‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 73 sur 129 · ANIMAUX SACRÉS · texte numérisé non relu

ANIMAUX SACRÉS

la langue est assez proche du breton, portent comme tatismans des figures de sangliers. Nennius nous parle d'un animal merveilleux, porcus troit, poursuivi par le roi Arthur dans une chasse fantastique (i) ; c'est le iwrch trrvytk du roman gallois intitulé Kulhivch et Olwen (a) et ce porc ou ce sanglier fameux est sans doute dans la légende celtique un souvenir du temps où le porc était le symbole et le totem d'une tribu gauloise. Sur les monnaies gauloises, les emblèmes que Ton trouve le plus fréquemment sont le cheval et le sanglier (3). Sur le fronton de l'autel de Reims est sculpté un rat ; le petit autel tricéphale trouvé dans la même ville est surmonté d'une tête de bélier. À la partie inférieure de l'autel de Sarrebourg est figuré un oiseau (4). Nous avons déjà parlé du taureau aux trois grues (5), du serpenta tête de bélier et des dieux à cornes de bélier et de cerf qui ne rappellent plus que par un détail le culte primitif des animaux sacrés (6).

Gomme les Romains, les Celtes cherchent à connaître, l'avenir par les entrailles des victimes (7) ; ils ajoutent foi aux indications données par les songes (8). Certains

(1) Mommsep, Chronica minora, t. m, p. 217, l. 18.

(2) J. Loth, Les Mabinogion, t. 1, p. 252-281. Cf. Rhys, Celtie folklorn, Oxford, 1901, p. 498-555.

(3) Revue numismatique, i84o, p. 2/17; 1903, p. 1. Sur la diffusion du sanglier-enseigne, cf. S. Keinach, Description rationnée du musée de Saint- Germain, 1. 11, p. 255-256, note. Revue celtique, t. xxii, p. i53"i59.

(4) Pour les détails de cet autel, voir G. Jullian, Revue des études anciennes, t. vu, p. 246-247. ^

(5) Sur la diffusion de ce type, cf. S. Reinach, ibid., p. 121 note.

(6) Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Les Celtes depuis les temps les plus anciens p. 47-5o.

(7) Justin, xxvi, 2 ; Diodore, v, 3i.

(8) Justin, xliii, 5.

phénomènes physiques les pénétraient de crainte. En 218, les Galates alliés d'Attale, effrayés par une éclipse de lune, refusèrent d'aller plus loin (1). A Delphes, les grondement» du tonnerre les frappaient d'épouvante (2).

Nous n'avons point trouvé de monument figuré qui nou& attestât le culte des arbres, à moins qu'on ne regarde comme tels les deux, faces de l'autel de Paris et l'autel de Trêves où sont figurés soit un arbre, soit des feuillages. Mais nous savons par Pline que le chêne rouvre est chez les Gaulois l'arbre des bois sacrés et qu'on n'accomplit aucune cérémonie sans son feuillage. Maxime de Tyr (3) nous apprend qu'un chêne élevé est la représentation (àyaVay celtique de Zeus. Nous trouvons dans un passage de Pline que le Lycopodiam selago était. en Gaule un préservatif contre les accidents et que le gui, que Ton appelait d'un nom qui signifie remède universel, était un remède contre les poisons et qu'il donnait la fécondité à tout animal stérile. Le gui venant sur le rouvre est extrêmement rare ; aussi le regardait-on comme envoyé du ciel. La cueillette du gui, nous dit Pline, se fait le sixième jour de la lune. Après avoir préparé selon les rites , sous l'arbre , des sacrifices et un repas , on fait approcher deux taureaux de couleur blanche dont les cornes sont attachées alors pour la première fois. Un prêtre, vêtu de blanc, monte sur l'arbre et coupe le gui avec une serpe d'or ; on le reçoit sur une saie blanche : puis on immole

W Poîybe, v, 78.

(2) Pausanias, x, a3, 2.

(3) Dissertations , vin, 8. Peut-être Ketaof dan» ce passage signifîet-U Germains. Sur le culte des arbres chez les Gaëls, voir H. d'Arbois. de Jubainville, Les Celtes depuis les temps les plus anciens^ p. 5i-5a*

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