‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 92 sur 129 · NÉO-DRUIDISME · texte numérisé non relu

NÉO-DRUIDISME

blême de l'union, de la stabilité, de l'immutabilité. Les positions respectives des astres et leur correspondance avec telle ou telle partie de la terre seraient figurées par des pierres disposées de manière à donner l'idée de ces positions dans le ciel, et on ne peut douter que ces monuments symboliques n'aient été les premiers temples. Tous les peuples auraient imité les monuments druidiques à des époques variées. L'historien Henri Martin adopta avec plus d'enthousiasme que de critique les théories aventureuses des savants anglais (i).

Ce ne furent pas seulement les archéologues qui contribuèrent à créer ainsi un druidisme de fantaisie. Un érudit gallois du XVIII e siècle, Edward Williams, dont le nom bardique était Iolo Morganwg et, après lui, Edward Davies ont essayé de démontrer que les bardes gallois étaient restés dépositaires des secrets des anciens druides de l'île de Bretagne et qu'ils avaient continué à pratiquer en secret, depuis l'introduction du christianisme, la religion druidique. Ces deux ingénieux savants, si L'on met à part les textes, manifestement créés au XVIII e siècle, du Mystère des bardes de l'île de Bretagne (Cyfrinach beirdd ynys Prydain) (2), n'ont pu fonder leur doctrine que sur un roman merveilleux du commencement du XVII e siècle, l'Histoire de Taliessin, qui reproduit quelques pièces attribuées à tort au célèbre barde du VI e siècle et sur une collection d'écrits plus ou moins authentiques réunis par Llywelyn Sion de Llangewydd qui vivait au XVI e siècle. Cela n'empêcha pas A. Pictet et Henri Martin d'y découvrir une

(1) Etudes d'archéologie celtique, Paris, 1872. p. 3i, 85, 171.

(2) On en trouve un résumé dans la Revue archéologique , t. xvm

(868) p. 329-34/1, 43i-/i39; t. xix(i86 9 \ p. 27.41.

doctrine originale, remontant aux traditions les plus anciennes de la race celtique (i).

Pour retrouver dans ces textes et dans archaïques des traces de mythologie cosm Williams et Edward Davies avaient dû exp] symboles les phrases les plus simples, à 1 H. de la Villemarqué qui publia dans le comme poème druidique une formulette brel à apprendre à compter aux petits enfants e le nom de Vêpres des grenouilles (2).

Le druidisme est-il dans l'antiquité ui isolée dont l'analogue n'existe point ? 11 ser chez les Gètes il ait existé quelque chose Jordanès, citant les Géliques attribuées à nous dit que Philippe de Macédoine ayant en quelques prêtres, de ceux que les Gètes nomr de robes blanches, des harpes à la main, à la rencontre de l'ennemi, en chantant d' pliante des hymnes en l'honneur des divinité de la nation. Et les Macédoniens, troublés pi de ces hommes sans armes, firent la paix el chez eux (3). Cette intervention des, prêtres pelle le texte de Diodore qui nous montre les

(0 L'histoire de cette question est résumée chez S ancient books of Wales, t. i, p. 6-16, 29- 3a. Vo flach, Esquisse d'une histoire de V archéologie gau tique, t. xix. p. 111-116. J. Leflocq, Etudes de myth Orléans, 18C).

(2) Barzaz-Breiz, 6 e éd., Paris, 1867, p. 1-18. Cf. de Bretagne, t. v, p. 284-392 ; liccue celtique, t. vi, p

(3) Histoire des Goths, 10 ; A. Bertrand, La religx p. 293-294.

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