ÉCR1VA1>S ANCIENS
écrivains de basse époque, sans que nous puissions distinguer les parties anciennes des rajeunissements postérieurs, et riiistoire, de la légende. Quelle est la valeur exacte des voyages de circumnavigation, des périples, qui nous sont parvenus? Sont-ce les prodigieux monuments de la crédulité des Grecs, ou, au contraire, des œuvres d'une grande valeur scientifique? Il est probable que la vérité est entre ces deux extrêmes et qu'ils mélangent à doses à peu près égales les observations exactes et les conjecturesimaginaires. Quelle méthode critique faut-il appliquer à VOra maritiina de Rufius Festus Aviénus (i), proconsul d'Afrique en 366 de notre ère? Nous avons conservé de ce poème un fragment de 713 vers ; on y lit une singulière description des côtes de l'Océan depuis le détroit de Gibraltar jusqu'aux îles Britanniques. Sur les côtes d'Espagne, on trouve les Cynètes, les Cempses, les Saeîes, mais ni Celtes, ni Geltibères ; séparées du continent par le sinus Œstrymnicus, sont les îles Œstrymtiides^ riches en étain et en plomb ; du cap de VŒstrymnis on atteint en deux jours l'île des Hierni; à côté est l'île des Albioiies. Au nord, on rencontre un pays d'où les Ligures ont été chassés par les Celtes. La source principale d'Aviénus semble avoir été un arrangement grec, aujourd'hui perdu, d'un périple phénicien dû à Himilcon dont le nom est cité dans VOra maritima, et qui avait été envoyé explorer l'ouest de lEurope ^2), à une
(1) Une étude complète de ce texte se trouve chez Mullenhokk, Deutsche Aller lumskunde, 2^ éd., t. i, p. 73-210. Un fac-similé de la partie concernant la Gaule dans l'édition princcps a été publié dans la Revue des éludes anciennes, t. viii (1906), pi. vu,