FONCTIONS RELIGIEUSES
que la fumée en est utile pour toutes les maladies des yeux. Ce sont eux qui regardent le gui du rouvre comme sacré. Enfin, ils ont indiqué les prescriptions à remplir pour s'emparer de l'œuf de serpent. Il faut le jeter en l'air, le recevoir sur une saie avant qu'il ait touché à terre ; s'enfuir à cheval, car les serpents poursuivent jusqu'à ce qu'ils rencontrent un cours d'eau. Tout cela doit être fait à une certaine époque de la lune. Cet œuf fait gagner les procès et donne accès auprès des souverains. Toutefois Pline rapporte qu'un chevalier du pays des Voconces qui en portait un dans sa tunique fut, sans motif, mis à mort par l'empereur Claude (i).
Si les sacrifices et la divination sont dans l'antiquité deux pratiques religieuses importantes, les secrets magiques, dont au temps de Pline les druides sont les dépositaires, étaient laissés à des sorciers peu estimés. Comment concilier l'idée que les druides étaient des philosophes à la fois physiciens et moralistes avec le rôle assez méprisable que leur fait jouer Pline le naturaliste ? On peut sans doute s'expliquer cette contradiction en tenant compte de la différence des dates. Entre l'époque de César et celle de Pline se placent le règne de Tibère qui supprima les druides : Tiberii Cwsaris principatus sustulit druidas eorum et hoc genus vatum medicorumque (a), et le règne de Claude qui abolit complètement cette religion des druides, si effroyablement cruelle, qui sous Auguste n'avait été qu'interdite aux citoyens romains (3).
(i) Histoire naturelle, xxiv, 6a, io3 ; xvi t 95, aig-a5i ; xxix, 12, 5a. (a) Histoire naturelle, xxx, 4, i3.
(3) Suétone, Claude, a 5. Cf. H. d'Arbois do Jubain ville, Cours de littérature celtique, t. vu, p. 173-177. *
Au temps de Pomponius Mêla, les druides d enseignement soit dans > un antre, specu, so: clairières cachées (i). La persécution n'aurai été favorable au maintien des hautes traditic qui avaient fait des druides les premiers persor Gaulé et les plus justes des hommes. Ou bien f que, de tout temps, les druides avaient cherct leur pouvoir non seulement par leur science, i pratiques magiques, dont ils étaient les premiers l'inanité, et que, lorsque la domination roma supprimé toute action judiciaire et politique resta plus que l'exercice misérable d'un ch grossier ?
Les druides d'Irlande nous apparaissent suri des magiciens, et des prophètes. Us prédisent interprètent les volontés secrètes des fées, ils sorts. A l'aide de formules et d'incantations, trouver l'endroit où se cache une personne, ennemi de toute sorte de maux, faire lever en mées un brouillard épais, faire tomber de la n ger le jour en nuit, rendre grosse une femme Ils connaissent les breuvages qui font oublier pouvoir d'imposer des obligations, grew, dont il sible de s'écarter, et de rendre tabous certains geis sont très divers : tantôt c'est un guerrier c défense de dire son nom à un adversaire ; Mael E emmener trois compagnons en sus d'un noi miné par un druide; il était interdit à Noïse
(i) CTiorographia, ni, 2, 19.
(2) H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature p. i36-i?9.