‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 28 sur 129 · PORTRAIT MORAL · texte numérisé non relu

PORTRAIT MORAL

salle du palais des rois d'Ulster, on conservait les têtes des ennemis illustres qu'on avait, tués (i).

Dans la bataille, les Celtes avaient des accès de fureur sauvage (2) ; ils élargissaient leurs blessures pour qu'elles fussent plus apparentes (3) ; vaincus, ils tournaient leurs armes contre eux-mêmes (4). Le groupe de la villa Ludck visi représente un Gaulois se tuant, après avoir tué sa femme, pour échapper à l'esclavage.

Leur orgueil insensé les conduisait à lutter même contre les éléments. Us allaient en armes à la rencontre des vagues qui envahissaient leurs rivages (5) ; ils bravaient les incendies (6) ; ils se seraient crus ' déshonorés s'ils avaient évité la chute d'un mur ou d une maison (7). Cette vanité s'exprimait en fanfaronnades (8) et l'antiquité prêtait à des Gaulois plusieurs réponses fameuses (9).

C'était par cupidité, prétendent les anciens, qu'ils s'engageaient en de lointaines expéditions pour se livrer au pillage, et vendaient leurs corps et leur bravoure à qui voulait les acheter (10). Pourtant Appien rapporte qu'ils refusèrent l'argent que le sénat romain leur offrit s'ils consentaient à lui laisser les Fabius, coupables d'avoir violé

(1) Cours de littérature celtique, t. v, p. n, 347, 35a, 353.

(2) Denysd'Halicarnasse, xiv, 10, 17 ; Florus.n, 4 ; Pausanias, x, ai, 3.

(3) Tite Live, xxxvm, ai.

(4) Appien, iv, 11 ; Diodore, xxn, 9 ; Pausanias, x, a3, 8.

(5) Morale à Eudème, m, 1 ; Aristote, Morale à Nicomaque, in,

(6) Elien, Histoire variée, xu, a3.

(7) Nicolas de Damas, chez Stobée, Anthologie, xliv, 4i.

(8) Strabon, iv, 4, 5 ; Diodore, v, 39.

(9) Ptolémée Lagos, chez Strabon, vu, 3, 8; Arrien, Anabase, i, 4, 7 ; Tite Live, v, 36 ; 48 ; Plutarque, Camille, 17 ; 28.

(10) Polybe, 11, 22; Tite Live, xxi, ao ; Diodore v, 37 ; Justin, xxv, ».

le droit des gens (i). Les Scordisci n'introduis d'or dans leur pays (a).

L'intempérance des Celtes était célèbre (3). L' vin, disait-on, les avait attirés en Italie (4). daient le mélange d'eau et de vin comme un poi; Cicéron (5) et, à en croire Ammien Marcellin (6) de la basse classe tombaient à force de boire dans de folie.

Les Gaulois étaient fort hospitaliers. Ils ne fen mais la porte de leur maison, et le passant q partageait leur repas (7). Quand des étrangers vc chez les Celtibères, tout le monde voulait les rec regardait comme aimés des dieux ceux qui étaien pagnie d'étrangers. Faut-il dès lors attribuer auj coutume de mettre à mort les étrangers qu'Hérat Diodore, abolit dans la Celtique ? (8).

Quelles que soient les contradictions qu'il pr( portrait moral n'est en général pas flatteur pour 1 Les Celtes qui sont mentionnés individuellemen écrivains grecs et latins sont dépeints sous des t agréables. Cicéron était devenu l'ami du druic Diviciacus (9), et se porte garant de la douceur

(1) Histoire romaine, iv, 3.

(2) Athénée, vi, a5.

(3) PlatoD, Lois, I, p. 637 d. Appien, îv, 7.

(4) Pline, xii, a, 5.

(5) Pro JFonteio, d'après Ammien Marcellin, xv, ia.

(6) Histoire romaine, xv, ia ; cf. Diodore, v, 36.

(7) Nicolas de Damas, fr. io5 (Stobée, Anthologie, xuv dore, v, a8.

(8) Bibliothèque ', iv, 19. cf. v, a4.

(9) De Divinatione, 1, 4i.

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