PRIÈRES
pouilles des ennemis ; après la victoire, ils immolent les êtres animés qu'ils ont pris ; le reste est rassemblé en un seul endroit ; et dans beaucoup de cités on peut voir dans les lieux consacrés des monceaux de butin pris à la guerre (1). Pendant la guerre de 218, un Gaulois avait voué sa chevelure à Mars (2). Catumandus avait offert à Minerve un collier d'or (3). Les Insubres avaient voué un collier à Mars (4). Les Tectosages avaient rassemblée Toulouse, dans les enceintes et les lacs sacrés, des lingots d'or et d'argent pour une valeur d'environ la. 000 talents (88.350.000 francs). D'après Trogue Pompée, un lac de Toulouse contenait un million de livres d'argent et cinq millions de livres d'or. Orose dit seulement cent mille livres d'or (o).
Le culte comportait des prières, peut-être des danses, des libations et des sacrifices. La reine bretonne Boudicca (6) invoque Adrastê en levant une main vers le ciel. Les druides de l'île de Mona (7; prient en levant les bras au ciel et en lançant contre les ennemis d'affreuses imprécations, sans doute même des incantations. Chez ks Galates d'Orient, d'après Eudoxe (m* siècle avant Jésus-Christ) quand les sauterelles envahissaient le pays, on faisait cer-
(1) Guerre de Gaule, vi, 17. Cf. Tite-Live, v, 39, 1 ; Diodore, \, 32, 6. Pour le sens de animalia, cf. Tacite, Annales, xiii, 57.
(2) SiLius Italicus, IV, 200-201.
(3) JUSTIIS', XLIII, 5.
(4) Florus, II, 4.
(5) Poscidônios chez Straiîon, iv, 1, 13 ; Justin, xxxii, 3, 10 ; G. Bloch, Revue des études anciennes, t. xv (1913), p. 278, essaie de concilier ces indications diverses. La leçon d'Orose est plus vraisemblable.
(6) Dion Cassius, lxii, 6.
(7) Tacite, Annales, xiv, 30.
LA RELIGIOM
taines prières et on accomplissait certaines cérémonies qui avaient la vertu d'appeler les oiseaux, el ceux-ci obéissaient et venaient détruire les sauterelles (1). Dans l'adoration, les Gaulois se tournaient vers la droite (2). Chez les Irlandais du Moyen Age, le tour à droite assurait une heureuse chance (3). Etait-ce à cette croyance qu'obéissait Vercingétorix lorsqu'il fit tourner son cheval autour de César (4) ?
Dans une des îles situées sur les côtes de la Grande-Bretagne, on célébrait, d'après Artémidore, des cérémonies religieuses rappelant tout à fait les rites du culte de Dêmêtêr et de Corê dans l'île de Samothrace (5). Dans certaines cérémonies religieuses, les femmes et les filles des Bretons figuraient nues après s'être teint le corps avec du pastel (6).
C'est par des danses que pendant la nuit, à la pleine lune, les Celtibères célébraient devant leurs portes le culte d'un dieu dont nous ignorons le nom (7).
Nous ne savons à quel temps remontent en Gaule les cérémonies (sacra), réservées aux 'plus chastes, que Pescennius Niger fit célébrer, et nous ignorons en quoi elles consistaient (8).
Les Boii de la Gaule oisalpine se servirent du crâne du
(1) Elien, Histoire naturelle, xvii, 19.
(2) Poseidônios, chez Athénée, iv, 36. Cf. Pline, xxviii, 5, 25, qui dit le contraire.
(3) H. d'Arbois de Jubainville, La civilisation des Celtes et celle de l'épopée homérique, p. 143, 255.
(4) Plutarque, César, 27 ; H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. xii, p. 302.
(5) Strabon, IV, 4, 6.
(6) Pline, xxii, 2, 2.
(7) Strabon, Géographie, m, 4, 16
(8) Spartien, Pescennius Niger, 6.