‹ Manuel pour l'éducation des vers a soie et la culture du murier, méthode simple et facile de conduire ces insectesChapitre 18 sur 43 · DE LA» GRAINE · texte numérisé non relu

DE LA» GRAINE

des graines altérées ou produites par des individus faibles ou languissans , <*n se coqtaindrait bientôt que les races, une fois naturalisées, ne dégénèrent point, v En attendant , on fait d'inutiles et fortes r . dëj&enses pour acheter des graines aux étrangers, qui moins intéresses que les marchands , indigènes , à soutenir parmi nous leur réputation commerciale, ne mettent pas dans leurs livraisons cette délicatesse commandée » p^r l'intérêt de se faire un nom qui fixe la fortune. Si on avait des moyens infaillibles pour connaître toutes les graines falsifiées, "ce serait encore un petit mal, puisqu'on en serait quitte pour bien étudier ces moyens / afin de se les rendre familiers! Mais la graine produite par des femelles non acebu-

f)!ées aies mêmes caractères physiquc%que a bonne graine. Elle est ronde, luisante, d'un gris noir, et se précipite au fond df l'eau, lorsqu'on la lave. La graine de pavot, mise en petite quantité dans de la bonne graine , est difficile h reconnaître , parce qu'elle a à peu près le même aspgct, et qu'il

personnes qui se livrent au commerce de la

fabrication de la soie àjfaire renroduirc.cUes-

DE VER A SOIE. Qn

mêmes leur graine par des cocons choisis ; et dans le cas où elles tiennent au système du renouvellement des races , elles doivent acheter la graine à des négociant qui font cette partie en gros , et dont la* réputation commerciale offre quelque garantie. Les graines du Levant, celles de l'Asie minçure « et des Indes , sont supérieures à toutes les autres , et doivent être achetées de préfé-* renec , lorsqu'on s'est persuade qu'elles ne sont point vieilles , et qu'elles n'ont point souiFert dans la traversée ou dans le voyage. Quant à celles du continent, on préfère les graines de Sicile à celles d'Italie, et > celles d'Italie à celles de Piémont. Les graines d'Espagne sont préférées à ces deux 'dernières, La graine de ver à soie de France est petite, un. peu luisante et (L'un gris. noir. Celle d'Espagne est plus pelite encore et d'un noir obscur. La graine de Piémont est grosse et blanchâtre. Celles de la Sicile et des différentes contrées de l'Asie se rapprochent plus ou moins des bonnes graines de l'Europe. . , V ; '

Lorsque la graine de ver à soie est transportée d'un climat dans un autre, elle lie prospère pas la première année ; mailles années suivantes, elle est d'un grand produit; ce qui montre que toute graine exoti-

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que, dans le cas fortuit de son isolement lointain, souffre pour -se plier aux influences d'un nouveau ciel et d'une terre étrangère.

' On a observé que les cocons provenus de graine exotique sônt , la première année, infiniment plus gros que le* autres : mais cette

• grosseur diminue chaque année ; et au bout de cinq ans, elle fiuit par n'être plus appa-

, rente. % •

Lorsque Ton fait un achat de graine , on

s'assure d'abord par les yeux si elle a tous les caractères physiques qui sont propres à la bonne, savoir : la couleur et l'éclat ; ensuite on en écrase quelques-unes entre les ongles. Si elles éclatent avec bruit et montrent dans'Ieur intérieur une liqueur vive , ne coulant point, c'est une preuve qu'elle est bonne. Cette matière visqueuse et brillante, dans la

• graine morfondue , n'a ni vivacité ni transparence; et celle de la graine pourrie coule , elle est blanchâtre et terne , comme dans les

œufs gâtés.

Aussitôt aj)rcs cette première épreuve, on doit voir si elle est mélangée de beaucoup de graine stérile. Celle-ci est toujours plus légère et moins colorée; mais pour s'assur^ de la quantité du mélange, on la trempe dans du vin ou tout simplement dans de l'eau un peu tiède; on la remue une ou deux mi-

mites. Par ce moyen, la bonne se sépare de la mauvaise; la première tombe au fond du vase, et la seconde vient surnager sur l'eau ^ »,

La mauvaise gfaine jettfe atissl de la liqueur; mais elle est toujours trouble et blanchâtre. \

Tels sont les moyens employés pour faire produire de la bonne grainfc, pour la connaître, et pour n'être point trompé dans les achats. Comme c'est le pojnt le plus essentiel de l'éducation, puisque sans graine féconde point d'éducation, on ne saurait trop recommander k ceux qui se livrent au commerce ides vers à soie de bien s'appliquer k connaître cette partie de l'art. ♦ '

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