NOMS COMMUNS
l'exposé est emprunté au Glossaire gaulois de Roget de L A son exemple , je traiterai successivement : ots celtiques chez les écrivains de l'Antiquité : sont donnés expressément comme celtiques, ceux t vraisemblablement donnés comme celtiques, ne sont pas donnés comme celtiques, mais que >ns des raisons de croire tels ; a des inscriptions iloises ; 3° des noms propres celtiques. J'ajouterai te étude sur les mots du vieux celtique continenon n'a pu relever nulle part, mais dont l'existence ée par l'accord des langues celtiques modernes et les romanes.
[•s Celtiques chez les écrivains de l'Antiquité.
Mots donnés expressément comme celtiques.
les mots donnés expressément comme celtiques écrivains de l'Antiquité, voici ceux qui coTresà des mots conservés par les langues celtiques :
[Poseidônios, chez Alhénée,lV, 36, p. i5a c ), xoupuu ide, II, no). C'est l'irlandais coirm, en gallois )ière ».
(Poseidônios, chez Athénée, VI, /19, p. a46 cd ) ;
gallice » cantor (Paul Diacre, extrait de Festus) en s bard y en gallois bardd « poète ». Cf. le nom Vardo-magos.
% ,tus « servus » (Ennius : César, IV 7 ,' i5, 2; Paul extrait de Festus, 4) ; en gallois amaeth.
nom d'une voiture gauloise (Quintilien, I, 5, 57);
LA LANGUE 55
ea irlandais, dé-riad gldse bigae ; riad 'signifie : «course, transport » ; mais en gallois rhwyd signifie : « aisé, libre ».
reno « vestis depellibus » (Salluste, Hisl., III, fragm. io4 - t Varron, De ling. lat., V, 35). Il y a en irlandais un mot rôin, gallois rhawn, qui signifie : « longs poils rudes », « crinière de cheval », et qui suppose un vieux celtique : râni-, râno-.
arepennis, mesure de surface (Columelle, De re rusl., V, i,6), semble identique à l'irlandais airchinn = arepenni-. C'est le français arpent.
Soovov « T07rov !;s£ovTa » (Glitophon, chez le Pseudo-Plutarque, Des fleuves, VI, 4). G est l'irlandais dûn « forteresse », gallois din.
Sputèou (Pseudo-Aristote, p. 1479 a )« spouicai (Diodore, V, 3i, 4) ; druides (César, De belL gall., VI, i4, 1), druidae (Cicéron, De D/u., I, 4i, 90). drasidae, dryaridae (Timagène, chez Ammien Marcellin,XV, 9, 4 ; 8); en irlandais drui, pluriel druid ; en gallois dryiv.
sasia (ms. asid) « seigle » chez les Taurini (Pline, Nat. hist., XVIII, 4o, i4i) correspond au gallois haidd, bret. heiz « orge». Ce serait un mot gaulois emprun'é par les Ligures.
bracea farine de choix » (Pline, Nat. hist., XVIII, 11, 62); en irlandais braich « malt », gallois brag ; c'est le vieux français brais « orge broyée pour préparer la bière » 4
marga « marne » (Pline, Nat. hist., XVII, 4, 4a) n'est conservé que dans le breton marg ; le français marne semble venir du diminutif margula.
benna « genus vehiculi » (Paul Diacre, extrait de Festus, 3a) ; en gallois benn « chariot »; fr. banne.
5fi NOMS COMMUNS
bulga « sac de cuir » (Paul Diacre, extrait de Festus, 35, i); en irlandais bolg, gallois bol y « sac » ; c'est le vieux français bouge « sac ».
irEu.7r£SojXa (var. 7ro;a7rouoouX«, pompedulon) chez Dioscoride (IV, 4a) et Apulée (De herb. f 2) « quintefeuille ». C'est le breton pempdelyen, qui, d'ailleurs, ne remonte vraisemblablement pas au vieux-celtique, mais a été calqué sur le mot français. Le second terme du mot composé est mieux conservé dans l'irlandais dalle = *dullio.
