‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 47 sur 129 · ASSEMBLÉES · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉES

confirme par ses suffrages unanimes le choix de Vercingétorix (i) comme chef suprême. Dans une assemblée des principes de la Gaule, on décide de convoquer tous les hommes en état de porter les armes (a).

Nous n'ayons pas de renseignements clairs sur les assemblées particulières de chaque cité. Il n'était permis de parler des affaires publiques qu'en assemblée générale (3). C'était la multitude qui anciennement élisait dans chaque cité le chef de l'armée (4). Chez les Bellovaci, la multitude prend des décisions de concert avec les chefs (5). Chez les Senones, c'est par une assemblée publique, publico concilie*, que le roi Cavarinus, imposé par César, est condamné à mort (6). Ambiorix, roi desEburones, déclare que la puissance de la multitude est égale à la sienne (7). Les Belges avaient leur assemblée particulière (8) où Ton déterminait le contingent militaire que chaque peuple devait fournir.

Au commencement de chaque guerre, l'usage des Gaulois était de convoquer une assemblée en armes (9). Là, en vertu d une loi, tous les jeunes gens adultes se rendent armés : celui qui arrive le dernier est torturé et mis à mort à la vue de la foule. Ce fut un conseil de ce genre qui déclara Cingétorix ennemi public. Mais même pour

(1) De bello yallico, vu, 63.

(3) De bello gallieo, vu, 75. Cf. vu, 1.

(3) Ibid., vu, 43 ; cf. vi, 20, 3.

(4) Strabon, iv, 4, 3.

(5) De bello gallico, vin, 7521.

(6) Ibid., v, 54, 2.

(7) lbid., v, 27.

(8) lbid., 11, h.

(9) Ibid., v, 56.

l'état 175

traiter des affaires publiques, les Celtes du III e siècle avant cotre ère se réunissent en armes (i).

Dans les assemblées politiques, il y avait, nous dit Strabon (a), un usage particulier. Si l'un des assistants interrompt bruyamment l'orateur ou cause quelque désordre, l'appariteur (um^s-c^ç) s'avance l'épée nue à la main et lui impose silence d'un air menaçant ; s'il continue, l'appariteur répète deux ou trois fois son ordre et finit par couper au perturbateur un pan de sa saie, assez large pour que le reste ne puisse plus servir. Pour applaudir, les assistants faisaient entendre le cliquetis des armes (3).

Toutes les assemblées, soit du peuple de chaque cité, soit 4e plusieurs ou dé toutes les cités ne se réunissent, semblet-il, que dans des circonstances graves, pour décider une action commune. Rien ne nous atteste l'existence d'assemblées régulières à époques fixes et à attributions déterminées (4).

La plèbe de Gaule, nous dit César (5), était dans un état voisin de l'esclavage. Elle n'osait rien par elle-même et n'était jamais consultée (6). Sa dépendance à l'égard des équités et des sénateurs était complète. Mais il semble y avoir eu plusieurs degrés de dépendance. Lorsque Orgétorix fut appelé au tribunal pour se justifier de l'accusation de haute trahison qu'on avait portée contre lui, il se présenta avec toute sa familia qui comptait environ dix mille personnes, et il amena aussi ses clients et ses débi-

(i) Nicolas de Damas chez Stobée, xliv, 4t. Cf. Tite Llve, xxi, ao. (a) Géographie, îv, 4, 3.

(3) De bello gallico, vu, ai.

(4) Fustelde Coulanges, La Gaule romaine, a* éd., p. i-8.

(5) De bello gallico, vi, i3.

(6) Voir cependant ci-dessus, p. 174.

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