‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 108 sur 129 · CELTES ET GERMAINS · texte numérisé non relu

CELTES ET GERMAINS

pine(i), en Espagne, dans la Grande-Bretagne et dans l' Asie-Mineure, pays pour lesquels les textes historiques nous instruisent suffisamment, mais encore en Norique, en Pannonie et en Germanie, pays dont l'ancienne histoire nous est assez mal connue. Enfin les renseignements recueillis sur 1ère d extension des civilisations de Hallslatt et de la Tène ne sont pas contradictoires aux données de l'onomastique. Nous sommes donc amenés à rechercher le lieu d'origine des anciens Celtes dans la Gaule et l'Europe centrale, à proximité des Germains.

Les rapports étroits qui unissaient les Celles à leurs voisins les Germains ont été remarqués par les anciens. Slrabon, après avoir dit que, pour la figure, les mœurs et la manière de vivre, les Germains se rapprochent des Celtes, tandis qu'ils en diffèrent un peu par leur nature qui est plus sauvage, leur taille plus grande et leur chevelure plus blonde, ajoute que c'est pour exprimer cette parenté que les Romains leur ont donné le nom de Germani, qui signifie frères en latin (2). Sans donner à cette étymologie populaire plus d'importance qu'elle n'en mérite, il convient de remarquer qu'elle répond bien à l'idée que se faisaient les Grecs et les Romains des relations intimes des • Celtes et des Germains. Beaucoup de particularités de mœurs et d'usages ou bien sont communes aux deux peuples, ou ont été attribuées tantôt à l'un, tantôt à l'autre. Mercure est d après Tacite le dieu qu'honoraient le plus

(1) Cf. H. d'Arbois de Jubaiuville, Les Gaulois et les populations qui les ont précédés dans l'Italie du Xord, Revue celtique, t. xi, p. 152-172.

(2) Géographie, iv, 4, 2 ; vu, 1, 2. Cf. Eustathe, Commentaire de Denys le Périégète, v. 2 85.

l'empire celtique 343

les Germains, et le lieu consacré au culte est une portion de bois (i). Les Semnons, peuple suève, faisaient des sacrifices humains (2). Les Germains se prétendaient issus d'un dieu (3). Les cadavres des nobles Germains étaient brûlés sur des bûchers formés de certaines espèces de bois (4). Philon rapporte que les Germains osent prendre les armes contre les éléments et vont au devant de la mer comme à la rencontre d'une bande d'ennemis (5). Enfin, comme nous l'avons déjà remarqué p. ia, les noms ReXto* et TaXàrai désignent tantôt les Germains, tantôt les Gaulois.

Même, quelques noms de peuplades données comme germaniques sont celtiques, ou du moins s'expliquent facilement par les langues celtiques. Tels sont les Nemetes, cf. nemeton « endroit consacré » ; les Triboci, cf. le nom car nu te Touto-bocios et les noms bien connus Tri-casses, Tri-novantes ; les Marco-manni, cf. Marco-magus, Marcodurum, Ceno-manni.

Ces rapports sont d'autant plus curieux que les anciens ont plus d'une fois signalé les différences qui séparaient la langue des Gaulois de celle des Germains. Le gaulois était pour Arioviste une langue étrangère qu'il avait apprise à la suite des rapports continuels qu'il . avait avec les Gaulois (6). Tacite distingue à l'aide de la langue certaines peuplades celtiques établies en Germanie (7). Les prison-

(1) Germanie, 9. Cf. ci-dessus, p. aa3, a4g.

(2) Ibid.) 39. Cf. 9 et ci-dessus, p. a55.

(3) fbid.y 3. Cf. ci-dessus, p. aa5.

(4) lbià\ t 27. CL ci-dessui, p. i44.

(5) Des songes, p. na4. Cf. ci-dessus, p. 11C,

(6) De bello gallico, 1, 47.

(7) Germanie, 43.

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