VIII, IX, X
(2) Pline, Histoire naturelle, ii, 67, 169. Cf. C. Jullian, Himilcon et Pythéas, Journal des Savants, t. m (1905), p. 95-98.
époque que l'on ne peut déterminer exactement, mais qui n'est pas postérieure au v'' siècle. Si l'Ora maritima est une reproduction fidèle des principaux traits du périple phénicien, elle constitue un document pour l'étude de la géographie ethnique de l'ouest de l'Europe vers l'an 500 avant J.-G. Mais comment déterminer les déformations qu'a dû subir l'ouvrage d'Himilcon dans l'arrangement en vers latins qu'en a fait Aviénus, neuf siècles après sa publication ?
Nous trouvons ainsi, sans qu'il soit toujours facile de déterminer la valeur des sources, des renseignements sur 1 histoire, les institutions, les mœurs, la langue, le pays des Celtes chez la plupart des auteurs grecs et latins.
Parmi les Grecs on peut citer : Hérodote (48i-425), Xénophon (434-359), Aristote (384-322), l'auteur du périple dit de Scylax (vers 335), Ephore (vers 340), Théopompe (375-306), Ptolémée, fils de Lagos (367-283), Callimaque(névers 300). Timée (352-256). Eratosthène (275- 195), ApoUonios de Rhodes {m" siècle), Phylarque (ni* siècle), Fabius Pictor (né vers 254), Artémidore d'Ephèse (i" siècle avant Jésus-Christ), Diodore de Sicile (i^"" siècle avant Jésus-Christ), Timagène (1), (i" siècle avant Jésus-Christ) traduit par Ammien Marcellin, Alexandre Polyhistor (vers 85 avant J.-C), Denys d'Halicarnasse (vers 30 avant Jésus- Christ), Nicolas de Damas (né vers 74 avant Jésus-Christ), Strabon (né vers 63 avant J.C.), Philon le Juif (vers 30 avant Jésus-Christ), Dioscoride
(1) D'après A. Klotz, C sesarsiudien , nebst einer Analyse der Strabonischen Beschreibung von Gallien und Britannien, Leipzig 1910, Strabon n'a utilisé Poseidônios, Arténaidore et César que par l'intermédiaire de Timagène.
iO ÉCRIVAINS A>fCIE>S
(i" siècle de notre ère), Josèphe (37-100), Plutarque (50- 120;, Dion Ghrysostome (i^"" siècle), Favorinus (mort vers 1:^5), Denys le Périégète (u^ siècle après Jésus-Christ), Ptolémée (u** siècle), Appien (ii" siècle), Arrien (93-175), Piiusanias (vers 174), Polyen (ii^ siècle). Galien (131-200). Lucien (125-200), Athénée (ii' siècle), les Oppien (n' siècle), Dion Gassius (150-2.(5), les Philostrate (m" siècle'. Diogène Laërce (vers 190), Elien (ni* siècle), Hérodien (ni* siècle), Porphyre de Tyr (233-304j, Julien (331-363), Laurentius Lydus v''-vi'' siècles) (1),
Parmi les Latins : Gaton l'Ancien (234-149), Sempronius Asellio. trihun militaire en 134, Q. Glaudius Quadrigarius, Valerius Antias, Gornelius Sisenna ^vers 78), Gicéron (2) (100-43), Varron (110-27), Gornchus Nepos (99-2i\ Virgile (70-19), Properce ^49-13), Vitruve (f siècle avant Jésus-Ghrist), Horace (05-8), Titc-Livo (59 avant, — 17 a[)iès\ (Iraltius Faliscus (r"" siècle), Pompeius Fcstus (peut être au i" siècle), Gornelius Celsus (r' siècle), Yelleius Patcrculus (vers 30), Valère Maxime (i"" siècle), Goluinelle, Pomponius Mêla (i" siècle), Lucaiii i39-0."S), Pline l'Ancieii (23-70). Silius Italicus (25-10!). Frontin (40-103), Martial (40-102), Tacite (55-120 , Florus (peut-être u^ siècle), Suétone 1^69-141), Juvénal (OO-l-iOi et ses glossateurs, Aulu- Gelle (125-175 , Tertullicn (lC.0-245), Ulpien (mort en 228), Solin (vers 230), Némésien (m" siècle), l'auteur de la liste
(1) Les textes des auteurs grecs relatifs aux Celtes ont été publiés avec une traduclion française par Edm. Cougnv et II. Lebègue, Extraits des auteurs grecs concernant la géographie et l'histoire des Ciaules (Soelélé de l'Histoire de France, Paris, 1878-1892, 6 vol. in-8o).
(2) Cf. 11. DE L.\ Ville de Mirmont, Cicàron et les (iauhis. Revue celtique, t. xxv, p. 11)3-180.
LES SOURCES ET LA AfETHODE ii
des provinces romaines (297), les auteurs de l'iiisloire Auguste 284 337), des panégyriques (284 389;, de lltincraire d'Antonin (iv" siècle), de Fltinéraire de Bordeaux à Jérusalem (333), Aurelius Victor (iv^ siècle), Eutrope (iv'*' siècle), Riifius Festus (iv' siècle), Ammien Marcellin (330-400), Ausone (3! 0-395). Marcellus Empiricus de Bordeaux (i) (fin du iv^ siècle), Sulpice Sévère (363-425^, l'auteur de la Nolitia dignilatiwi (vers 410) (2).
