‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 12 sur 158 · ÉCRIVAINS ANCIENS · texte numérisé non relu

ÉCRIVAINS ANCIENS

avec les Celtes d'Espagne, mais aussi avec les Celtes du sud de la Gaule. Au commencement du i'''" siècle avant notre ère, le pliilosophe stoïcien Poseidônios (1), auteur de plusieurs traités de géograpiiie, entreprit de nombreux voyages : il séjourna dans des villes du littoral, telles que Cadix où il resta trente jours ; il pénétra en Gaule et fit des observations personnelles sur les mœurs des Gaulois. César, pendant les neuf années qu'il passa en Gaule (58-50), fut en contact constant avec les habitants du pays»; mais, presque exclusivement préoccupé par les affaires militaires, il ne semble pas avoir beaucoup observé par lui-même les mœurs et les institutions des Gaulois.

Virgile est né à Andes près de Mantoue, en Gaule Cisalpine, et son nom semble d'origine celtique. Trogue Pompée est un Gaulois de la tribu des Voconces (2), mais il appartient à une famille romanisée depuis trois générations et on ne sait s'il avait recueilli auprès de ses compatriotes certains éléments de ses Histoires.

Nous ne connaissons l'histoire de Trogue Pompée, composée en 9 après J.-C, que par un abrégé fait au second siècle de notre ère par Justin. Les Commentaires de César et les œuvres de Virgile nous ont été conservés. Mais la plus grande partie do l'teuvre de Polybe est perdue ; sur les quarante livres (ju'elle comprenait nous n'avons plus quo les cinq premiers ; des trente-cinq autres, il ne nous reste que des fragments, d'ailleurs assez considérables, que nous ont transmis un manuscrit d'Urbino et le recueil

(1) Sur Poseidônios, voir Sciieppig, De Posidonio Apamensi rerum genliiim terrarum srriptore, Berlin, 1870 ; Miilenuoik, Deutsche Altertiimskiiiidc, '2'' éd., licilin, 1S',)0, I. ii, p. l'i.').

(2) Justin, xliii, 5.

LES SOUnCES ET LA METHODE 7

d'extraits de Constantin Porpliyrogennète. Quant aux //t'çtoires de Poseidônios, qui faisaient suite à celles de Polybe et qui comprenaient cinquante-deux livres, elles sont presque entièrement perdues ; en ce qui concerne les Celtes un fragment nous en est rapporté par Strabon (1) ; quatre autres par Athénée (2) ; il est probable, sans qu'on puisse toujours le démontrer, que Diodore, Strabon, peut-être aussi César dans son livre VI, ont fait de nombreux emprunts à Poseidônios. L'ouvrage de Pythéas, dont le titre paraît avoir été riEp-. 'ii-/.t^ ■'>'> ne nous est guère connu que par les critiques qu'en font Polybe (3j et Strabon (4) qui traitent Pythéas d'impudent menteur.

La plupart des écrivains de l'Antiquité qui nous parlent des Celtes ne travaillent donc que de seconde main. Nous le regretterions moins s'ils prenaient soin d'indiquer exactement les sources auxquelles ils ont puisé, mais, le plus souvent, les éléments essentiels de la critique historique nous font défaut. Nous sommes parfois exposés à prendre pour l'expression des observations personnelles d'un écrivain des renseignements qu'il a copiés chez un de ses lointains prédécesseurs. Quand les sources sont indiquées, nous ne pouvons déterminer dans quelle mesure et avec quelle probité l'écrivain s'en est servi ; les citations sontclles faites de mémoire ou exactement transcrites ? De précieux documents peuvent nous avoir été conservés par des

(i) Géographie, iv, 4, 5.'

(2) Athénée, iv, p. 154 a ; ix, 151e-152/ ; vi, 246cd ; 233d. Fragmenta historicorum grsecorum, éd. C. Miillcr, t. m, p. 245.

(3) Chez Strabon, ii, 4, 1-2 ; iv, 2, 1.

(4) Géographie, i, 4, 3 ; 5 ; m, 2, 11 ; iv, 5, 5 ; vu, 3, 1. Pline, Histoire naturelle, iv, 27, 95 ; xxxvii, 11, 35.

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