de la prononciation relâchée de r[y] que nous observons en ail.: siinde, schiirze.
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et en da.n.:' styrke, forstyrre; dans ces mots r(y] dégénère en une sorte d'[ø].
Remarque. Le pronom ta perd souvent sa voyelle dans la prononciation vulgaire: Vas pas compris? Mon Dieu! qa'fes bête! Comp. Cf. hist-, 1, § 285, ;.
81. La voyelle [u] s'articule en avançant et arrondissant les lèvres plus fortement que pour [yj; l'ouverture de la bouche est très rétrécie et l'arrière de la langue très rapproché du palais mou. C'est donc une voyelle d'arrière fermée arrondie (angl. high-back-round). Nous retrouvons le même son en itaWtn: f à, più.puro; en espagnol: puro, lana, mujer; en allemand: kah, du, gut; en danois: du, skulde, due, hule.
Exemples d'[u] bref: [ku] {coup, cou), [iu] [loup), [mus] {mousse), [dus] {douce), [bul] {botile).
Exemples d'[u] long: [amu:r] {amour), [3u:r] {jour), [plu:z] {pelouse). [du:z] {douze).
Remarque. L'[u| atone peut être exposé à disparaître dans le parler négligé et rapide; c'est surtout le cas pour le pronom vous; ex: vous avez > [vîave), mais aussi pour d'autres mots; ex; vouto-vous vduî taire? > [vIevuftB:r] (cf. Gr. hist., 1, § 295). — Signalons aussi, à titre de curiosité, une déformation d'[u] qu'on peut observer parfois à Paris : par suite d'une prononciation paresseuse, celte voyelle passe à une voyelle moyenne (cf. § 74) qui se rapproche d'[y]; ainsi on peut entendre les camelots parisiens qui vendent le journal le Jour hurler dans les rues; «Demandez l'Jurl. Nous avons observé la forme: bonjar dans le parler enfantin. C'est presque la voyelle suédoise de hus, fra, etc.