Mots celtiques chez les écrivains db l'antiquité
1° Mots donnés' expressément connue celtiques.
Parmi les mots donnés expressément comme celtiques par les écrivains de l'Anliquité, voici ceux qui correspondent à des mots conservés parles langues celtiques (1).
xôpjjLa (Poseidônios, chez Athénée, IV, 36, p. 132'^), •M'jpii: (Dioscoride, II, 110). C'est l'irlandais co/rm,, en vieux gallois kuref, c^vrf « bière », gall. mod. c^vnv ; cf. cen'esia ci-après, p. 83.
pâpoot (Poseidônios, chez Athénée, VI, 49, p. 246"'') ; hardus « gallice » cantor qui virorum fortium laudes canit Paul Diacre, extrait de Festus, p. 34; en irlandais bard, on
(1) Je n'ai pas donné tous les mots qui, dans les langues néoceltiques sont identiques ou apparentés à leurs ancêtres vieuxccltiqucs ; mais seulement ceux dont la parenté était visible, même à des personnes n'ayant aucune préparation linguistique.
gsWois banld « poète» (1). Cf. le nom de lieu Bardo-magos. ambactus « servus » (Eonius ; César, IV, 15,2; Paul Diacre, extrait de Festus, p. 4) ; en gallois aniaeth, « laboureur ».
bulga « petit sac de cuir » (Paul Diacre, extrait de Festus, p. 3o) ; en irlandais boig, gallois boly « sac, panse » ; c'est le vieux français bouge « sac ».
SputSai (Pseudo-Aristote, p. 1479 a), opouîoai (Diodore, V, 31, 4); druides {Céssiv, De bell. gaîl., VI, 14, 1), rf/-«ù/ae (Gicéron, De DU'.. I, 41, 90), drasidae, dryaridae (Tiraagène, chez Ainmien Marcellin, XV, 9, 4 ; 8) ; en irlandais drui, pluriel druid.
arepennis, mesure de surface (Colu nielle, /^e re rust., V, 1, 6), semble identiqueà l'irlandais a wc/im/i = a/'epewni. C'est le français arpent.
sasia (ms. a^ia) a seigle » chez les Taurini (Pline, Nat. hist., XVIII, 40, 141) correspond au gallois haidd, bret. heiz « orge ». Ce serait un mot gaulois emprunté par les Ligures.
b ra ce &CC. braccfn « farine de choix » (Pline, .V«/. hist., XVIII, II, 62) dont on fait la cervoise (Glose chez Ducange) ; en irlandais braich k malt », gallois brag ; c'est le vieux français brais « orge broyée pour préparer la bière ».
rëda, nom d'une voilure gauloise à quatre roues ( Quiniilien, I, 5, 57 ; Uidore, Origi?ies^ xx, 2, 1) ; en irlandais, dériad glose bigae ; riad signifie : « course, transport » ; mais en gallois fJuvydd signllie : « aisé, libre », bret. roue:.
reno « vestis de pellibus » (Salluste, Hist., III, fragm.
(1) Stokes, {Urkeltischer Sprachschatz) rapproche ce mot du V. prussien gerdaut « parler ».
NOMS COMMU.NS
104 ; Varroa,i)e li)ig. Int., V, 35). Il y a en irlandais un mot rôin, gallois rhawn,\(im signifie : « longs poils rudes », « crinière de cheval », et qui suppose un vieux celtique : rdni-, râno.
benna « genus vehiculi » (Paul Diacre, extrait de Festus, p. 32) ; en gallois henn « chariot » ; fr. banne L'extrait de Festus cite aussi le composé com-bennônes « in eadem benna sedentes. »
[air/.a (ace. i^ip>'-2'''), noui du cheval chez les Celtes (Pausanias, X, 19, 11) ; en gallois mardi, breton marc h.
gacsa (YaTja) « javelots » (var. cesa, caesa) mot gaulois d'aprèsServius(.4c^ Aen. VIII, 660). adopté par les Romains (César, B. G. 111,4,1), mais apparenté à l'irlandais gfh', gde, gallois gwaew. Polybe(II, 22) rattachant sans doute ce mot au grec -(iz,% « trésor » traduit raïaà-ratpar «mercenaires » (1).
