‹ Manuel pour l'éducation des vers a soie et la culture du murier, méthode simple et facile de conduire ces insectesChapitre 19 sur 43 · PREMIER AGE · texte numérisé non relu

PREMIER AGE

« On a un emplacement convenable , des ateliers montés et de la bonne graine. La saison pour commencer Fiéducation arrive :

il faut la jnçttre à profit; sans cela elle fuit rapidemertf avec le temps qui l'entraîne, et bientôt il est trop tard.

On ne doit point oublier qjue pendant la période Ae l'éducation , il faut tenir la magoanière propre , et renouveler le plus souvent possible l'air intérieur j quelquefois ' même on doit^ désinfecter avec le procédé de Guyton-Morveau. Ainsi balayer tous les jours , rafraîchir Pair delà chambre par des arrosetaens /répandre quelquefois du vinatf

DE LA COUVEE.

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gre, changer la litière «lorsqu'elle est forte,* voilà ce qu'on doit savoir faire à propos , si on vçut réussir dans son opération.

Lors donc que Jes mûriers ont commencé à bourgeonner , et que le soleil du printemps a chassé sans retour les frimas , on'procède à la couvée de la graine. Si le climat était assez chaud, le meilleur moyen serait sans doute celui de l'incubation spontanée, c'està-dire de faire éclore la graine naturellement , en l'abandonnant à la chaleur atmosphérique; et quui qu'en disent plusieurs auteurs, je ne pense pas que l'eelosion serait imparfaite, par ce qu'elle n'aurait pas été provoquée . par une chaleur artificielle ; mais il est de fait que la latitude même de nos pays mé- • ridionaux n'étant pas assez élevée, et que les varialions de la température étant trèscommunes, un pareil moyen serait nuisible à la couvée, attendu que l'incubation d'une quantité donnée de graine se faisant lentement, les vers naîtraient par intervalles les uns après les autres. . «-

Sauvages, est de ceux qui veulent qu'on accélère par un f&rt degré de chaleur le terme de la couvée, lorsqu'on n'a pas à craindre le retour de la saison, et que l'on est sûr de sa feuille. Cette méthode peut réus sir , clic gi l'avantage d'être plus projnptc.

Ï02 DE Ï/À COUVEE.

• moins dispendieuse , et d'offrir aux vers une nourriture analogue à leur âge ; mais si Phivei* â été précoce et sans caractère , on doit craintfre l'es effets de Parrière-saison, et la pftidençe exige. que Ton suive la méthode ordrnàire. •

; ïsnàr*d et* Choraei prétendent que l'influencé de la lune est pour beaucoup dans une bofcne ou mauvaise couvée. Cette opinion sent trop l'astrologie pour être approuvée.

Rosier pose pour principe, qu'une graine que Pou vient de retirer d'un enflroit frais , ne doit point être subitement soumise à une forte température, et que huit à dix degrés suffisent , d'après lui , pour les deux premiers

► jours de l'incubation. * -

Cependant il convient que Ton peut porter la chaleur de Pétuve jusqu'à vingt-cinq degrés.. Le conite Dândolo et Bonnafous donneht à la graine, au commencement de la douvée, treize degrés de chaleur, et la portent graduellement jusqu'à vingtrdeux.Les couvées faites au moyen des nouets remplis de graines que l'on peut mettre sur lg. peau, se fontpour lè moiiKs par une température aussi forte.

De toutefc ces opinions, de toutes ces manières d'opérer, il résulte que la chaleur artificielle est nécessaire pour Péclosion de la graine dê vers à soie que l'on veflt élever 7

DIT LA COUVEE. • . I o3

et qu'il vaut mieux un peu plus de chaleur qn'un peu moins, pourvu qu'on la sache répandre graduellement et d'une manière insensible; mais pour l'avantage de l'éducation, il faut tâcher que Péclosion s'opère tout-àla-fois ou du moins dans un intervalle de temps le plus court possible. Voyons comment on cherche à y parvenir : d'abord la méthode employée par les femipes, celle de mettre de la graine dans de petits sachets, et de les attacher autour de leur corps , ne vaut rien : il faut trop souvent remuer la graine, trop souvent la. regarder, et indépendamment de ces iuconvéniens , la graine pressée , se colle entre elles l'air lui manque, la chaleur ne la frappe pas également , de sorte que les vers naissent les uns après les autres. On fait aussi couver la graine, entre deux coussins préalablement chauffés au feu du soleil ; cette méthode est encore sujette au même inconvénient. Pour faire couver comme il faut une quantité donnée de graine , il faut s'assurer le moyen de gouverner à son gré, la température dans laquelle on veut opérer, et pour cela* on choisit ipie petite chambre qui ait une fenêtre exposée au levant, gàrnie de volets, pour empêcher la, chaleur extérieure de pénétrer si elle était plus forte que celle de la chambré. On é de pc^

