‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 44 sur 129 · NAVIGATION · texte numérisé non relu

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minutieusement décrits par César (i). Ils ont la carène plus plate que les navires des Romains, les proues sont très hautes ; les poupes construites de façon à résister aux vagues et aux tempêtes ; les bancs sont faits de poutres d'un pied d'épaisseur et sont attachés par des clous en fer de la grosseur d'un pouce ; les ancras sont retenues par des chaînes de fer ; les voiles sont des peaux molles et bien apprêtées. Tout est combiné pour que ces navires puissent lutter contre des mers orageuses, mais l'agilité et la vitesse laissent à désirer.

Les peuples qui habitaient sur les rives du Rhône avaient un grand nombre de barques d'une seule pièce et de canots qui leur servaient au commerce maritime, et qu'Annibal utilisa pour franchir le fleuve (a). Quelquesunes de ces barques fabriquées à la hâte n'étaient que des troncs d'arbres creusés (3). On a découvert dans les travaux du canal de la Marne au Rhin une pirogue en chêne où Ton avait enseveli à 1 époque gauloise un guerrier armé d'une épée de fer dans son fourreau (4). Les barques des Bretons étaient en osier couvert de cuir, comme le currach des Irlandais modernes (5).

Des Cisalpins fabriquaient les voiles de leurs bateaux avec des joncs des marais du Pô (6). Les Belges em-

(i) Debello gallico, in, i3. Cf. Strabon, iv, h, i. Dion Ctssîus, xxxix. 4, i.

(a) Polybe, ni, 4a.

(3) Tite Live, xxi, a 6.

(4) S. Reinach, Catalogue sommaire du musée des antiquités nationales, p. ai, 109.

(5) Aviénus, Qra maritima y v. 105-107 ; Timée, chez Pline, iv, 3o, ioi.

(6) Pline, xvi, 70, 178.

ployaient les panicules des roseaux à faire d< calfater leurs navires (i).

Quels que soient à l'époque de la con< l'industrie, le commerce et l'agriculture en saurait conclure qu'en général les Celtes marquables agriculteurs, des commerçants industriels hors ligne. Les Gaulois, d'ap étaient remarquablement doués pour imiter ce qu'on leur apprenait. Ils avaient sans qualités d'assimilation que de création et ils i pèrent qu'au contact de la civilisation rom ditions de leur vie pratique n'avaient en t bénéficié, si nous nous en rapportons au:

des anciens, de leurs aptitudes au travail s soit des matériaux, ou à l'échange des produi de sécurité qui résultait de la faiblesse de guerres continuelles ne constituait pas une favorable pour le développement agricole, commercial.

(i) Pline, xvi, 64, i58.

(i) De bello gallico, vu, 22.

siècle avant notre ère, les Celtes n'attribuaient au gouvernement central, quand il en existait un, d'autre fonction que de maintenir l'indépendance de la cité et l'intégrité des biens de la nation contre les agressions de l'étranger. Tout ce qui concerne les particuliers, même le vol et le meurtre, ne peut être puni que par les personnes lésées ou leur famille. Celles-ci ont recours, soit à l'arbitrage, soit à

(i) Etudes sur le droit celtique {Cours de littérature celtique, t. vu), p. I-l3.

l'état 167

la force. De même, aucune autorité n'est chargée de régler les contestations entre peuples. A l'intérieur de chaque cité, il n'y a rien qui ressemble aux partis politiques des nations modernes ; les petits et les faibles sont clients des grands seigneurs et ne peuvent constituer un parti démocratique. L'autorité publique, qu'elle soit aux mains des rois, des magistrats, des principaux citoyens, des sénats; est très faible et ne peut s'opposer aux entreprises des nobles riches et possédant une nombreuse clientèle (i). Elle devient plus forte en temps de guerre, lorsque tous les citoyens, réunis contre un ennemi commun, reconnaissent la nécessité d'obéir à un chef choisi par eux.

Chez les peuplades celtiques, la forme du gouvernement est ou monarchique, ou oligarchique.