•/.àpvov « corne, trompette » chez les Galates (Hésychius), cf. /.ipvj; « trompette » des Celtes (Eustathe ad Jîiad. ^'Ài9), est sans doute le gallois et breton car/i «corne, sabot de cheval » ; v. gallois carn « corne à boire ».
chrotta (var. roita) « harpe « des Bretons (Fortunat, VII, 8, 64) ; en irlandais crot, en gallois croth. crwth ; mais le vieux français a rote.
ovriQ'i « TÔTTov èEé)(^ovTa )) (CUtophon, chez le Pseudo-Plutarque,i)e5 fleuves, W, 4) « dunum enim montem » [Glossaire d'Endlicher) (2) ; « gallica lingua montem vocari dunum
(1) Cf. l'étymologie de VEtymologicon Magnum : o't tt.v TV ^ïlxo'JVTs; qui est un véritable calembour.
(2) Ainsi nommé du philologue qui le découvrit dans un manuscrit du ix^ siècle conservé à la bibliothèque de la cour de Vienne. Il a été publié avec toutes les variantes, par H. Zimmer,
studiosis non est incognituin (Sigebert, Vita Deoderici, ch. 17). C'est l'irlandais dûn « forteresse >, gallois din.
TiitxTtéSooAat (var. TroiJLTrafoouXa, pompedulon) chez Dioscoride (IV, 42) et Apulée {De herb., 2) « quintefeuille » « potentille ». C'est le breton pempdelyen, qui, d'ailleurs, ne remonte vraisemblablement pas au vieux-celtique, mais a été calqué sur le mot français. Le second terme du mot composé est mieux conservé dans l'irlandais c^M//e=*c?aiZw.
(j)co6i/5v < sureau » (Dioscoride, IV, 171) doit être identique au gallois ysgaw, breton scao.
ratis « fougère » (Marcellus, De medic, XXV, 37) ; en irlandais raith, en breton raden, gallois rhedyn.
[pj renne « arborem grandem » (Endlicher) ; en breton et gallois prenn « bois », irlandais crann.
avallo « poma » (Endlicher) : en breton ai^al « pomme » ; gallois afall, irlandais ahall ; cf. le nom de lieu Aballo « Avallon » .
trinanto a très valles », nanto « valle » (Endlicher) ; en gallois nant « vallée » ; Trineint, « Trois Vallées », nom gallois de Turnant.
lauiro « balneo » (glossaire d'Endlicher), apparenté à l'irlandais loathar « bassin >, lôthur « canal » ; en breton loiiazr « auge ».
camhiare « rem pro re dare » (Endlicher) ; en breton kemma. Camhiare a passé par l'intermédiaire du latin dans les langues romanes, fr. changer.
Zeitschrift fiir vergleichende Sprachforschung, t. xxxii, p. 230-
G. DoTTiN. — Manuel de l'antiquité celtique. 5
bessus « habitude w (Virgile le Grammairien, 14) ; apparenté à l'irlandais bés, breton boas « coutume ».
D'autres mots, qui n'ont pas de correspondants exacts dans les langues celtiques, peuvent néanmoins être interprétés en tout ou en partie à l'aide de ces langues :
vergobretus, magistrat suprême des Aedui (César, De bello gallicOyl, 16, 5) ; mot composé dé (^ergo-,v. bret, guerg « efficace, qui accomplit » et de breto-, irlandais breth « jugement ».
petorritum (Varron, chez Aulu-Gelle, XV, 30,7), char gaulois à quatre roues (Festus, extrait, p. 207) ; mot formé de petor-, en gallois m. pedwar^ i. pedair, « quatre », cf. le nom de ville de Grande-Bretagne ii£xouap(a ; irlandais cethir « quatre » ; et de ritum, cf. irlandais roth « roue >\, ou rith (( course », breton redek, gallois rhedeg « courir ». Petora signifie « quatre » aussi en osque.
