‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 115 sur 158 · MÉDECINS · texte numérisé non relu

MÉDECINS

Peut-être faut-il rattacher à la médecine druidique les remèdes populaires usités en Gaule d'après Pline, Apulée etMarcellus : le gui,fécondant et antidote, quiguérittout (1) ; le trèfle {visumarus) qui est bon contre le vertige (2) ; la jusquiame {Belinuniia) qui guérit les maux de laine et du pied (3) ; la verveine qui est un remède contre l'ophthalraie (4) ; la bétoine {vettonica)(\VL\ sert à faire un vinaigre bon pour les maux d'yeux et d'estomac (3) et guérit les morsures de serpents ; lerodarum dont on fait un onguent contre les tumeurs et les abcès, à condition ,que l'arbuste n'ait pas été touché par le fer et que le patient, après l'onction, crache trois fois à droite ; l'onguent est encore plus efficace si la friction est faite de la main droite par trois hommes de nation différente (6) ; l'herbe aux corbeaux qui sert d'antidote (7) ; la pierre de la source de la Saône qui est un fébrifuge (8). Certaines herbes magiques, mises en rapport avec les decans des signes du Zodiaque, avaient sans doute dans l'opinion des Gaulois des vertus curatives(9). Il est probable que les chapelets d'ambre, les grains de jaspe, d'agathe, de cristal, les perles de verre, les annelets

XXIX, 12, 52 ; cf. ci-dessus, p. 337. Ciiauvet, Bévue archéologique, t. XXXVI (1900), p. 281-285 ; S. Reinach, Cultes, mythes et religions, t. ii, p. 63-65.

(1) Vi-iisE, Histoire naturelle, y.\i, 95, 250-251. Ci-dessus, p. 339.

(2) Marcellus, Des médicaments, m, 9. Ci-dessus, p. 68.

(3) Apulée, Des herbes, 4.

(4) Marcellus, Des médicaments, viii, 28 ; Pline, Histoire naturelle, xxv, 59, 106.

(5) Pline, Histoire naturelle, xxv, 46, 84 ; cf. 55, 101.

(6) Pline, Histoire naturelle, xxiv, 112, 172,

(7) Singularités merveilleuses, 86.

(8) Pseudo-Plutarque, Des fleuves, 6, 3.

(9) Cf. Béjottes, Le livre sacré d'Hermès Trismégiste et ses trente-six herbes magiques, Bordeaux, 1911.

de bronze, les dents d'animaux divers trouvés dans les tombes ne sont 'pas exclusivement des ornements et que quelques-uns de ces objets constituent des amulettes thérapeutiques (1).

Si les sacrifices et la divination sont dans l'Antiquité deux pratiques religieuses importantes, les secrets magiques, dont au temps de Pline les druides sont les dépositaires, étaient laissés à des sorciers peu estimés. Gomment concilier l'idée que les druides étaient des philosophes à la fois physiciens et moralistes avec le rôle assez méprisable que leur fait jouer Pline le naturaliste V On peut sans doute s'expliquer cette contradiction en tenant compte de la différence des dates. Entre l'époque de César et celle de Pline se placent le règne de Tibère et le règne de Claude. Tibère supprima les druides et cette espèce de devins et de médecins (2) ; Claude abolit complètement cette religion des druides, si effroyablement cruelle, qui sous Auguste n'avait été qu'interdite aux citoyens romains (3).

Au temps dé Pomponius Mêla, les druides donnent leur enseignement soit dans un antre, soit dans des clairières cachées (4). La persécution n'aurait donc pas été favorable au maintien des traditiçns morales qui avaient fait des druides les premiers personnages de la Gaule et les plus justes des hommes. Ou bien faut-il croire que, de tout

(1) Cf. P. Pansier, La médecine des Gaulois au temps des druides, Janus, Archives inlernationales pour l'histoire de la médecine et la géographie médicales, t. xii, (1907).

(2) « Tiberii Csesarîs principatus sustulit druidas et hoc genus vatum medicorumque », Histoire naturelle, xxx, 4, 13.

(3) SuKTONE, Claude, 25. Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. vu, p. 172-177 ; Duruy, Revue archéologique, t. xxxix (1880), p. 347-352. Voir ci-après, p. 379,

(4) Chorographie, m, 2, 19. Cf. Lucain, i, 453-454.

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