En Gaule, à la fin du quatrième siècle avant notre ère, le chef de la coalition contre les Marseillais est le petit roi gaulois Gatumandus (a). Polybe mentionne un roi Magilos qui venait des plaines qu'arrose le Pô et disputait à Annibal le passage du Rhône. Plus loin, Annibal trouve chez les Allobroges deux frères qui se disputaient la royauté et prête le secours de ses armes à l'aîné (3). Au commencement du premier siècle avant notre ère, les Arvernes sont gouvernés par le roi Bituitos (4), que Q. Fabius Maximus défait en iai.

(i) Fustel de Coulanges, La Gaule romaine, 3 e éd., p. 35-44. (a) Justin, xliii, 5.

(3) Polybe, m, 44 ; 49.

(4) Tite Live, epitome i.xi. Orose, v, i4, 1. Valère Maxime, ix, ô, 3,

168 rois

A l'époque où César fit la conquête de la Gaule, il n'y a plus de rois en Celtique que chez les Nitiobroges ( i ) et chez les Senones (a). Ce sont Teutomatus et Moritasgus. Mais déjà, malgré la protection de César, Cavarinus qui demandait la succession de Moritasgus, ne peut l'obtenir et il est condamné à mort par une assemblée publique (3). Chez d'autres peuples, les rois qui exerçaient le pouvoir avant l'arrivée de César n'ont pas été remplacés. Chez les Arverni, Celtillus, accusé de prétendre à la royauté, a été mis à mort (4) ; chez les Helvetiï, Orgétorix, objet d'une accusation semblable, est soustrait à la sentence qui l'aurait atteint par une mort subite et sans doute volontaire (5). Tasgetius, auquel César fait rendre la royauté de ses pères chez les Carnutes, est tué publiquement par ses ennemis après deux ans de règne (6). L'Eduen Dumnorix espère obtenir de César la dignité royale, mais il mécontente ses concitoyens en s'en vantant dans l'assemblée publique et César le fait tuer (7). Quant à Casticus, il essaie vainement d'obtenir la royauté chez les Sequani (8). La royauté de Vercingétorix ne fut qu'éphémère, et à peine avait-il été nommé par les siens chef suprême de la Gaule que déjà on l'accusait de trahison (9). La royauté semble donc être devenue impopulaire en Gaule Celtique.

(1) De beîlo gallico, vu, 3i ; 46.

(a) Ibid., y, 54.

\3) Jbid. y v, 54.

(4) Ibid , vu, 4.

(5) 7bid., i, 4.

(6) Ibid., v, a5.

(7) Ibid., v, 6 ; 7.

(8) Ibid., 1, 3.

<9) Ibid., vu, 4 ; ao.

LETAT

En Belgique, si la royauté est moins impo plus respectée, elle semble encore exceptionnel des Suessiones* s'appelle Galba (i). Les Ebur gouvernés par deux rois qui régnent chacun sui tié du pays (a). L'Atrébate Commius, roi de qui tenait son pouvoir de César, est accepté i culte par ses sujets (3).

Dans la Gaule Cisalpine, Polybe mentionne le Gaesatae, Concolitanos et Anêroestos (4).

Les Bretons étaient gouvernés par plusieurs ro qui la plupart du temps vivaient en paix entr tandis que chez les Caledoniï, le gouvernemei plus souvent démocratique (6).

Mais, pour la Gaule comme pour la Grandenous ignorons quelles étaient les attributions de et quel régime politique était désigné sous ce n probable que le pouvoir des rois n'était pas trè ils étaient sans doute choisis par le peuple qui p renverser à sa guise. Ambiorix, roi des Eburone aux envoyés de César que son pouvoir était I multitude avait autant de droits sur lui que lui si titude (7).

Chez la plupart des peuples de Gaule, le gou\ est oligarchique et aristocratique (8).

(1) De bello gallico y n, 4.

(2) Ibid., v, a4 ; vi, 3i .

(3) Ibid., iv, 21 vn, 75 ; 76 ; 79 ; vin, 6 ; 7 ; 10. ih) Histoires, n, 22 ; Si.

(5) Diodore, v, 21. César, De bello gallico, v, 22.

(6) Dion Cassius, lxxvi, 12.

(7) De bello gallico, v, 27. Fus tel de Coulanges, La maine, p. i3.

(8) Strabon, iv, 4, 3.

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