Celte longue liste ne doit pas faire illusion ; car la plupart des écrivains que nous venons d'énumérer ne contribuent que par quelques mots ou quelques phrases à enrichir le fonds de nos connaissances sur les Celtes. Les compilateurs comme Diodore de Sicile, qui avait compulsé à Rome les bibliothèques et les archives et passé trente ans à écrire son grand ouvrage, sont particulièrement précieux. Pausanias utilise soit l'histoire des successeurs d'.Alexandre par lliéronymo de Gardie (272 avant Jésus-Chiist), soii Timée (mort vers 'ii)(\), soit Ménodote de Pérlnthe (vers 217). soit Timagène ou Agatharchide de Cnide (né vers 250) (3). Les anciens écrivains dont les livres sont perdus ont donc ainsi été souvent mis à [)rofit et il est possible
(1) Voir, sur cet auteur, J.-A. Guillaud, Revue des études anciennes, t. xii, p. 183.
(2i Les textes latins relatifs aux Gaulois se trouvent, avec les textes grecs, chez D. Bouquet, Berum gallicarum et francicarum scriptores, t. i, Paris, 1738, p. 1-821. Les textes relatifs aux Bretons ont été publiés dans les Monumenta Jiistorica Britannica, de Henry Pétrie et Thomas Duffus Hardy, London, 1848, p. I-CV, sous le titre de Ex scriptoribus grœcis atque latin is excerpta de Brilannia. On trouvera encore les plus anciens textes relatifs aux Celtes dans l'article Celtes (dû à M. G. Lagneau) du Dictionnaire enciiclopédique des sciences médicales sous la direction de A. IJeclianibre, t. xiii.
(3) Cf. C. Jullian, Histoire de la Gaule, t. i, p. 301, n. 6,
i'I NOMS DES CELTES
que le meilleur de leur œuvre ait passé dans les ouvrages qui nous sont parvenus.
Il n'y a pas qu'une seule dénomination pour désigner l'ensemble des tribus celtiques du continent. Chez les Grecs (1), le mot généralement en usage est KïXto! (2). On le trouve pour la première fois chez Hérodote (3), et il est le seul employé jusqu'au ni* siècle avant notre ère. C'est, d'après César (4) et Pausanias (5), l'ancien nom par lequel ils se désignaient eux-mêmes (6). Dès le ni« siècle avant notre ère, un second mot, Valizrt^, apparaît chez Callimaque(7), comme synonyme de KeXtô; ; Vali-.T^<: est aussi employé chez Eratosthène (8) et dans deux épitaphes : l'une est celle d'un jeune Athénien (9) tué à la bataille des Thermopylcs en 279 ; l'antre, celle de trois jeunes
(1) Cf. H. n'Annois de Jubainvii.t.t;, Les premiers hcthilanls de l'Europe, 2^ éd., t. ii, p. 393-'i09.
(2) On trouve la variante liîXTa' chez Stuabon, iv, 1, 1 ; 14 ; Cellœ, chez Cksar, i, 1.
(3) Histoire, ii, 33 ; iv, 49.
(4) Guerre de Gaule, i, 1.
(5) Description de la Grèce, i, 3, fi.
(6) On a souvent tonte de pénétrer le sens de ce nom ethnique ; H. d'Arbois de Jidiainvillc l'explique par « celui qui prend du butin ». Cf. irl. ar-ccllim « j'enlève », to-chell « victoire ». (Les premiers habitants de l'Europe, t. ii, p. 396). Ruys (Celiic Britain, 2^ éd., p. 2), par « guerrier », cf. v. h. a. hillja « combat » ; Gliick le rapproche du latin celsus, lit. keltas « élevé ».
(7) Hymne à Dêmêtêr, v, 184.
(8) Strabon, II, 4, 4.
(9) Pausanias, x, 21, 5,
filles de Milet (1) qui se tuèrent pour échapper aux barbares ; et dans cette épitaphe les barbares sont désignés successivement par les deux synonymes Ktl-zo'. et raXixat. Chez Polybe (2), les Gaulois qui ravagent le Latin m au IV* siècle et les Gaesatae sont appelés tantôt KeXxof, tantôt raXàiat, selon, sans doute, qu'il utilise des documents grecs ou des documents romains. Il en est de même chez Plutarque (3) et chez Pausanias. Dans le grec des administrateurs romains (4), les Celtes sont désignés sous le nom de
TaXâtai ^o).
Malheureusement, une fois en possession de deux termes pour désigner le même ensemble de peuples, certains auteurs grecs décidèrent de les répartir en des emplois différents. Diodore de Sicile (6) désigne les Celtes sous le nom de KeXtoî, mais se sert du mot raXâ-a'. pour dénommer les peuples transrhénans. Dion Cassius, au contraire, place les Celtes sur la rive droite du Rhin et les Galates sur la rive gauche (7) ; mais, dans le récit des événements qui précèdent le i" siècle avant notre ère, c'est-à-dire avant que Ton eût distingué clairement les Gaulois des Germains, il emploie indifféremment KtXxoî ou TaXàiai pour désigner
(1) Anthologie palatine^ vu, 492. Cf. Saint Jérôme. Contre Jovinien, i, 41. Ad. Reinacm, Bei'ue celtique, t. xxx, p. 71, n. 2.
(2) Histoires, ii, 18, 6 et 8 ; 23, 1 et 5 ; 22, 1 ; 2 ; 26, 4 ; 5 ; 31, 1 ; 2.
(3) Par exemple, Camille, 18 ; 20. Cf. Diodore, xxv, 13 ; Pausanias, Description de la Grèce, 1, 4, 1 ; Appien, Ibériques, 1.
(4) Par exemple dans le testament d'Auguste, vi, 20 ; xxv, 4 ; XV, 19.
(5) D'après H. d'Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de l'Europe, t. ii, p. 409, ce nom signifierait en celtique " brave guerrier », irl. galach.
(6) Bibliothèque, v, 32 ; i ; 25, 4.
(7) Histoire romaine, xxxix, 49, 1.