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i un terrain gras, argileux ^ marneux , humide, marécageux, ne lui convient pas. Les racines ne peuvent se développer facilement dans une terreimprégnée d'eau, et, malgré cela, compacte et dure; et cette observation est à peu près applicable à la plupart des végétaux. D'un autre côte', sur un sol humide, la sève est moins abondante, moins nutritive, moins chargée de principes actifs et solides ; cette faiblesse dans !e suc nourricier se communique à toute la végétatiqn de l'individu : de là ce dépérissement rapide, cetjte atonie générale qui engendre les maladies et la décrépitude, cette rareté de produit dans les fruits et dans les feuilles, et enfin celte afcscnce de saveur , d'arôme et de coloris que l'on remarque dans ces deux parties des végétaux. Il faut au mûrier un terrain léger, chargé de débris calcaires, ni trop
• sec, ni trop humide. On a bien dit en soutenant que celui qui convient à la vigne, à l'olivier et. au grenadier, lui est le plus favorable; cependant on aurait tort de croire que cet arbre ne peut bien venir ni produite de bonnes feuilles que placé sur des coteaux ou sur des pentes douces; les plaines de la basse Provence et du bas Languedoc .nourrissent des mûriers de première qualité, je veux dire supérieurs, soit par la bonté de la
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feuille, soit par le port et la vigueur de l'arbre; il y a même dans ces pays beaucoup de coteaux et de collines douces où les mûriers ne viennent pas bien et se rabougrissent facilement , ce sont celles exoosées au nord, et dont le terrain est aride et sec. D'ailleurs, dans ce pays comme ailleurs, le cultivateur juge savamment et par expérience des posU tions particulières et s'expose rarement à planter un arbre sur un terrain dont il n'est pas {sûr.
De tous les terrains qui conviennent le moins aux mûriers , ce sont ceux que l'on appelle marécageux et aquatiques : d'abord ar les raisons que nous, avons énoncées plus aut, ensuite parce que les feuilles, ttfutes tardives qu'elles soient à se développer, sont sujettes à être maculées et étiolées par les brouillards et les gelées blanches; et alors elles n'ont aucune vertu alimentaire ; elles sont même pernicieuses aux vers à soie. Maintenant que la manie de planter des mûriers est passée, on n'en plante, plus sur de pareils terrains , et ceux que l'on y avait fait croître dans les derniers temps ont déjà reçu le coup de cognée. .
Il faut espacer les mûriers que l'on plante à demeure selon la qualité dir terrain ; on donne six toises pour le terrain de première
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classe, quatre pour le second , trois, et même deux pour les autres ou pour tous ceux que l'on veut n'employer qu'à cet usage. 11 eu est du mûrifcr comme dé l'olivjer et de tous les arbres qui ont de fortes racines : -partout où ils croissent, la végétation, à la surface du sol, n'est point, vigoureuse, et dans l'espace que remplit leur feuillage, elle est presque nulle; voilà- pourquoi on est. dans l'habitude de les placer sur le bord des chemins et des pièces de terre, afin de rendre leur voisinage moins pernicieux.
On taille rarement les mûriers, mais on le» taille .pour régulariser leur forme , pour élaguer les pousses de peu de vigueur et les brandies mortes ou cariées. Lorsqu'on a l'intention de faire un taillagc général , on doit avoir le soin d'attendre 'que l'action' de la seye soit engourdie, comme on le fait pour les autres arbres, et on n'effeuille pasdansTannce qui procède cette opération-. Quoique les mûriers poussent de nombreuses tiges, les rajncaux d'unàrbre fait restent toujours courts et ramassés , ils n'ont pas besoin par celte raison , d'être taillés si souvent. Toutefois un mûrier placé sur un terrain favorable et .sojgnc par. une «main adroite , est un bel arbre d'une forme à peu près i oùde , un peu aplatie sur le sommet, et dont l'aspect a.
quelque chose (Taxable et de majestueux ; surtout au développement de sîm feuillage.
Afin de moins fatiguer les mûriers dansia cueillette, plusieurs auteurs recommandent de couper leurs feuilles avec des ciseaux et de les. faire tomber sur des drapç. Quelque longue , quelque dispendieuse , quelque peu pratiquable que soit cette méthode, à l'époque de la grande frèze , surtout lorsqu'on a peu d'ouvriers à sa disposition , on ne doit point la rejeter parce qu'elle offre deux avantages essentiels, celui de conserver l'arbre et celui de n'avoir ni feuilles flétries, ni feuilles échauffées, ce qui arrive souvent lorsqu'elles sont entassées long-temps dans des sacs,
Telles sont à peu près lès principales notions ou plutôt celles qui sont nécessaires pour cultiver le mûrier avec avantage ; on peut voir, pour de plus amples détails , Sauvages, Rosier, Duhamel, Borfnafous et plusièui's antres écrivains qui ont traité cette partie en connaisseurs habiles. ' *
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