‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 24 sur 158 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les noms communs conservés par les écrivains Grecs et Latins. — ■ Les inscriptions gauloises en caractères nord-étrusques, en caractères grecs, en caractères latins. — Les inscriptions latines et grecques. — Les noms propres de personnes et de lieux ; sens des éléments qui entrent dans la composition des noms propres. — Les mots restitués par la linguistique. — Caractéristiques du vieux celtique. — Histoire du celtique continental ; sa disparition. — Les celtomanes ; le breton, ancêtre du français.

Si l'on en juge par l'étendue des répertoires où les re liques linguistiques des anciens Celtes nous ont été conservées, il semljle que nous puissions nous faire du vieux celtique une idée exacte et précise. Le Dictionnaire ginilois de Roget de Belloguet (2) ne contient guère que 500 mots. Mais le Alt-celfischcr Sprachs(/i(itz,d'A\lved Holder, encore inachevé, en compte déjà plus de 30.000. A ne considérer que ce total, on connaîtrait donc près de dix fois plus de mots celtiques que de mots gothiques (3). 11 s'en faut pourtant, et de beaucoup, que l'on soit aussi bien renseigné sur la langue des anciens Celtes que sur celle dos

(1) Cf. JuLLiAN, Histoire de ta Gaule, t. ii, p. 360-379.

(2) Ethnogénie gauloise, t. i.

(r() Le texte d'Ulfilas ne contient guère plus de 3,000 mots (Jifférents ,

Gots. Si l'on étudie les éléments dont se composent les vocabulaires du vieux celtique, on remarque d'abord que les noms propres y entrent dans une énorme proportion ; les noms communs n'y figurent guère que dans la mesure de 4 0 0; la plupart de ces mots sont isolés; quelques-uns seulement font partie de courtes phrases ; à peine peut-on soupçonner l'existence de quelques formes verbales. De plus, ce qui est pire, nous ignorons la signification de presque tous les mots donnés comme celtiques ; les auteurs de l'Antiquité nous en ont traduit environ 250 ; la comparaison avec les dialectes celtiques modernes permet en outre d'en expliquer environ loO, dont un grand nombre de noms propres. Enfin, il ne faut pas dissimuler qu'on fait figurer dans les vocabulaires celtiques non seulement les mots des divers dialectes celtiques de Grande- Bretagne, de Gaule, de l'Europe centrale, d'Espagne, d'Italie et de Galatie, mais encore tous les mots qui, transmis par les auteurs de l'Antiquité, ne sont ni grecs ni latins. Ils peuvent être, aussi bien que celtiques, ligures, ibères, germaniques. Il n'est possible de faire le triage qu'en essayant d'identifier les mots barbare^ avec les mots conservés dans les dialectes celtiques modernes, après avoir toutefois restitué à ceux-ci la forme qu'ils avaient aux environs de l'ère chrétienne.

Dresser en quelque sorte le bilan du vieux celtique en classant à part les mots qui peuvent sans trop de difficulté s'expliquer par les langues celtiques et ceux qui attendent encore de cette méthode une explication raisonnable, tel sera l'objet de ce chapitre (1). Le plan suivi dans l'exposé

(1) A la suite de chaque mot, nous indiquons le texte ancien où il est donné comme celtique.

.NOMS COMML'NS

est emprunté au Glossaire gaulois de Roget de Belloguet. A son exemple, je traiterai successivement : i" des mots celtiques chez les écrivains de l'Antiquité : ceux qui sont donnés expressément comme celtiques, ceux qui sont vraisemblablement donnés comme celtiques, ceux qui ne sont pas donnés comme celtiques, mais que nous avons des raisons de croire tels ; 2" des inscriptions gauloises ; 3° des noms propres celtiques. J'ajouterai une courte étude sur les mots du vieux celtique continental que l'on n'a pu relever nulle part, mais dont l'existence est attestée par l'accord des langues celtiques modernes et des langues romanes.

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