‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 76 sur 129 · PRIÈRES · texte numérisé non relu

PRIÈRES

aux dieux (i). Les dépouilles des ennemis devaient pour une grande partie constituer les trésors des temples (a).

Avant la victoire, les Gaulois consacrent à Mars les dépouilles des ennemis ; après la victoire, ils immolent les animaux qu'ils ont pris ; le reste est rassemblé en un seul endroit ; et dans beaucoup de cités on peut voir dans les lieux consacrés des monceaux de butin pris à la guerre (3). Pendant la guerre de 218, un Gaulois avait voué sa cheve lure à Mars (4). Gatumandus avait offert à Minerve un collier d'or (5). Les Insubres avaient voué un collier à Mars (6).

Le culte comportait des prières, peut-être des danses, des libations et des sacrifices. La reine bretonne Boudicca (7) invoque Adrastê en levant une main vers le ciel* Les druides de l'île de Mona (8) prient en levant les bras au ciel et en lançant contre les ennemis d'affreuses imprécations, sans doute même des incantations. Gbez les Galates d'Orient, d'après Eudoxe (III* siècle avant Jésus-Christ) quand les sauterelles envahissaient le pays, on faisait certaines prières et on accomplissait certaines cérémonies qui avaient la vertu d'appeler les oiseaux, et ceux-ci obéissaient (9). Dans l'adoration, les Gaulois se tournaient

<i) Plutarque, César, 26.

<a) Cf. Jullian, Revue des études anciennes, t. iv, p. 281*

(3) De bello gallico, vi, 17.

(4) Silius Italicus, iv, 200-201.

<(5) Justin, xlii, 5*

<6) Florus, 11, 4.

<7) Dion Cassius, lxii, 6.

<8) Tacite, Annales, xiv, 3o.

(9) Elien, Histoire naturelle, xvii, 19.

vers la droite (i). Chez les Irlandais du Moyen Age, le tour à droite assurait une heureuse chance (2). Etait-ce à cette croyance qu'obéissait Vercingétorix lorsqu'il fit tourner son cheval autour de César (3) ? Dans une des îles situées sur les côtes de la Grande-Bretagne, on célébrait, d'après Àrtémidore, des cérémonies religieuses rappelant toutà fait les rites du culte de Dâmétér et de Corê dans l'île de Samothrace (4).

C'est par des danses que pendant la nuit, à la pleine lune, les Celtibères célébraient le culte d'un dieu dont nous ignorons le nom (5). Les Boïens de la Gaule cisalpine se servirent du crâne du consul Postumius, orné de ciselures d'or, comme d'un vase sacré pour offrir des libations dans les fêtes (6).

Les sacrifices étaient souvent des sacrifices humains» Cicéron en Tan 75 avant J.-C, parle de la coutume atroce et barbare qu'ont les Gaulois de sacrifier des hommes (7). Les Gaulois, nous dit César, croient que la vie d'un homme est nécessaire pour racheter la vie d'un autre homme, et qu'on ne peut apaiser autrement les dieux immortels» Chez certains peuples, les sacrifices de ce genre font même partie des institutions de l'État. D'autres ont d'immenses mannequins (simulacra) aux membres d'osier tressé qu'ils

(1) Poseidônios, chez Athénée, iv, 36. Cf. Pline, xxyiii, 5, a5, qui dit le contraire.

(a) H. d'Arbois de Jubainville, La civilisation des Celtes et celle de V épopée homérique, p. i43, a55.

13) Phttarque, César, 37.

(4) S Ira bon, iv, 4, 6.

(5) Slrabon, Géographie, m t 4, 16.

(6) Tite Live, xim, a4

(7) Pro Fonteio, 10, i4, ai ; République, in, 9, i5.

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