COLLEGES
incantations des druides (i). D'autre part, M. d'Arbois de Jubainville a fait remarquer que le premier monastère de Gaule fut fondé en 387 et qu'il y avait déjà plusieurs monastères en Gaule, quand furent établis, au VI e siècle, les premiers monastères irlandais (2). Enfin nous ne savons rien de précis sur l'enseignement des druides. Dans les affaires publiques et privées, ils se servaient de lettres grecques (3). Les Romains trouvèrent dans le camp des Helvètes, des registres en lettres grecques, litteris grœris, où étaient relevés les noms de tous les émigrés, le nombre des bommes en état de porter les armes et séparément celui des vieillards, des enfants et des femmes (4). D'autre part, lorsque César eut à faire parvenir une lettre à son lieutenant Cicéron, il récrivit en caractères grecs, litteris graecis, pour que l'ennemi, s'il parvenait à l'intercepter, ne pût connaître son dessein (5). A moins d'admettre que dans le second texte litteris grœcis a un autre sens que dans le premier et signifie « en langue grecque » (6), on est forcé de convenir que la connaissance de l'alphabet grec ne s'était guère répandue chez les Gaulois. En tout cas, peut-on conclure que les druides enseignaient le grec ? Et même qu'ils enseignaient le latin ? Le succès qu'eurent en Gaule les écoles romaines semble démontrer le contraire.
(1) H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique y t. 1, p. 108, 159, i36.
(•2) Ibid. t. vi, p. 108-110.
(3) César, De bello gallico, vi, i4,
(4) lbid., 1, 29.
(5) lbid., v, 48.
(6) C'est ainsi que l'entend Dion Cassius qui dit éXXr,viffTt (X L, 9). Cf. Polyen, vin, a3, 6.)
Leur enseignement était oral et s'adressait à 1; Il n'était pas permis de confier à l'écriture les > contenue leur science. Il est très peu probable < graphie fut en honneur chez eux. Aucun doc torique ne vient fortifier la séduisante hy A. Bertrand, en ce qui concerne la Gaule et 1 fait que les moines irlandais ont orné de mi marquables les manuscrits, le fait qu'ils ont gloses à un grand nombre de textes latins et r textes grecs témoigne de la culture littéraire tique de ces moines, et ne saurait fournir d'i qui voudrait démontrer que les druides était térateurs et des artistes.
Le peu que nous savons des druides n'a p; érudits modernes. Dès la fin du XVII e siècle, ments mégalithiques de Stonehenge et d'Ave attribués aux druides. Les alignements de pi expliqués par le serpent cosmique dont ils repi pensait-on, les replis tortueux; ce serpent serait de l'Etre infini et les druides en auraient emp aux mythologies orientales.
Ces rêveries archéologiques dues à l'éru< Stukeley ne tardèrent pas à pénétrer en France Cambry exposa dans les Monuments celtiques (: tion druidique des monuments mégalithiques. L seraient le signe des traités passés entre les pei
(t) Sur cette cuRure, du îv* au vu* siècle, voir M. Ro gnement des lettres classiques, d'Ausone à Alcuin p. 202-373.
(2) Monuments celtiques ou recherches sur le cuit précédées d'une notice sur les Celtes et sur les drui d'Etymologies celtiques, Paris, i8o5, p. 271-289.