‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 102 sur 158 · SIGNES SYMBOLIQUES · texte numérisé non relu

SIGNES SYMBOLIQUES

lui-même semble une représentation réduite de la triade. On a souvent remarqué que Tentâtes, Esus et Taranis, les trois divinités sanguinaires citées par Lucain, pouvaient constituer une triade. On peut encore citer le Taureau aux trois grues et le Taureau à trois cornes (1). La triade est, dans la littérature irlandaise (2) et surtout dans la littérature des Bretons du Pays de Galles, un genre de composition qui a eu un grand succès et qui a été appliqué au droit, à la littérature, à l'histoire (3) . Mais la plus ancienne triade galloise provient d'un manuscrit du xii* siècle et la plus ancienne triade irlandaise provient d'un manuscrit du VIII® siècle. Saurons-nous jamais si quelque lien relie la triade religieuse des Gallo-Romains au genre littéraire si en honneur chez les Bretons d'Outre-Manche et les Gaëls ? En tout cas, la pièce du gallo-romain Ausone sur le nombre trois ne semble pas fondée sur des triades celtiques (4). Mais Diogène Laerce nous a conservé une maxime druidique sous forme de triade (o).

Pour terminer ce qui a trait aux divinités celtiques et à leur représentation, il faut dire quelques mots de certains signes symboliques que l'on trouve sur divers monuments. On a depuis longtemps renoncé à voir dans les monuments mégalithiques (6) l'œuvre d'un peuple celtique et les cu-

Revue archéologique, t. xxxix (1880), p. 337-347, pi. ix et x ; t. XL (1880), p. 1-18, pi. XI, XII, xii bis ; p. 70-84 (fig.) ; Gassies, Revue des études anciennes, t. ix, p. 364-368.

(1) S. Reinach, Bronzes figurés de la Gaule romaine, p. 282.

(2) KuNO Meyer, The triads of Ireland (Todd lecture séries, xiii), Dublin, 1906.

(3) Cf. J. LoTH, Annales de Bretagne, t. v, p. 500, 692.

(4) Idylles, xi (xvi).

(5) Voir ci-après, chap. vi. p. 374.

(6) Sur ces monuments, voir C. Jullian, Histoire de la Gaule, U

pules creusées dans ces monuments et environnées d'un nombre plus ou moins grand de lignes circulaires (1) ne sauraient appartenir à notre sujet. Mais il est possible que les Celtes aient, comme d'autres peuples, anciennement attaché une idée religieuse au svastika ou croix gammée (2) ainsi appelée parce qu'elle constitue une croix dont les quatre branches égales sont recourbées à angle droit à leurs extrémités et qu'elle paraît formée de quatre gammas grecs mis bout à boni deux par deux et tournés en sens inverse les uns des autres ; ce signe est souvent associé à la roue ou rouelle formée d'un cercle et d'un nombre variable de rayons, que l'on trouve aussi employée seule sur des monuments et des monnaies (3). On a signalé la croix gammée sur diverses monnaies gauloises (4) ; et aussi sur des cippes sans inscriptions de la région pyrénéenne, et des stèles irlandaises du vu* siècle (5). On sait que la croix gammée s 3 trouve sur les vêtements de plusieurs personnages représentés sur des peintures des catacombes, où elle semble bien n'avoir qu'une valeur ornementale. Dans

t. II, p. 147-167 ; S. Reinach, Cultes, mythes et religions, t. m, p. 434-448 ; Déchelette, Manuel, t. i, p. 373-447.

(1) A. DE MoRTiLLET, Revue de l'Ecole d'anthropologie de Paris, 1894, p. 273 ; G. de*Closmadeuc, Soc. d'anthr. de Paris, 1893, A. Bertrand, Archéologie celtiqui' et gauloise, 2^ éd.,

(2) Voir EspÉRANDiEu, Recueil général, n° 10, 1691.

(3) Par exemple sur des autels conservés au musée de Nîmes, Renel, Les religions de la Gaule, p. 259 ; Déchelette, Manuel d'archéologie préhistorique, t. ii, 453-463, 885-892 ; Revue archéologique, t. XIV (1909), p. 117. Voir ci-dessus, p. 323, note 1, II. DE La Tour, Atlas, pi. v, n" 2173^

(4) E. HucHER, L'art gaulois, t. ii, p. 105, 106, 134.

(5) A. Bertrand, La religion des Gaulois, pi. xiii ; Espé- RANDiEu, Recueil général, n°^ 863 (avec roue) ; 854 ; 861, 865 (avec un arbre).

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