<txoÇiy'v « sureau y> (Dioscoride, IV, 171) doit êlre identique au gallois ysgawen « auloe », moyen-brelon squauenn « sureau ».
ratis « fougère » (Marcellus, De medic, XXV, 37) ; en irlandais raith.
fjiapxa (acc. papxav), nom du cheval chez les Celtes (Pausanias, X, 19, 11) ; en gallois march.
gaesa (ycaaa) « javelots » (var. cesa, caesa), mot gaulois d'après Servius (Ad. Aen. VIII, 66a), adopté par les Romains, mais identique à l'irlandais gai, gde. Po'lybe, (fï, 22) rattachant sans douta ce mot au grec ya£x « trésor » traduit Taiffàxat par « mercenaires ».
xapvov « corne, trompette » chez les Galates (Hésychius), cf. xàpvoE « trompette » d^s Celtes (Eustathe ad Iliad. 2219), est sans doute le gallois et breton carn « corne, sabot de cheval».
chrotta (var. rotta) « harpe » des Bretons (Fortuuat, VII, 8, 64); en irlandais crot, en gallois crwlh ; mais le vieux français a rote.
LA LANGUE
lautro « balneo » (glossaire d'Endlicher(i), en irh loathar « bassin », lôthur « canal »; en breton / « auge ».
nanto « valle » (Endlicher) ; en gallois nanl.
cambiare « rem pro re dare » (Endlicher) ; en 1 kemma. Cambiare a passé par l'intermédiaire du dans les langues romanes, fr. changer.
avallo « poma » (Endlicher) ; en breton aval « poc irlandais aball; cf. le nom de lieu Aballo « Avallon
doro « ostio » (Endlicher); en breton et galloi « porte ».
[p]renne « arborem grandem » (Endlicher) ; en 1 et gallois prenn « bois », irlandais crann.
bessus « habitude » (Virgile le Grammairien, \l\ irlandais hés, breton boas « coutume »
D'autres mots, qui n'ont pas de correspondants dans les langues celtiques, peuvent néanmoins être prêtés en tout ou en partie à l'aide de ces langues :
vergobretus, magistrat suprême des Aedui (Ces bello gallico, I, 16, 5); mot composé de vergo-, v. guerg « efficace, qui accomplit » et de brelo^ irh breth « jugement ».
petorritam (Varron, chez Aulu-Gelie, XV, 3o, 6) gaulois à quatre roues; mot formé depetor-, en { pedwar, pedair, cf. le nom de ville de Grande-Bn
(i) Ainsi nommé du philologue qui découvrit dans un ma du IX e siècle conservé à la bibliothèque de la cour de Vien été publié avec toutes les variantes par H. Zimmer, Zeit&chr vergleichende Sprachforschung, t. xxxh, p. a3o-a4o.
LA LANGUE
Tptfjapxtffta, ensemble de trois cavaliers (P 19, 11); composé de tri-, irl. tri « trois», dérivé de marca, gall. march « cheval ».
vernetus, plante herbacée (Marcellus, De met est sans doute dérivé de *uern-, en irlandais lois gwern « aulne ».
badilis, nom gaulois du nénuphar (Marcellu XXXIII, 63) est sans doute parent de l'irlandc plonge ».
calliomarcus « pas d'àne, tussilage » (M medic, XVI, 101). Le second terme du mol « cheval », gallois march ; le premier terme l'irlandais caill « sentier » (Glossaire de Corn
visumarus « trèfle » (Marcellus, De medic. , le second terme est marus, irl. mdr « grand
Spouyyoç Se {auxt^p eïroov puy/oç xaXetTai en ( Êpiphane, i4rf haer., II, 1, i4). Ce mot est s parenté au gallois trwyn « nez » .
dusii : demones quos dusios Galli nuncupa gustin, De civ. Dei, XV, a3), peut s'expliqu* dais dais (Glossaire d'ODavoren) (1) « nobh minations honorifiques de ce genre pour les fées ne sont pas rares.
vernemetis quod quasi « fanum ingens » ( refert (Fortunat, Carm., I, 9) ; composé de vei
(1) Wh. Stokes, Three Irish Glossaries : Coi CDavorerfs Glossary and a Glossary t) the Cale the Culdee, with a préface and index. London, 186