PÉNALITÉS
chef du parti adverse, et confisque ses biens (i). Celui qui tue un de ses concitoyens est condamné à l'exil (a). Etaitce l'amende ou quelque autre peine légère que Ton prononçait contre les jeunes gens obèses dont le ventre était trop proéminent et dont le tour de taille dépassait une certaine mesure ? Strabon citant Ephore se sert du mot vague ÏTjfxiovîffôai (3).
Sauf dans le cas d'Orgétorix où il semble bien que l'accusé comparaît devant un tribunal d'Etat, il n'est point question de l'intervention de l'Etat dans les crimes ou les procès. A côté de la juridiction arbitrale et facultative des druides (4), y avait-il en Gaule une justice publique bien ou mal organisée ? Aucun texte ne l'établit clairement.
C'est dans les questions militaires qu'apparaît le mieux le pouvoir de l'Etat celtique.
Les anciens nous représentent les Celles comme sans cesse occupés à la guerre. Quand ils ne pouvaient se battre pour leur propre compte entre eux ou contre leurs voisins, ils offraient leur service à prix d'argent à des rois étrangers. Il n'est guère de pays que n'aient parcouru des mercenaires celtes et de luttes auxquelles ils n'aient pris part (5). Déjà, en 369 avant J.-C, une armée envoyée par Denys
(1) De bello gallico, v, 56.
(a) Nicolas de Damas, fr. io5, chez Stobée, Anthologie, xliv, ht.
(3) Géographie, iv, 4, 6.
(4) Voir plus loin chapitre vi.
(5) Cf. d'Arbois de Jubainville, La civilisation des Celtes et celle de Vépopée homérique, Cours de littérature celtique, t. vi, p 1 16-1 s$.
Digitizeà by
l'état 193
l'Ancien au secours des Spartiates était en partie formée de fantassins celtes (i). En 274, Pyrrhus, roi d'Epire, et Aqtigone Gonatas, roi de Macédoine, en guerre l'un contre l'autre avaient chacun des Celtes dans leur armée (2). Parmi les mercenaires dont la révolte mit en a 38 avant J.-C. Garthage si près de sa perte se trouvent des Gaulois dont le chef est Autaritos (3). Dès 262, les Carthaginois avaient recruté des Celtes pour leur armée de Sicile (4), et pendant les deux premières guerres puniques (264-241 ; 319-202), les Gaulois fournissent un contingent important aux armées carthaginoises. Mille Galates figurent dans l'armée d'Antigone, roi de Macédoine, en 224 (5) ; des cavaliers galates font partie de l'armée d'un autre roi de Macédoine, Philippe V, en 218 (6). Nicomède, roi de Bithynie, les appelle en Asie comme auxiliaires en 278 (7). Lors de la guerre entre Antiochus le Grand, roi de Syrie, et Molon, satrape de Médie vers 220, il y avait des Galates mercenaires des deux côtés (8). Eumène II, roi de Pergame, avait à son service en 168 des cavaliers gaulois qui, embarqués sur des hippagoges, ne pouvait pas supporter la mer (9). Ptolémée Philadelphe (285-247) avait des Gaulois dans ses armées ; il en fit tuer quatre mille qui s'é-
(1) Xénophon, Helléniques, vn, 1, 20 ; Diodore, xv, 70. (a) Piutarque, Pyrrhus, a6,8 ; 9 ; Pau sa nia s, 1, i3.
(3) Polybe, 1, 80-87.
(4) Polybe, 1, 17, 4.
(5) Polybe, 11, 65, a.
(6) Polybe, v, 3, a.
(7) Memnon, Sur Réraclée, aa ; Fragmenta historieorum graeco* rum, t. m, p. 537.
(8) Polybe, v, 53 ; 54.
(9) Tite Live, xliv, a8.