‹ Manuel pour l'éducation des vers a soie et la culture du murier, méthode simple et facile de conduire ces insectesChapitre 11 sur 43 · DE L'ACCLIMATATION · texte numérisé non relu

DE L'ACCLIMATATION

fércnce des lieux et des climats : on les aura beaux et sains, si le dépouillement* de la feuille, la taille, l'étêtage et toutes les operations périodiques que l'usage leur fait subir, sont faites avec soin et discernement.

On doit être convaincu que partout où le mûrier peut croître et prospérer, oh peut entreprendre l'éducation des vers à soie, attendu que toujours la nature a placé à coté de l'insecte qu'il a fait naître, la plante qui doit le nourrir ; et la facilité que l'on a d'élever ces insectes dans des lieux couverts, rend encore leur acclimatation plus facile.

Deux causes qui naissent souvent des circonstances, et quelquefois de la nature du climat, sont funestes aux vers à soie : ce sont les températures extrêmes et l'inégalité delà température. Danâ ces deux causes, je vois la source de leurs maladies et celle de leur abâtardissement, et malheureusement , dans toutes les régions de la terre elles peuvent agir sur les éducations, et les frapper dans des raoraens inattendus. Ainsi, plus on aura de moyens pouc, les neutraliser ou les détruire, plus facilement le ver à soie s'acliraaterâ, du moins les épreuves et lés souffrances étânt moins longues et moins fortes, les modifications physiques, pu si l'on aime mieux , le sacrifice que l'insecte est obligé de

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faire sur ses habitudes originaires, se fera avec moins de secousses cl de déscr.iie.

Avec un peu de pratique on manipule ctans Un atelier à éducation ayee nrécisïïm et mé»

thode; car nue fois que l'on sait cueillir la feuille, la conserver, retendre sur les claiq$ # la distribuer aux ^vers, changer ta litière ^fVciliter la montée, on est ouvrier , on peut travailler; mais. combattre les températures extrêmes, se défendre de celles qui sont inconstantes et variées n'est pas une chose facile^ et le maître et le plus habile faagnanier sont Souvent arrêtés et vaincus par les obstacles, lin vaiiî v me dira-t-oli r on a des poêles et des cheminées pour répandre la chaleur, des fenêtres, des ventouses*, des ventilateurs pour renouveler l'air, tout cela est bon, c'esUiécessaire; mais ce qui est le p)us,impôrlant r c'est de savoir user de tous ces appateibavec justesse et à temps opportun : or., vingt auteurs disent la manière de le faire ( nouf les avons cites ) , cependant les plO? s.crnpuleu^' observateurs de leur théorie s'y trompent. Je ne donnerai dbnc point de règle à celui qui dans les'divers climats de l'Europe veut élever .des /vers à soie, je lui -dirai dp joindre à la- science acquise , le fruit de sa propre expérience, et je lui assure qu'il réussira le mieux, qu'il sera possible.

v De la tetnpçrâturp et des positions favbra- . bles f à Védùoation des >oers à soie.

Tout corps organique.»,* soit planta oa in- . secte qu'on isole de son pays, originaire , dé-

'genèrte et dcpeïit e,a raison direct^ de la difference.de dimatet de température. Si cette vérité n'était point prouvée par, mille exemples , nous chercherions à la démontrer , et nous montrerions qu'elie est- parfaitçmént

. cTaccord.avec les intentions de la,nà*ture.

On. a trop préconisé i'idce*^ ultra-industrielle, qui admette cosmopôlisnïe universel de tous les cires ; les-.espèces végétales et animales ont leurs limites géographiques

• comme les ndtiana ont les leurs,, et lorsque mielques causes accidentelles les déplacent ?

• ou tes poussent hors jdu' cercle leur a été . tracç > jellçs perdent, uue partie 4c cettç force ,

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individuelle qui maintient, l'équilibre dans les fonctions importantes de la vie.

