‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 110 sur 129 · ORIGINE DES CELTES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES CELTES

Germanie serait fort invraisemblable. Enfla, les écrivains anciens eux-mêmes, bien qu'ils aient traduit le plus souvent le mot K^tixov, qui désigne le peuple ou le pays des Celtes en général, par Gallia(i), qui dénomme à l'époque romaine la Gaule occupée par les Celtes lors de la conquête romaine, n'ont-ils pas, peut-être à leur insu, laissé subsister dans leur texte quelques traces de l'ancienne géographie politique de l'Europe ? Je ne crois guère que l'on puisse fonder une thèse scientifique sur la description naïve d'Ephore qui place aux quatre extrémités de la terre les Celtes, les Indiens, les Ethiopiens et les Scythes. Faut-il attacher plus d'importance au texte de Denys d'Halicarnasse qui nous dit que la Celtique est un grand pays qui occupe presque le quart de lEurope, qu'elle est bornée par les Pyrénées, 1 Océan, les Scythes, les Thraces et le Danube. Ce texte est, en tout cas, le développement de celui d'Ephore, et le fait que Denys ajoute que la Celtique est partagée en deux par le Rhin prouve qu'il confondait les Celtes et les Germains. Mais on doit remarquer que Tite Live, dans son récit de l'invasion celtique en Italie, emploie pour désigner le pays des Galli le mot Celticum : ii regem Celtico (a) dabant (mot que l'on ne retrouve nulle part ailleurs employé comme substtfn* tift et qui n'est sans doute que la transcription du grec Kc^tuov), et qu'il fait passer les Celtes, de leur pays ett Italie, parYAlpis Jnlia Si les Celtes étaient établis dans l'Allemagne du sud, YAlpis Jalia était le chemin le plu«

(i) Voir ci-dessus, p. 3o6.

U) Cf. xo f l£XA/)vi>co-'« les Grecs », to 2*u(hxov « les Scythes », t« FUpatxov « les Perses ».

l'empire celtique 347

direct. Or, dans le bassin du haut Danube, on trouve ne seulement des noms celtiques de villes comme Segodunu Wùrzburg, Devona Bamberg, Locoritum Lohr, mais aus des noms celtiques de rivières : Dubra Tauber, afflue du Main ; Labara Laber, nom de quatre affluents du D nube (cf. le gallois llafar résonnant) ; Luira d'où Laut nom d'affluents du Danube et du Rhin ; et un nom ce tique de montagne : Arcunia, nom de l'Erzgebirge (i De plus, les auteurs anciens qui nous parlent des invasioi celtiques en Italie nous disent que les Celtes traversera les Alpes sans que nous puissions déterminer s'il s'agit d Alpes occidentales, centrales ou orientales ; il nous est doi permis de préciser à notre guise les notions vagues qu'i nous ont données.

Les plus anciens écrivains, du VI e au IV e siècle, a r marqué M. Jullian (a), semblent placer les Celtes sur 1 cotes de la mer du Nord, dans les plaines basses et souve envahies par la mer du nord-ouest de la Germanie. Dai le périple traduit par Aviénus, les Celtes sont les peupl que Ton trouve en quittant les lies Britanniques et en 1 lant vers le Nord. Leur pays était inondé par l'Océan, noi apprennent Timagène, rapportant une tradition druidiqu Aristote et Ephore. Les anciens allaient chercher Tamb sur les côtes méridionales de la mer du Nord dans un pa d'abord occupé par les Ligures, puis par les Celtes (c Diodore place les Galates, qu'il distingue à tort des Celte

(1) H. d'Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de VE rope, a* éd., t. n, p. 278-282. Voir ci-dessus, p. 57, 89, 90 92, 93.

(2) L'Anthropologie* t. xiv, (1903), p. a5i.

(3) H. d'Arbois de Jubainville, Le* premiers habitants de VE rope, 2 e éd., t 1, p. 342-343.

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