‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 98 sur 129 · TITE LIVE · texte numérisé non relu

TITE LIVE

Les auteurs postérieurs à César, lorsqu'ils se contentent de reproduire des témoignages anciens, peuvent nous avoir laissé des renseignements précieux sur l'étendue de l'ancien empire celtique. Le plus intéressant à ce point de vue est l'historien Tîte Live. Avant d'exposer la défaite des Romains par les Gaulois, Tite Live raconte ce qu'il sait de l'immigration des Gaulois en Italie. A l'époque où Tarquin l'Ancien régnait à Rome, chez les Celtes, qui occupent la troisième partie de la Gaule, c'étaient les Bituriges qui avaient le souverain pouvoir ; c'étaient eux qui donnaient un roi à la Celtique. Celui-ci fut Ambigatus (i), tout puissant par sa vertu et la prospérité tant de lui-même que de son peuple ; car sous son empire, la Gaule (a) était si fertile en fruits de la terre et en hommes qu'il était difficile à un roi de gouverner une si nombreuse multitude. Déjà âgé et voulant débarrasser son royaume de cette foule qui le surchargeait, il exposa qu'il allait envoyer Bellovesus et Sigovesus, fils de sa sœur, jeunes gens actifs, dans le séjour que les dieux leur indiqueraient par des présages ; qu'ils levassent autant d'hommes qu'ils voudraient de façon à ce qu'aucune nation ne pût repousser les nouveaux venus. Le sort donna à Sigovesus la forêt Hercynienne ; à Bellovesus, les dieux donnaient un chemin bien plus beau, celui de l'Italie. Celui-ci leva du milieu de ses surabon-

(i) Wh. Stokes, On the linguistic value of the Irish annals, Beitràge de Bezzen berger, t. xvm, p. 97, propose de corriger Ambigatus en Amtica'us qui signifierait en celtique « grand batailleur », •cf. irl. Immchath.

[2) Sur les conclusions étranges auxquelles conduirait ce récit si Ton admet qu'il s'agit de la Gaule dans le sens où l'entendaient les Romains après la conquête de César, voir A. Bertrand et S. fleinach» Les Celtes dans les vallées du Pô et du Danube, p. ao-27.

L EMPIRE CELTIQUE

dantes populations des Bituriges, Arverni, Senones, Ambarri, Carnutes, Aulerci. Parti avec de nom troupes à pied et à cheval, il arriva chez les Tricastii loin, les Gaulois aidèrent les Phocéens à s'établir i pays de Marseille. Puis, ils franchirent les Alpes par des Taurini et les Alpes Juliennes et, après avoir déroute les Tusci près du îessin, s'établirent dans que l'on appelait lnsubrien (i).

D'après ce récit, l'invasion des Celtes en Italie ser temporaine de Tarquin l'Ancien (616-578 avant J delà fondation de Marseille (600 avant J.-C). Mais Tite Live raconte la première rencontre des Romain Gaulois, il semble bien qu'à cette date, 3go avant ne c'était la première fois que les Barbares apparaissa Italie et qu'ils y rencontraient les Romains (2). Il y contradiction entre les deux textes. Par ailleurs, nous dit que les Tyrrhènes (Etrusques) étaient de la plaine du Pô à l'époque où ils régnaient champs voisins de Noie et de Gapoue (3). Or c es ment sous le consulat de M. Genucius et C. Curl 445 avant J.-C, que les Campani se soulevèrent et 4a4 qu'ils enlevèrent aux Etrusques la ville de Cap D'après le même Polybe, c'est dix-neuf ans après taille d'Aïgos Potamos (4o5), seize ans avant la bal Leuctres (371)» au temps où les Lacédémoniens cou

(i)Tite Live v, 34.

(a) Clusini novo bello extern ti, cum multitudinem, cm hominum invisitatas cernèrent, v, 35, A ; etsi novum nomer Romanorum, v, 36, 2. Invisitato atque inaudito hoste al terra ru m que ultimis oris bel lu m ci en te, v. 37, 2.

(3) Histoires* 11, 17.

(4) Tite Live, iv t 1; 37.

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