‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 114 sur 158 · PRÊTRES · texte numérisé non relu

PRÊTRES

gnement ancien sur le druidismc de Grande-Bretagne. Le druidisme irlandais seul peut donner matière à des rapprochements avec les notions que nous fournissent les écrivains de l'antiquité sur les druides de la Gaule.

D'après César, qui semble parler des druides en général plutôt que des druides de son temps, les druides remplissent des fonctions religieuses, éducatives, judiciaires, politiques. Nous allons les étudier successivement sous ces divers aspects.

Les fonctions religieuses des druides consistaient, d'après César, surtout à assister aux cérémonies et à s'occuper des sacrifices publics et privés (1). Il semble, d'autre part, que ce soit pour se rendre au désir du peuple qu'ils assistent aux sacrifices, et qu'ils ne jouent pas dans les cérémonies un rôle prépondérant. Strabon et Diodore sont d'accord sur ce point. Strabon écrit que les Celtes sacrifiaient avec l'assistance des druides (2); Diodore, que la coutume était que personne ne fît de sacrifice sans un philosophe, car on croyait devoir user de l'intermédiaire de ces hommes, qui connaissent la nature des dieux et parlent la même langue qu'eux, pour leur offrir des sacrifices d'actions de grâce et implorer leurs bienfaits (3).

La divination était au nombre des sciences qu'ils pratiquaient. Diviciacus annonçait l'avenir tant par l'observation des oiseaux que par conjecture (4). D'après César, les druides interprètent la volonté des dieux (3). Au temps de Tacite,

(1) Guerre de Gaule, vi, 13 ; 16, 2.

(2) Géographie, iv, 4, 5.

(3) Bibliothèque, v, 31, 4. S. Reinach, Revue archéologique , t. XXII (1913), p. 105.

(4) CicÉRON, De la divination, i, 41, 90.

(5) Guerre de Gaule, vi, 13.

des druides gaulois annonçaient que l'incendie du Capitole présageait la clmte prochaine de l'empire romain et la domination du monde par les Transalpins (1). Les druides prédisaient l'avenir par les nombres et les cailloux à la manière pythagoricienne (2). Ils prédisaient après avoir mangé des glands, disait-on (3).

A l'époque de Pline, la magie est en grande faveur en Gaule et en Grande-Bretagne (4) et les druides, dont il interprète le nom par fiiagi (o), sont pour lui des sortes de sorciers et de féticheurs dépositaires de secrets magiques et de receties médicales. Ce sont les druides gaulois qui prétendent que leselago préserve des accidents et que la fumée en est utile pour toutes les maladies des yeux. Ce sont eux qui regardent le gui du rouvre comme sacré, et comme envoyé du ciel. Enfin, ils ont indiqué les prescriptions à remplir pour s'emparer de l'œuf de serpent (oursin fossile). II faut le recevoir sur une saie avant que, lancé en l'air par les serpents, il ait touché à terre ; s'enfuir à cheval, car les serpents poursuivent jusqu'à ce qu'ils rencontrent un cours d'eau. Tout cela doit être fait à une certaine époque de la lune. Cet œuf est un talisman qui fait gagner les procès et donne accès auprès des souverains. Toutefois Pline rapporte qu'un chevalier du pays cfes Voconces qui en portait un dans sa tunique fut, sans motif, mis à mort par l'empereur Claude (6).

(1) Histoires, iv, 54.

(2) HippoLYTE, Philosophumena, 25, 2.

(3) UsENER, Commenta Bernensia, p. 33.

(4) Histoire naturelle, xxx, 4, 13.

(5) C'est aussi inagus qui est l'équivalent de l'irlandais drui chez les écrivains latins de l'Irlande.

(6) Histoire naturelle, xxiv, 62, 103 ; xvi, 95, 249-251 ;

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