candetum, mesure de surface valant cent pieds (Columelle. De re riist., V, i, 6 ; cf. Isidore, Orig.^ XV, 15, 6), est sans doute dérivé du mot signifiant « cent », gallois cant.
covinnus, char de guerre des Bretons (Mêla, III, 6, 52) et des Belges iLucain, I, 426), peut être rapproché du gallois cywein {=*co-vegno-) « voiturer » ; cf. aussi l'irlandais fén = *vegnos « chariot ». Ce mot a donné le dérivé laliu covinnarius.
eporedias Galli bonos equorum domitores vocant (Pline, Nat. hist. ^111,21, 123), sans doute composé deepo-,y. gallois ep, irlandais ech « cheval », et d'un mot de la même racine qaereda (ci-dessus, p. 63), en gallois eb-rwydd c( vif, rapide ».
acaunu-marga « marne pierreuse » (Pline, Nat. hist.^ XVII, 4, 44) est formé des deux mots celtiques acaunum et marga {voir p. 71).
glisso-margau marne blanche» (Pline, Nat. hist., XVll, 4, 46) a sans doute pour premier terme un mot apparenté à l'irlandais glés « éclat », gallois ghvys » pur ». Chez les Aestii, l'ambre s'appelle glesiim (Tacite, Germ. 45, cf. Pline, Nat. hist., XXXVII, 11,42.
rufius, sorte de lynx (Pline, Nat. hist., VIII. 28, 70), pourrait avoir quelque rapport avec l'irlandais rob « quadrupède. »
oùipTpaYoi, chiens rapides (TïoSwxetç) dans la langue des Celtes (Arrien, Cyneg., 3,6 ; cf. Grattius Faliscus, Cyn. 203-206), semble composé de i>er-, irl. for-, particule intensive, et trago-, cf. irl. traig « pied » ; en v. fr.
veltre.
Tpi(j.«pxi<iîa, ensemble de trois cavaliers (Pausanias, X, 19,11) ; composé de tri-, irl. tri u trois », et marcisia, dérivé de marca, gall. march a cheval ».
^er/îeiM5, plante herbacée (Marcellus, Demedic, IX, 181), est sans doute dérivé de *vern-, en irlandais jern, en gallois gwern « aulne ». Cf. le nom de lieu Vernetum. On trouve venia « aulne » {Corpus gloss. lut. lu, 596,35).
baditis, nom gaulois du nénuphar (Marcellus, De medic, XXXIII, 63) est sans doute parent de l'irlandais bàdud '< plonger », gall. boddi.
calliomarcus « pas-d'âne, tussilage » (Marcellus, i)e medic. , XVI, 101). Le second terme du mot est *marcos « cheval», gallois march : le premier termo pourrait être l'irlandais
68 >OMS COMMU>S
caill « sentier » (Glossaire de Cor mac). Cf. le nom de lieu Calle-marcium.
visumarus « trèfle » (Marcellus, De medic, III, 9), dont le second terme est marus, irl. mâr « grand ».
8poûYY<>; S^ p.jxTii^p e'touv p'jyx.°^ xaÀETTat en Galatie (Saint Épiphane. Ad haer., II, 1, 14). Ce mot est sans doute apparenté au gallois trwyn t nez « ; pour t = d, cf. irl. druim « dos », gall. tram.
dusii : demones quos dusios Galli nuncupant (Saint Augustin, Deciv. Dei, XV, 23), peut s'expliquer par l'irlandais duis (Glossaire d'O'Davoren) (1) « noble »>. Les dénominations honorifiques de ce genre pour les génies et les fées ne sont pas rares (2).
vernenietis quod quasi « fanum ingens » Gallica lingua refert (Fortunat, Cann., I, 9) ; composé de ver, qui semble une particule intensive, irl. jor, v. bret. wor, et de nemetis, irl. nemcd « sacellum ». Gf. Ver-nemetum en Grande-Bretagne et le nom de personne gallois Gor-nivet.
bagaudae, révoltés gaulois (Aurélius Victor, De Ca&s-., XXXIX, 17), cf. irl. bâg « combat ».
aremorici « antemarini quia are « ante » , mare a mare »? , morici « marini » (Endlicher) s'explique par are, irlandais air « sur » ; gallois et breton mor « mer », irlandais muir
(1) Wh. Stokes, Three Irish Glossaries : Cormac's Glossary O'Davorens Glossary and a Glossary to the Calendar of Oengus the Culdee, with a préface and index, London, 1862.
