DURUM
En Allemagne :
Boio-durum, Innsttdt près Passau (Ptol. II, 12, 4).
Divo-durum, Metz (Tac. Hist. I, 63).
Marco-darum, Dtiren, Prusse Rhénane (Tac. Hist. IV, 28).
Sorvio-durum, en Rhétie (Table Peut.)
En Suisse :
Eèo-durum, var. Ebrudurum, Yvorne, Vaud (Ptol. II. 12, 3).
Oeto-durum, près de Martigny, Valais (César, J1I, 1).
Salo-durum(m*. Gano-durum), Soleure (Ptol. II, 9, 10).
Vitu-durum, Winterthûr (Itin. Ant. a5i, 5).
On trouve daro-eipployé aussi comme premier terme de nom de lieu :
En France :
Duro-cortorum, Reims (Ces. VI, 44, 1).
Duro~ca({a\ellaunum y Châlons-sur-Maroe(//m. Ant. 36i,
Grande-Bretagne :
o-brivae, Castor, comté de Northampton (Itin. Ant.
7 brivae, Rochester, Kent (Itin. Ant. 472, 3).
o-cobrivae, villede Grande-Bretagne (Itin. A/1/.471 ,2).
o-cor/ioyi(im,Cirencesier,Gloucester(7/m.i4ii<.585,5).
o-levum, Davington, Kent (Table Peut.).
o-vernum, Canterbury, Kent (Itin. Ant. 472, S)/
o-vigutum, (Geogr. Rav. V, 3i).
j-litum, (Itin. Ant. 48o, 7).
Bulgarie :
j-storum, gilistrie (PtoL III, 10, 5).
époque romaine on a créé :
usto-durum, Bayeux, France (Table de Peuiirtftr).
l'empire celtique 335
Mediolanum
Medio-lanum ouMedio-lanium, Milan a été fondé par les Gaulois (i) Nous ne pouvons donc guère douter que ce mot appartienne à une langue celtique, bien qu'il soit difficile à expliquer (2). C'est un nom de lieu extrêmement répandu tant en France que hors de France.
Chez les auteurs de l'Antiquité, on trouve neuf Mediolanum ou Mediolanium.
En Gaule transalpine :
Mediolanum ou MsouAaviov, Saintes (Strabon, IV. 2, 1).
Mediolanum, Château meillant (Cher), [Table Peut.).
Mediolanum, ou MsoioXavtov, Evreux(Ptol. II, 8, 9).
Mediolanum, Le Miolan, Pontcharra (Rhône), ( Table Peut.) .
Mediolanumchez les Treveri (Fortunat, m, 9).
En Gaule Cisalpine :
Mediolanum, Mediolan mm, Milan (Polybe, 11, 34).
En Germanie :
Mediolanium, Metelen, Westphalie (Ptol. II, n, i3J.
Mediolanium, Wolkersdorf, Autriche (Ptol. II, 11, i5).
En Grande-Bretagne :
Mediolanium, Clawddcoch, Shropshire (Ptol. IT, 3, 11).
Mais si Ton ajoute ,aux cinq Mediolanum de la Gaule transalpine tous les noms de lieux de France dont la forme moderne peut s'expliquer par Mediolanum ou Medio-lanium on arrive au chiffre de trente-sept exemples de ce nom pour la France (3).
(1) Tite Live, v, 34, 8.
(2) Voir ci-dessus, p. 71,91.
(3) Cf. Longnon, Mediolanium (Revue celtique, t. vin, p. 376-378).
38(î -àcus
-acus
On pourrait encore songer à déterminer les établissements des Celtes au moyen des noms en -acus. Ces noms sont en France au nombre de plusieurs milliers (i) ; on en trouve dans l'Italie du Nord plus de quatre cents (a) ; ils sont plus rares en Espagne, en Grande-Bretagne, et dans l'Europe centrale. Mais, comme nous l'avons déjà dit (3), ces noms ne sont généralement pas antérieurs à l'empire, et la plupart sont formés avec des gentilices romains. 'Ils n offrent donc que des traces très effacées de l'occupation celtique ; ce sont, pour la plupart, des formations nouvelles sur des modèles anciens. Parmi ceux dont le premier terme semble celtique, on peut. citer : Ambactiacus, Argentaçns, Beliniacus, Benacus> Brennacus, BritinniacuSy Cambiacus, Garantiacus, Eburacus, Epiacus, EpponiacuSy Gabriacus, lciacus, Mogontiacus, Nemetacus, NerciacuSy Noviacus, Sedegenacus, Trociacus, Vassiacus, Verniacus, Vindiacus.
D'après les noms de lieux dont nous avons étudié la répartition sur le sol, les établissements celtiques s'étendent sur un domaine considérable :
(i) Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Recherches sur Vorigine de la propriété foncière et des noms de lieux en France, p. ia5-343 ; 453- 46a ; 667-499.
(a) H. d'Arbois de Jubainville, Les Gaulois et les populations qui les ont précédés dans V Italie du nord. Revue celtique, t. xi, p. 153-172.
(3) ci-dessus, p. 95.