On veut que les éducations des vers à soie . 'prospèrent dans les pays de Brandebourg et de.l'ÏJkrainc ; des écrivains qui sont loin de pécher par ignorance, soutiennent que dans toutes les provinces- de France on peut en faire avec succès: sans doute, on peut élever des bombyees à soie , partout ou croissent les mûriers, mais il reste à savoir ce cjue rapporteraient de telles entreprises, et. j'cuse croire que si on fut venir à fafire la balance des recettes et des dépenses de ceux qui ont fait tant d'inutiles essais de ce genre, on se serait convaincu qu'il ne faut pas se trop mettse en opposition avec la nature , si on veut en recevoir des bienfaits.

hes vers à soie sont primitivement nés dans un climat doux, fertile et tempéré "par un air ngr et léger : plus on se rapprochera de cet murcux. climat . plus on verra fes éditions prospérer. La Sicile, l'Italie , le Piémont, le beau ciel de la Provence en sont une preiive.

Sous un climat plus séc que chaud , animé par .un air vif Seins être froid , a l'abri des humides influences du 'sud -ouest, et d?s chaleurs étouffante^ du sud , d'une température un peu élevée, rarement sujet aux orages

et aux coups de vent; sous ce cjimat, disje, le ver à soie deviendra beau 9 et ceus qui en élèveront pourront compter sur le succès, de leurs entreprises. Voilà pourquoi les pays montueux d'Ànduze et -d'Alais , les fertiles coteaux de Tarascon et 'de St. «Rom i , les riches cantons de St.-Paul-Trois-Cliâieaux, et de Montelimart , font de nombreuses éducations et d'abondantes récoltes.

Les contrées du midi de la France (à quelques exceptions près ) sont les seules quj peuvent élever des vers à soie avec avantage : d'abord , à l'époque de l'éclosion, l'air y est chaud , et coupé par des vents qui le renouvellent et le rafraîchissent. L'atmosphère y est pure et animée ; la terre humectée par les pluies de l'hiver et échauffée par un beau soleil de printemps , fournit aux mûriers une sève copieuse et nourrissante. Les principes fertilisans , abondamment Répandus sur le sol , forcent le développement des espèces , et ^donnent à la nature l'aspeçt brillant et anime d'une végétation riche et puissante. Cependant ce n'est point assez pour réussir que d'avoir pour soi le climat, il faut encore s'assurer la position. La situation topographique des lieux est un objet cssçntiel pour la prospérité d'une éducation. On ne doit jamais perdre de vue que la che-

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nille du bombyce à soie se plaît sous une température e'galc et animée. Les chaleurs , les froids lui sont également contraires , et dans le midi les chaleurs étouffantes , et les temps humides , lui nuisent plus que toute autre chose : aussi a -t- on. remarque que constamment les récoltes sont moins abondantes dans les années où les vents du sud et de l'ouest dominent , que dans celles où ceux de l'est et du nord viennent par intervalles épurer et rafraîchir l'atmosphère.

D'après ces raisons, il n'est pas surprenant que deux cantons contigus , deux villages voisins offrent de si grandes différences dans les récoltes, que les uns soient propres à l'éducation, et que les autres ne le soient pas. Ainsi , les lieux trop élevés exposés à l'action immédiate d'un courant d'air rapide et froid , les vallons étroits et profonds , sujets à recevoir dans un seul jour l'influence de deux températures extrêmes et opposées , les -vastes plaines placées directement sous les vents humides et violens de la Méditerranée , les pays entourés de marais ou coupés par de larges rivières que les brouillards et les gelées blanches couvrent sans cesse, ne conviennent nullement «ux éducations.

