DE LA CULTURE
moins paisible; d'ailleurs l'arbre s'épuise par cés dépouilleinens- successifs , et finit 'par périr avant le temps. Quelques agriculteurs conseillent de n'effeuiller l'arbre qu'à moitié, c'est la méthodfe de M. Audibert , rapportée par M. Loiseleur-Delongchamps.
^Rosier condamne cette méthode , mais les raisons qu'il donnene sont point suffisantes, et l'expérience de M. Audibert, doit prévaloir contre le préjugé 5 il faut donc effeuiller les mûriers par .moitié, ou leur laisser une année de repos : ils s'en trouvent beaucoup mieux , et sont plus en état de donner de la bonne feuille.
\jC mûrier croît partout ; mais il a , comme Toutes les plantes , un terrain qui lui est propre et un pays. originaire où il se plaît ; il fautj'potir le voir croître avec avantage*, le rapprocher le plus possible de ses habitudes végétales ; je veux dire : le faire vivre dàns des. lieux, semblables à ceux où il croît naturcllement. On doit se rappeler que dans les Tndcs on seme le mûrier en plein champ, et qu'on en coupe les jeunes rameaux à la f aux.
Les Indes sont sous une température un peu élevée , et sa terre végétale , légère, douce et féconde , a presque' partout huit à dix 0 pieds de profondeur. On doit, alors juger , par analogie, quels sont les climats et le 1er-
bv MURIER. 5f
rain qui peuvent convenir au- mûrier. La manie de planter dés mûriers que Rosier appelle la mûriomanie, avait porte la plupart des cultivateurs du dernier siècle à en plafcer partout. Le nord , le centre de la France ont fait , pendant long-temps , des dépenses inutiles pour soutenir ce genre de culture ; hk nature a été' plus forte que {'industrie , et les mûriers n'ont pas réussi îà on le climat et le ter-, rain se sotit montrés trop étrangers à leur manière d'être. On me répondra que les mûriers croissent dans les.climats froids de l'Europe, je le sais puisque je l'ai déjà dit; mais l'amatfdicr et l'abricotier y croissent aussi. Il faudrait voir de 'quelle nature sont les fruits qu'ils produisent, pour juger de quelle importance sont pour l'agriculture ces plantations contre nature, ou plutôt on peut décider de cette importance en comparant les palmiers , les ananass, etc. , etc. , que nous cultivons à grands frais , avec ceux qui croissent dans Jes pays qui leur* sont propres.
Non-seulement les mûriers se plaisent dans un climat chaud, tempéré par des vents fréquens et par des pluies accidentelles; mais ils y croissent rapidement et s'y développent d'une manière étonnante. Toutefois il faut encore , pour que le mûrier vienne Lien , que lé terrain et la pbsilioir soient favorables ;