LTILITE ET EMPLOI DU CAPITAL
diguent pas inutilement, ils ne le gai'dent pas dans leurs coffres; ils le répandent en l'employant ou en le prêtant à des personnes qui l’emploient à des travaux utiles. Cet argent va nourrir des ouvriers cl vivifier l’industrie; puis il leur revient pour retourner de même faire vivre d’autres ouvriers, et ainsi indéfiniment. Us ne font pas du bien une fois, ils en font toujours.
Mais j’ai à vous signaler une autie injustice des hommes. Tandis (|ue d’un côté on traite d’avare celui qui ne prodigue pas stérilement sa foitune, d’un autre côté bien des gens voient le luxe des riches d’un œil jaloux et farouche. Us s’indignent de l’éclat de leurs fêtes , ou lorsqu’ils les voient traverser les rues mollement .assis dans de brillants équipages. C’est là un sentiment honteux qu'il faut savoir compriniei’ dans son cœur ; du resie, il n’est pas partagé pai' les ouvriers que ce luxe fait vivre; par les tapissiers, les peintres, les ébénistes, les sculpteurs, les miroitiers, les doreurs, les orfèvres, les fabricants de bi'onzes et de cristaux, qui décoi'enl ces élégants appartements; par les carrossiers, passementiers, selliers, qui ont fait ces riches voitures; par les cultivatems qui ont élevé ces beaux chevaux ; par les bijoutiers, lapidaires, couturières, modistes, tailleurs, qui ont gagné de bonnes journées à faire ces parui'es et ces livrées.
Que conclure donc de ces remarques en apparence contradictoires? C’est que chacun, sans dépenser son revenu et surtout plus que son revenu, doit vivi-e conformément à sa fortune et à son rang Les riches rendent d’ailleurs d’autres services par le bon emploi de leur fortune. Quand ils ont du goût, ils s’en sei*vent pour encourager les beaux-arts. Les livres, les tableaux, les statues, sont un noble moyen d’employer sa fortune et de rendre service à la société par la bonne direction qu’on peut imprimer àl'espi'ii humain. Les richesses peuvent encore fournir les moyens de f.iiie en agriculture, en physique, en chimie, en mécanique, des expériences qui ue sauraient être tentées par des
gens sans fortune Les l'iches ont ainsi une foule de movens
d’employer leurs revenus utilement pour l’humanité. Approuvons donc tout cm]iloi honorable de la foi tune, et ne condamnons que les dépenses stériles et la dissipation des capitaux.