CELTES ET GERMAINS
niques possèdent en commun concernent pour la plupart les institutions politiques et sociales et la guerre. Pour quelques-uns (1), • — comme ambactos « serviteur w, en gallois atnaeth, vieux-liaut-allemand ambaht « service », — on peut démontrer qu'ils ont été empruntés par les Germains aux Celtes.
D'autre part, les noms de personnes, comme les noms de lieux, nous attestent l'établissement des Celtes, non seulement dans la Gaule transalpine, dans la Gaule cisalpine (2), en Espagne, dans la Grande-Bretagne et dans l'Asie-Mineure, pays pour lesquels les textes historiques nous instruisent suffisamment, mais encore en ISorique, en Pannonie et en Germanie, pays dont l'ancienne histoire nous est assez mal connue. Enfin, les renseignements recueillis sur l'ère d'extension des civilisations de Hallstatt et de la Tène ne sont pas contradictoires aux données de l'onomastique. Nous sommes donc amenés à rechercher le lieu d'origine des anciens Celtes dans la Gaule et l'Europe centrale, à proximité des Germains.
Les rapports étroits qui unissaient les Celtes à leurs voisins les Germains ont été remarqués par les anciens. Diodore confond ces deux peuples (3). Strabon, après avoir dit que, pour la figure, les mœurs et la manière de vivre, les Germains se rapprochent des Celtes, tandis qu'ils en diffèrent un peu par leur nature qui est plus sauvage, leur taille plus grande et leur chevelure plus blonde, ajoute que
(1) Voir ci-dessus, p. 167.
(2) Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Les Gaulois et les populations qui les ont précédés dans l'Italie du Nord, Revue celtique, t. XI, p. 152-172.
(3) Voir ci-dessus, p. 13 ; Jullian, Histoire de la Gaule, t. i, p. 231, n. 1.
l'empire celtique 451
c'est pour exprimer cette parenté que les Romains leur ont donné le nom de Germant, qui signifie frères en latin (1). Sans donner à cette étymologie populaire plus d'importance qu'elle n'en mérite, il convient de remarquer qu'elle répond bien à l'idée que se faisaient les Grecs et les Romains des relations intimes des Celtes et des Germains. Beaucoup de particularités de mœurs et d'usages ou bien sont communes aux deux peuples, ou ont été attribuées tantôt à l'un, tantôt à l'autre. Mercure est, d'après Tacite, le dieu qu'honoraient le plus les Germains ; ils regardaient comme plus conforme à la grandeur céleste de ne pas enfermer les dieux dans des murailles et de ne pas les figurer à l'image de l'homme, et le lieu consacré au culte est une portion de bois (2). Les Semnons, peuple suève, faisaient des sacrifices humains (3). Les Germains se prétendaient issus d'un dieu (4). Les cadavres des nobles Germains étaient brûlés sur des bûchers formés de certaines espèces de bois (5). Les nobles germains sont entourés de comités analogues aux amhacti des Gaulois (6). Les Germains ne traitent aucune affaire publique ou privée, qu'en armes (7). Ils comptent par nuits et non par jours (8), ils sont très lîOspitaUers i9). Leurs boucliers sont peints des couleurs les
(1) Géographie, iv, 4, 2 ; vu, 1, 2. Cf. Eustathe, Commentaire de Denys le Périégète, v. 285 ; Jullian, Histoire de la Gaule, t. i, p. 231, n., croit que l'identité des Celtes et des Germains fut acceptée jusqu'au temps de Poseidônios.
(2) Germanie, 9. Cf. ci-dessus, p. 299, 341, S45.
(3) Germanie, 39. Cf. 9 et ci-dessus, p. 348.
(4) Germanie, 2. Cf. ci-dessus, p. 303.
(5) Germanie, 27. Cf. ci-dessus, p. 189.
(6) Germanie, 14. Cf. ci-dessus, p. 258. (/) Germanie, 13. Cf. ci-dessus, p. 236.
(8) Germanie, 11. Cf. ci-dessus, p. 375.
(9) Guerre de Gaule, vi, 23, 9 ; cf. ci-dessus, p. 150.