Choisissez au contraire pour*votre entreprise des coteaux un peu élevés, placés entre

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nord et l'est , et abrités du côté du sud par des mqntagnes lointaines.

iVous vous affranchirez ainsi des influences malignes de la températurc'et du.sal. Les vents humides ne vous frapperont qu'indirectement, et leurs impétueux élans ne viendront point bouleverser vos récolles. Les touffes ou les chaleurs étouffantes qui se ma-' nifestent à l'époque de l'éducation seront neutralisées par les courans d'air qui sont continuels sur les lieux élevés et découverts ; vôs feuilles seront belles, saines et bien nourries; du moins, il n'est pas probable que les brouillards et les gelées blanches puissent les atteindre. C'est touj ours beaucoup que d'avoir pour soi le climat et l'exposition. La température peut se donner dans un atelier j du moins , on peut ,. "jusqu'à un certain poitit , la gouverner. , é Dans le midi, la température est toujours assez élevée , elle l'est souvent beaucoup plus que .moins ; voilà pourquoi lés poêles et les moyens artificiels, pour donner de la chaleur, sont peu nécessaires , à moins, comme certains auteurs l'assurent , que l'effusion du calorique ne. serve à corriger l'air de l'a te* lier toujours tr%p lourd et ^rop fétide : après les deux premières mues , il est essentiel de fi*er la température de la magnanière , celle

. ' , ET DE LA TEMBSBATCRE. QÇ)

Je dix-sept degrés R. que M. Bonnafous indique est suffisante. Lorsqu'elle est plus basse,' Je ver est surpris, par une langueur assoupissaute qui retarde les progrès de sa croissance; lorsqu'elle est plus clevfc'e , elle le , rend plus vorace et f expose à des indigestions et. à diverses maladies. Un the'rmo-.

mètre place 3 l'intérieur d'une des croisées de ratclïfer, doit fixcf.sur ce point le chef magnanicr.. Si fcet instrument marque nu froid pins (ofl que c$lui qu'on peut tolérer, on maintient la cLaleiy* par un peu de feu.

11 est înutite de dire que si c'est avec du charbon place sur un rdchaud que l'oiv échauffe les vers, il faut avant le bien fyne alluraeV hors de l'atelier. Le gaz acide carbonique est pernicieux à tous les êtres vivans.

Les vents, quels qu'ils puissent être , s'ils i\e sontni froids ni humides, ne nuisent point à l'éducation ? dans^bicn des cas ils la. favorisent.

Dans \cf cas que la chaleur soit plus forte qu'il ne faut, on rafraîchit l'air d'abord en ouvrant toutes les croisées de Tatelier , et en arrosant avec de l'eau fraîche ; ensuite , si ces mo.yens sont insufGsans , on se fait des espèces de ventilateur^ o\xi\ en frappant continuellement Pair , le renouvellent et l'épurent.

Souvent un temps inconstant amène successivement dans un seul jour différentes températures, les vents du «sud-ouest , les images chargés de grêles,, les orages imprévus occasionnent orc^naiiemeiiUces vaViationsjuecipitées^dans ce cas, quelques soins ' -que l'on prenne, on ne pertt garantir le ver de l influence atjaosplicri'iue; .son qprps, ses forces digeslive's suivent Us fluettiatioris de . " la température; tantôt il est alpine, vif et alerte, tantôt d est triste et languissant , il ma.cttfe par sauls et par bonds,' il perd ses habitudes natui elles, et .si le temps continue la récolte-Yen ressent. Alors on i?e peut guère employer que des moyens palliatifs': si le^Jroid est trop intense', s'il est accompagné de plui? froide, ferme la. plupart des . fenêtres qui font face au vent , on fart un peu de feu; si à la suite de Forage la touffe se déclare • on renouvelle l'air par les moyens déjà indiques ; enfin quelque temps* qu'il fass-, lorsqu'on est bien assuré de son affaire, on tire encore parti de sa récolte* J'af vu de petites éducations réussir trcs-bieii par un temps continuellement pluvieux et * humide, et des vcrs'se porter très-bien et venir à terme sans indisposition , en se'nouirissanta.vecdcs feuilles cucilHes avec la pluie. J'ai vu de grandes maguanières perdre leur

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récolte par un beau temps , et dans un beau pays. Le climat, l'exposition, la température, sont pour beaucoup dans l'éducation des vers à soie; mais les soins et la manipulation en sont Pâme. Si on met pour chef d'atelier un ignorant r ou un homme peu soigneux qui ne sache rien prévoir ni rien parer, il faudra que le temps et les circonstances le favorisent bien pout avoir une récolte avantageuse.

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