RÔLE POLITIQUE
après avoir essayé de repousser à lui tout seul l'invasion
J ~" ■ mes de Gonnacht, est grièvement blessé ; il se voit
ce d'envoyer prévenir le roi Gonchobar et l'armée
es du danger qui les menace. Le messager arrive e la forteresse et s'écrie : « On tue les hommes, on es femmes, on emmène les vaches, ô habitants
» ! Mais il n'obtient pas de réponse. Il va sous les ) la forteresse et renouvelle son appel : « On tue nés, on enlève les femmes, on emmène les vaches, ats d'Ulster ! » Et personne ne lui répond. Alors ce encore ; il s'arrête sur la pierre des hôtes dans îsse et il répète : « On tue les. hommes, on enlève les, on emmène les vaches ». Et c'est alors seulee le druide Cathbad ouvre la bouche : « Qui donc îommes, qui enlève les femmes, qui emmène les
» Car, explique le narrateur, telle était la règle en iéfense aux Ulates de . parler avant le roi, défense j parler avant son druide (i).
s sujets qui ont le plus passionné les écrivains qui, ice de renseignements suffisants, essayaient de res-
druidisme à l'aide des seules ressources de leur ion est celui des druidesses. Velléda, qui a donné l à une dés figures les plus dramatiques del de Chateaubriand, est une prophétesse deGer ). Mais le géographe romain (3) Pomponius Méli le des prêtresses de l'ile de Sein, dans la mer d( , en face des rivages des Osismi. Elles ont fait
Arbois de JubainVille, Introduction à Vétude de la litti
'ique, t. i, p. 190 et suiv.
b, Histoires, iv, 61 ; 65; v, aa ; a4.
ographia r u\, 6, 48.
vœu de virginité perpétuelle ; elles sont au nombre de neuf. On les appelle Gallizenae ; on les croit douées de talents singuliers ; elles excitent par leurs chants la mer et les vagues ; elles se changent en animal à leur volonté ; elles guérissent des maux qui sont inguérissables chez d'autres ; elles connaissent l'avenir et le prédisent aux navigateurs lorsqu'ils viennent les consulter.
11 semble bien que cette histoire ne soit qu'un résumé de quelque récit fabuleux comprenant beaucoup d'éléments empruntés à l'histoire de Circé (i). Remarquons de plus que le nom de druidesse n'y est pas prononcé. Si nous n'acceptons qu'avec réserve le témoignage de Mêla sur Les vierges de Sein, nous ne trouvons qu'au III' siècle en Gaule 4es prophètesses appelées dryades. L'une aurait prédit en gaulois à Alexandre Sévère sa fin prochaine (a). L'empereur Aurélien avait consulté des prophétesses gauloises, Gallicanas Dryadas, sur l'avenir de sa posté* rite (3). Une de ces femmes aurait promis l'empire à Dioclétien (4). Cette dernière était une aubergiste de Tongres. Les druidesses gauloises, si tant est qu'il y en ait eu, n'étaient plus à cette époque que de simples diseuses de bonne aventure. L'inscription de Metz où on lit Arête drais antistita est fausse (5).
Rien ne permet de qualifier de druidesses les femmes
(t) S. Reinach, Revue celtique, t. xvm, p. 1-8. Au contraire C. Jullian, Itevue des études anciennes, t. vi, p. a 58, admet l'existence de ces prêtresses.
(a) Lampride, Alexandre Sévère, 6o.
(3) Vopiscuar, Aurélien, 44.
(4) Vopiscus, Numérien, i4.
(5) Ch. Robert, EpigrapMe gallo-romaine de la Moselle, p. 89 et suiv.