io4 DE LA couvre. •

tites boîtes de bois* très-minces , doublées de papier, dans lesquelles on dépose la graine . par couche légère; on les place sur des tables, ou suf des chaises; alors on échauffe graduellement la chambre jusqu'à l'époque de la naissance du ver. 11 se trouve des graines plus tardives les unes que les autres, on prétend que ce sont celles qui ont resté trop long-temps dans un endroit frais. 11 est de fait que l'intervalle qui s'écoule entre la mise en couvée et l'eclosion, n'est pas toujours égal. Tantôt les vers éclosent aiu bout de cinq à six jours, tantôt au bout de huit à neuf; enfin le plus communément , c'est entre dix et oçze jours que Péclosion s'effectue.

De la manière que je viens d'indiquer, les vers éclosent en grande partie tous à la fois, et l'on en est quitte pour abandonner les premiers et les derniers naissans qui sont en petits nombres. ,

Cependant on a inventé , il y a quelques années , un appareil nommé* four hydraulique , beaucoup plus commode que tous les moyens emplçyés jusqu'à ce jour , et au moyen duquel les éclosions §e. font plus régulièrement. C'est une boîte de fer-blanc, dont Ja grandeur est proportionnée à la quantité de graine que l'on veut faire couver. On la chaullc au degré que l'on Veut par le moyen

DE LA COUVEE., * IOJ

<Tun bain-raarie j dont la chaleur est entre* tenue par la lumière d'une lampe, et dans lequel se trouvent différentes cases, les unes a cote des autres, que l'on recouvre d'une couche mince de graine. On place dans cet appareil un thermomètre, pour pouvoir juger du degré de chaleur, et des tubes de verre ouverts à l'extrémité , servent de point de communication avec l'air extérieur.

Voici la manière dont MM. le comte Dandolo et Bonnafous prescrivent de faire la couvée. Dans une chambre bien éclairée et bien saine , on place les boîtes garnies d'un papier blanc , dans lesquelles on a. étendu la graine par couches très- minces; les deux premiers ^ours on donne à la chambre couveuse quatorze degrés, Réaumur, de chaleur, le .troisième quinze, le quatrième seize, le cinquième dix-sept, le sixième dix-huit , le septième dix-neuf , le huitième vingt , le neuvième Vingt-un , le dixième vingt-deux:

au bout de ce temps ils éclosent ordinairement';- lorsque la chaleur de la chambre est portée au dix-neuvième degfre , on y place deux vases remplis d'eau, dont l'évapora- t tjon lente tempère la sécheresse de l'air environnant. À l'exemple de Rosier et de Sauvages , iis recommandent de remuer les œufs deux fois par , jour avec une cuiller. Je pense

IOÔ DE LA COUVEE.

que cela est inutile lorsqu'on a la faculté de ne point mettre les œufs les mis Sur les autres 7 et que les couches des boîtes sont minces. Dans tous les cas, comme on ne peut savoir le jour fixe de Péclosion des œufs, on se guide par leur changement de couleur; dès que l'on voit qu'ils perdent leur couleur grise cendrée , et prennent une teinte blanchâtre , 'c'est une marque qu'ils sont près d'éclore. Alors on les recouvre avec une feuille de papier criblée de trous, sur laquelle, on met des feuilles tendres de mûrier ou de petits rameaux de cet arbre } les vers éclos ne tardent pas à passer par les petits trous pour venir trouver La feuille. Ordinairement les premiers sont en petit nombre , et bien des personnes les rejettent, mais bientôt ils arrivent en quantité > et alors il faut opérer les levées. J'approuve la méthode de la Maison rustique rapportée par Rosier sur cette partie de l'éducation des vers à soie; il faut, disent ses auteurs, faire les levées deux fois toutes les vingt-quatre heures , jet les meÊre chacune séparément. Les Jjoîtes ou les tamis sur lesquels on les a entreposés, se trouvant numérotés selon Pâgfe des vers, à la fin de l'éclosion, on est à même de lès distribuer dans les magnanières sur , des clayons particuliers : de cette manière,

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