FEUILLE DE MURIER
La feiriljo du mûrier fait l'upique nourriture des vers à soie. Sa partie parenchymâteuseyla seule alimentaire, contient une matière tenace et collante, que les organes sécréteurs des bambycteS modifient et élaborent. Etle est dégorgée par leurs glandes sàlivaireâ, à la fin du cinquième âge , sous la forme d'un fil brillant, uni et solide, avec leqùe^rinsectp fermé .«on cocon; La feuille du mûrier doit donc être considérée comme le principe immédiat de la soip , jpuïsqu'indépendamment qu'elle nourrir le ver, elle porte en «lle-onême la matière soyeuse. Une.
fois convaincu de cette vérité , le cultivateur du celui qui s'occupe de l'éducation du ver à soiç, ne doit avoir rien de plus empressé
que.de cultiver des arbre* qui produisent de
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bonnes feuilles. Une bonne feuille, d'après ies
écrivains agronomes, est celle qui n'est ni
rongée par les vers, ni tachée par les brouil- ' ,
lards, et qui, abonde en principe nutritif et
soyeux ; afin que la feuille du mûrier réu-,
nissc ces deux qualités, il faut que la culture
du mûrier réunisse toutes les conditions
que nous avons indiquées , pour être bonne
et avantageuse, v
Mais quelle est la variété dans l'espèce de mûrier blanc que Ton doit préférer?
quelle est celle qui donne la meilleure feuille? Ici il n'y a rien de certain, quoiqu'il y ait bien des choses écrites. Chaque pays a ses mûriers préférés. En Provence, c'est, une variété j dans les Cévennes , c'en est une • autre j en Espagne et en Italie, on n'y regarde pas de si près. Toutefois on doit considérer le mûrier sauvageon çoinmc celui qui produit la meilleure feuille; et quand les expériences du comte Dandolo, faites avec la plus scrupuleuse exactitude, ne nous i en fourniraient pas la preuve, la nature nous en devrait persuader. Mais des expériences .
du comte il résulte : r° qu'avec quatorze livres et demie de feuilles de mûrier sauvage on
obtient une livre et demie de cocons , tandis • ' qu'il faut vingt livres trois quarts de feuilles de mûrier greffé pour obtenir la mémfc quan-
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tite; a° quç sépt livres et demie' de coeôns provenant des vers alimentés par les feuilles de mûrier sauvage*, donnent près de quatorze onces de soie, et qùe la même quantité de cbcons produits par des vers nourris des feuilles de mûriergreffë , çn uend seulement de onze â doyze onces. Il f^ut ajouter que la soie provenue des feuillet de mûriers Sauvageons est touj ours -plus belle et supérieure en qualité. Si' les feuilles de mûrier&sauvageons sont celles qui produisent plus de soie, et si elles sont' plus avantageuses aux vers qui s'en nourrissent il serait. important d'indiquer cdftes que Ton -doit préférer parmi leurs nombreuses variétés ; mais on ne peut sur ce point établir de règle fixe /à moins de prendre 'pour cela Tppinion des cultivateurs d'un* pays; "et, dans ce cas, on se verrait bientôt démenti paçceux des autres contrées.
Au reste, siyr cette question , on doit laisser décider fcedx qui font des éducations annuelles, et qui ont pour eux l'expérience et le climat.
Ainsi disons que ceux^ qui en Provence préfèrent les mûriers à fétiilles rose y et ceux qui % dans le Vivrais et dans les Cévennes, croient la colombassette et la pomme supérieurs à tous lés autres , ont raison , d'abord parcé ^u'irs en ont la preuve , en-
suite parce que. tous ces mûriers ne sont qu'une seule et même espèce, modifiée -par Je temps,, par les dcplacemens continuels 4c la graine et par ceux des serais et dçs . ^ jeunes sujets. Contentons-nous donc d'indiquer comment doit être la-feuille de mûrier que l'on donne au vers à soie dans les différentes époques de l'éducation. Lorsque l'on a des mûriers sur qn- terrain favorable, oh doit compter avoir de la bonne feuille, si la saison n'a point été trop pluvieuse , si les brouillards ou la gelée ne l'ont point attaquée, et si elîe est saine er d'un beau vert. On peut, un peu avant- son entier développement, procéder à l'éclosion de Ja graine des vers à soie, et leur donner, à la sortie de l'œuf, des feuilles tendres et à peine épanouies. Quelques auteurs conseillent de hacher celle feuille; si elle est nouvellement développée, c'est inutile; si au contraire elle est un peu vieille*, on doit le faire, non par la raison que l'on donne qwe le ver cherche .toujours les bords, mais parce qu'on lui offre plus de moyens de ronger le parenchyme. ! • ; •
On rapporte qu'en Chine on fait sécher de jeunes bourgeons de mûrier , qu'on conserve, pour donner au ver de l'année suivante; mais ou a observé en Europe, et sur-