(2) On a rapproché ce mot du v. si. diicfiû « souffle » diisa « âme », lit. d^vnsè « souffle », dùsas « exhalaison », m. h. a. getwas > spectre » lat. lertdis. O. Schrader, Realle.ricon der In dogermanischen Altertumskunde , Grundziige einer Kultur- itnd Vôlkergeschichte Alteuropus, Strasbourg, 1901, p. 28.
= *mori. César (VII, 75, 4) semble traduire aremoricae p&T " quse Oceanum attingunt ».
arevermis « ante obsta » ? (Endlicher) contient aussi are-.
caio « breialo sive bigardio « (Endlicher), irl. câi « maison t, V. br. cai « haie » gallois cae =''cagio- ; fr. chai ; quai.
liigdunum : lugduno « desiderato monte » (Endlicher) ; (f lucidus mons » {Vit. S. Germ. Aiitess. IV, 2, 2) ; le second terme de ce mot est connu dans les langues celtiques : irl. dûn, gall. din « forteresse », en français dune.
treicle « pede » (Endlicher ; ms. ireide), à rapprocher de l'irlandais traig, gallois troed.
ysarnodori... Gallica lingua... ferrei ostii [Acia Sanct.f Ijun. I, p. 50). Ce mot peut, en effet, s'expliquer par wamo-, en irlandais iani = *isarno- « fer » et doro-, en breton dor « porte » ; doro « ostio « (Endlicher).
allobrogae : ideo dicti quoniam brogae Galli agrum dicunt, alla autem aliud, dicti autem Allobroges quia ex alio loco fuerant translati (Schol. Juvénal, VIII, 234) ; alla- est le vieil irlandais ail « autre » ; brog- est le vieil irlandais briiig « pays », cf. le gallois all-fro « exilé )).Broga a subsisté dans divers dialectes de la langue d'oc avec le sens de « bord, haie » (1).
Il y a des mots qui ne semblent pas avoir été conservés par les langues celtiques, mais qui, empruntés par le latin, se retrouvent souvent dans les langues romanes, où ils
(1) A. Thomas, Revue Celtique, t. xv, p. 216-219.
peuvent provenir soit du latin, soit du vieux celtique. Quelques-uns de ces mots ont passé du latin ou du français dans une ou plusieurs langues celtiques (1).
omasum « triperie » (Naevius, chez Nonius, p. 151, 1). mot latin donné comme d'origine gauloise par un grammairien {Corpus glossarioriini latinoru?n, II, p. 138, 29).
sagiis (Ennius, chez Nonius, p. 223. 30). Ce mot peut être d'origine celtique (cf. Isidore, Orig., XIX, 24, 13), mais il a été latinisé, et c'est du mot roman saga, fr. saie, que vient l'irlandais sâi <s tunique » ; le breton sae « robe » est emprunté au français.
caterva « troupe » (Plante, Cist. 510) formation stratégique des Gaulois d'après Végèce {Epit.,rei mi7.II, 2); mot gaulois d'après Isidore {Orig., IX, 3).
braca (Lucilius, 11, fragm. 303 ; Diodore, V, 30), âpx/s;, Ppà/.xa. (Hésychius) peut être d'origine celtique (cf. Hésychius), mais appartient, en tout cas, à un dialecte très différent de celui qui a donné le gallois gnregys par gn' et non par b ; il s'est répandu sous la lovmebraga dans toutes les langues romanes, par exemple, fr. braie, et a été emprunté par les Bretons Armoricains : bragou « culotte », et par les Gaëls : broc « chaussure ».
