STATUES
paganisme, des ornements d'or et d'argent (1). Une pierre servant de limite aux terres s'appelle lia adrada (2) « pierre d"adoration » ; la pierre parlante, clocli labhrais, donnait des réponses comme la lech lavar des Gallois ; la pierre du roi, lia fail, rugissait quand un roi de la vraie race milésienne s'asseyait dessus (3).
A l'époque gallo-romaine, les identiîications de divinités gréco-romaines avec les divinités celtiques peuvent tenir, pour une bonne part, à ce qu'on acceptait comme représentation d'une divinité celtique un des types de statues romaines que l'on trouvait le plus facilement dans le commerce.
Il n'y a évidemment aucune conclusion à tirer, pour l'époque ancienne, des statues et des statuettes que l'on a *de l'époque gallo-romaine. Il faut remarquer, toutefois, que les statues et les statuettes en bronze sont en général rares, à l'exception cependant de celles qui représentent Mercure ; il y a au Musée de Saint-Germain trente et une de ces statuettes de Mercure, quarante et une à Lyon (4).
Peut-être est-il permis de chercher dans les statues gallo-romaines les caractères d'originalité qu'elles présentent et que l'on peut imputer à l'art celtique. L'Apollon
(1) Félire Oenguso, éd. Wh. Stokes, Dublin, 1880, p. 186, 187, 378. Revue celtique, t. xxvii, p. 316.
(2) Ancient laws of Ireland, London, 1865, t. iv, p. 142, 1. 16.
(3) Joyce, A social history of ancient Ireland, t. i, p. 277-280. Le culte des pierres, des arbres ou des fontaines est condamné en Gaule par divers canons et capitulaires ; Bruns, Canones apostolorum et conciliorum sœculorum iv, v, vi, vu, 2^ partie, p. 133 ; Maasen, Concilia sei^i merovingici, p. 133 ; Boretius, Capitularia regum Fraiicorum, t. i, p. 59. Cf. S. Reinach, Rei'ue archéologique, ^t. xxi (1893), p. 333.
(4) A. Bertrand, La religion des Gaulois, p. 323. Voir Renel, Les religions de la Gaule, p. 304-307.
en bronze de Vaupoisson (au musée de Troyes) offre quelques traces d'hiératisme dans son attitude et sa physionomie. Le dieu de Lezoux (au musée de Saint-Germain) a, comme le Mercure romain, des ailerons, un pétase, un caducée; il est, de même, accompagné d'un bélier et d'un coq, mais au lieu du jeune homme imberbe, élégant et souple qu'ont conçu les artistes grecs et romains, c'est un vieillard barbu, rébarbatif et d'une raideur hiératique que les Arvernes ont (vers oO avant J.-G.) consacré à Mercure et à Auguste. Le dieu au maillet de Beaune est inspiré du Sérapis de l'Egypte grecque, mais il est revêtu de la saie gauloise serrée à la taille par une ceinture (1 .
Dans les temples et les enceintes sacrées, h toT; kpoTc xal T£[j.iv£a'.-<, les Celtes du nord entassent une grande quantité d'or qu'ils offrent aux dieux, et quoique tous les Celtes aiment l'argent, pas un d'eux n'ose y toucher (2). Les Arvernes avaient suspendu à un temple, Trpô; Upù), la petite épée que César avait laissée entre leurs mains et le conquérant des Gaules, qui la revit plus tard à cette place refusa de la reprendre, disant qu'il fallait respecter un objet consacré aux dieux (3). Les dépouilles des ennemis devaient pour une grande partie constituer les trésors des temples (4).
Avant la bataille, les Gaulois consacrent à Mars les dé-
(1) S. Reinach, Idées générales sw l'art de la Gaule [Revue archéologique, t. vi (1905), p. 310-312). On trouvera les statues et les bas-reliefs représentant les dieux, chez S. Reinach, Bronzes figurés de la Gaule romaine, et chez Espérandieu, Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine.
(2) DioDORE, V, 27. Cf. Suétone, César, 54.
(3) Plutarque, César, 26.
(4) Cf. JuLLiAN, Revue des études anciennes, t. iv, p. 281.