‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 125 sur 158 · CICÉRON · texte numérisé non relu

CICÉRON

cent douze tribus (1). Sempronius Asellio place en Gaule la ville de Noreia, aujourd'hui Neumarkt en Styrie (2).

Varron est sans doute la source de Pline lorsque celui-ci nous raconte que les Gaulois franchirent la barrière insurmontable des Alpes parce que HéUco, citoyen Helvète, qui avait séjourné à Rome en qualité d'artisan, avait rapporté dans son pays des figues sèches, du raisin, des échantillons d'huile et de vin (3).

Il faut arriver à Jules César pour avoir sur les Celtes de Gaule et de Grande-Bretagne des renseignements quelque peu dévelopi)ées. Aussi Gicéron, bien qu'il nous fasse connaître qnelques noms de peuples gaulois, ^//oÔAoge^, Volcac^ Ruteni(i), Aediii, Helvetii, Sequani{p), peut-il dire : « Des contrées et des nations qu'aucune histoire, aucun récit, aucun bruit public ne nous avaient encore fait connaître, notre général, nos troupes, nos armes les ont parcourues. Nous n'occupions auparavant qu'un sentier dans la Gaule : le reste était aux mains de nations ou ennemies de cet empire, ou peu sûres, ou inconnues, on du moins féroces, barbares et belliqueuses » (6). En 54 avant Jésus-Christ Gicéron écrivait à son frère Qnintus : Où habitent ces Nervii ? Est-ce loin ? Je l'ignore » (7).

Les campagnes de César nous font connaître successive-

(1) Pline, m, 24, 134 ; 23, 130 ; 20, 116.

(2) ScHOLiASTE DE ViRGiLË, Géorgiques, III, 474.

(H) Histoire naturelle, xii, 2, 5. Bertrand et Reinach, Les Celles dans les vallées du Pô et du Danube, p. 212 Cf. Jullian, Revue des études anciennes, t. viii (1906), p. 122 ; Bertrand et S. Reinach, Les Celles dans les vallées du Pô et du Danube, p. 2\2.

(4) Dans le discours pour Fontcius, écrit en 69 av. J.-C.

(5) Lettres à Atticus. 1. 19 (écrite en 59 av. J.-C). Pour Balbus. 14, 32.

(6) Des provinces consulaires 13, 33.

(7) Lettres à Quintus, m, 8.

l'empire celtique 407

ment toutes les parties de la Gaule, l'Est où demeurent les Aediii, le Nord-Est occupé par les peuples belges, le Nord- Ouest où s'est formée la confédération armoricaine, le centre où se livre la lutte suprême engagée par Verciugétorix pour l'indépeadance de la Gaule. Pour la première fois, une armée romaine pénètre dans la Grande-Bretagne dont l'existence était à peine connue. Une partie considérable du monde celtique fut ainsi, en quelques années, révélée aux Romains. D'autre part, les expéditions de César au delà du Rhin ne l'avaient mis en présence que de peuples germaniques et il ne faut pas s'étonner si désormais la Gaule est considérée comme le centre de la puissance celtique et le berceau de la race. « Il fut un temps, nous dit César, où les Gaulois, surpassant les Germains en valeur, portaient la guerre chez eux et envoyaient au delà du Rhin des colonies parce qu'ils avaient trop de population et manquaient de terres pour la nourrir. C'est ainsi que les Volcae Tectosages s'étaient emparés des contrées les plus fertiles de la Germanie près de la forêt Hercynienne. Cette nation s'y est maintenue jusqu'à ce jour et jouit d'une grande réputation de justice et de valeur « (1). L'intérieur de la Grande-Bretagne est habité par des peuples que la tradition représente comme indigènes ; la partie maritime, par des peuples attirés de Belgique par la guerre ou le désir du butin ; ceux-ci ont conservé presque tous les noms des cités dont ils étaient originaires, et après la guerre ils sont restés là et se sont mis à cultiver les champs (2).

Les auteurs postérieurs à César, lorsqu'ils se contentent

(1) Guerre de Gaule, vi, 24.

(2) Guerre de Gaule v, 12. Cf. Tacite,. Agricola, 11,

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