‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 109 sur 129 · ORIGINE DES CELTES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES CELTES

niers gaulois que Caligula veut faire passer pour Germains doivent apprendre la langue germanique (i).

Quoiqu'il en soit, si l'on ne peut douter que les rapports entre Celtes et Germains aient été singulièrement étroits, les seules preuves linguistiques que nous possédons ne peuvent suffire à démontrer que les Celtes et les Germains aient constitué un même tout politique et, à plus forte raison, que les Germains aient été sous la domination celtique.

L'opinion commune, tant des anciens que des modernes, place rétablissement primitif des Celtes en Gaule. La plus ancienne population de la Gaule que la science puisse atteindre serait la population celtique. C'est de Gaule que les hordes celtiques qui envahirent l'Espagne, l'Italie, la péninsule Balkanique, l'Asie-Mineure et la Grande-Bretagne seraient parties.

A cette opinion des objections d'ordre linguistique ont été faites. Si les Celtes étaient les plus anciens habitants de la Gaule, il est vraisemblable que leur langue aurait laissé dans notre nomenclature géographique pins de traces que nous n'en constatons, et surtout que les dénominations celtiques s'appliqueraient aussi bien aux montagnes et aux cours d'eaux qu'aux noms de lieux habités. Or si les noms de lieux habités qui' peuvent s'interpréter par le celtique sont assez nombreux en Gaule, les noms appartenant à l'orographie ou à l'hydrographie, à Fexcep-

(i) Suétone. Caligula, k'j.

L EMPIRE CELTIQUE 345-

tion de Cebennon, Gévennes, de Vernoidubrum « rivière des Aulnes », en français Verdouble, peut-être de Renus, Rhin, semblent étrangers aux langues celtiques. Tels sont : Rhodanus et Rhotanus, Seqûana; Isara, Oscara, Avara, Savara, Jura, Sara, Autura, Thara, Lesura, Druentia,. Cantia, Asmantia, Vimina, Sumiha, Garumna, Irumna, Olomna, Vultumna, Oltis ; Aliso ; Visnonia f Dornonia, Matrona. D'après M. H. d'Arbois de Jubainville (i), ces noms seraient ligures. Les Celtes n'auraient donc dénommé en Gaule que les forteresses qu'ils avaient fondées, et les noms proprement géographiques seraient dûs aux populations qui les ont précédés sur le sol de notre pays. Ces populations constitueraient pour une bonne partie \&plebs réduite presque à l'état d'esclavage que dominait l'aristocratie celtique des druides et des équités. Cette aristocratie celtique, peu nombreuse, mais fortement organisée et bien armée serait arrivée en Gaule à une époque historique et il faudrait chercher au-delà du Rhin le lieud'origine des anciens Celtes.

La linguistique nous amène à placer le domaine primitif des Celtes auprès des Germains. D'autre part, si l'on* fait partir les Celtes de FEurope centrale, on s'explique mieux et la présence dans l'Europe centrale de nombreux noms de lieux témoignant d'établissement à demeure des. Celtes, et leurs invasions au sud-est de l'Europe, difficiles à concevoir s'ils avaient eu à traverser les forêts de la Germanie. L'émigration d'un peuple vers des pays plus fertilesest assez naturelle ; le départ des Celtes d'un pays fertile comme la Gaule pour un pays moins fertile comme la

(i) Les premiers habitants de V Europe, a«éd., t. n, p. 124-195;.

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