LTILITÉ ET EMPLOI DU CAPITAL
pos de quelques meneurs qui les excitaient à profitei du besoin qu’on avait d’eux. Déjà, à leur demande, les maîtres de forges avaient accordé une piemière augmentation ; mais on ne paraissait pas disposé à s’en contenter, et il se mmifestait de nouvelles prétentions (jui ne laissaient pas de causer de l'inquiétude.
Les forges de Mirebeau n’étaient pas montées sur un pied à pouvoir travaillei' pour les chemins de fer; mais, en vertu de la solidarité qui existe toujours entre les établissementsd’une même industrie, elles participaient à l’activité générale qui régnait dans celle des fei's. Les salaires v avaient été élevés et la condition des ouvriers v était satisfaisante. Ils s’entretenaient toutefois de ce qui se disait et se faisait ailleuis, et ils suivaient avec intéi'êt ce (|ui se passait dans les grands centres métallurgiques. Aucune agitation ne se manifestait pourtant paiani eux, et rien ne faisait craindi’e encore pour la continuation des travaux.
Telle était la silualioii à la fin d’août, le jour de notre entretien Aucune circonstance particulièie n’ayant appelé l’attention du docteur, il commença ainsi :
— Mes amis, à la (juestion du travail et de la division du travail, à celle, des macliines (jui le favorisent, se lie la (|ueslion des .salaires, c’est-à-dire de la rétiibution du travail. J’aurais désii'é vousentretenir aujourd’hui d'un sujet plein d’intérêt pour beaucoup d’entie vous ; mais il en est un autre que je crois utile d’étudier avec vous auparavant, parce que vous comprendrez mieux ce (]ui doit venir ensuite.
L'homme ti-availle atin de pourvoir' à son existence; mais, pendant qu’il ti'availle, il a besoin de vivre. Or comment viviait-il s'il devait allendi'e la fin de son travail pour en consommer le pi'oduit d’une manièi'C ou d’une autre? 11 ne peut vivre que du produit d’un travail précédent , c’est-à dire du produit d’un tr-avail iron coiisommé , en d’autr es termes, d’iirr ti'avail économisé. IMus il y aiu’a de travail économisé, plus il y aura d'honrrnesqui pourront vivr-e en attendant le pr'oduit d’un tr'avail irouv'eau. Or le pi'oduit d'un tr avail passé est un capital.
Le capital , c’est tout ce qui existe sur la terre par suite du tr’avail de l’hornrne : c’est le r'ésultat de l’accumulation du ti'avail de tous les siècles, c’est ce que les hommes ont produit au delà
VINGTIÈME ENTUETIEX.