essedum, voiture des Gaulois, Belges et Bretons (Gicéron, Ad Trebat. epist., VII, 7, 1 ; César, De bello galL, IV, 32, o ; Virgile, Georg.,llk, 204; cf. Servius, /. c, qui en attribue l'usage aux Belges) ; cf, Mandu-essedum, Turv-
(1) Sur ces emprunts, voir J. Loth, Les mots latins dans les langues brittoniques, Paris, 1892 ; J. Vendryès, De hibernicis ^ocabulis qux a latina lingua originem duxerunt, Lutetiae, 1902,
LA Langue
cssediim; essedarius » Conducteur d'esseda ». Ce mot a été emprunté par le latin.
mannus^ petit clieval do trait (Lucrèce, III, 1063) des Gaulois (cf. Consentius, éd. Keil, t. V, p. 364, 1. 9). Est-ce le premier terme du nom de ville de Grande-Bretagne Mandii-essediim ?
lancea « javelot », mot emprunté par les Romains aux Hispani, d'après Varron (Aulu-Gelle, XV, 30, 6. Cf. Dîodore, V, 30).
laena, laina, vêtement de dessus fabriqué en Gaule (Strabon, IV, 4, H ; cf. Isidore, Orig., XIX, 23, 1) ; c'est peutêtre le grec yXatva.
marga « marne " fPline, Nat. hist., XVII, 4, 42); le mot français vient du diminutif margula, v. fr. marie ; le breton marg doit être emprunté à quelque dialecte français.
haliis « symphytum » (Pline, Nat. hist., XXVI, 42, Sq; XXVIT, 26, 41) n'est donné expressément comme gaulois que par Marcellus (De medic, XXXI, 29). Le texte des manuscrits de Pline porte : (« halus autem quam Galli sic (corr. sil) vocant > ; sil est d'origine obscure.
sâpo, teinture employée par les Gaulois pour rougir leurs cheveux (Pline, Nat. hist., XXVIII, 51, 191). Ce mot a pénétré dans les langues romanes, par exemple, fr. savon, qui, par contamination avec bret. soaff < sébum », a donné le breton soavcn, saon.
çettonica (var. bettonica) « bétoine » (Pline, Nat. hist., XXV, 46, 84 ; Celse, V, 27, 10) n'est conservé que dans les langues romanes. Cf. Vettones, nom d'un peuple d'Espagne.
IVOMS COMMUNS
alaiida « alouette », mot gaulois d'après Suétone, {Caes. 4, cf. Pline, Nat. hist.,Xl, 44, 121) n'est conservé que dans les langues romanes, par exemple : v. fr. aloue.
viriolae « bracelet » en celtique ; viriae en celtibère (Pline, Nat. hist., XXXin. 12, 40) ; fr. i>irole.
candosoccus, mss. candosoccos, var. ando occos a marcotte de vigne » (Columelle, De re rust., V, 5, 16) semble avoir pour second terme le mot roman qui, sous sa forme féminine, a donné le français « souche >> ; l'irlandais soc, gallois swch, signifie « soc de charrue ».
bascauda (var. mascauda), vase breton (Martial, XIV,
89) ; v. fr. baschoe.
larix, nom du mélèze dans la Gaule subalpine (Dioscoride, I, 92), est conservé en italien et rétoroman. Est-co une transcription latine d'un mot celtique correspondant à l'irlandais dair, gén. darach « chêne »"/
menia « menthe k, mot d'origine gauloise d'après Apulée {De herb., 91), a passé en latin, et de là, par emprunt savant, dans les langues celtiques : gaélique nieannd, breton metit, irlandais miontas.
baccar, « asaret », nom gaulois d'après Dioscoride (1, 9), passé en latin (Virgile, Bac. IV, 18) ; le gaélique bachar, digitale, est d'origine savante. Le nom supposé gaulois est plutôt grec ou sémitique (1).
salianca, nom du nard chez les peuples des Alpes, var. aa/.iojYxa, àXtou-j-Y^»» àÀiojàjy.a (Dioscoride, I, 7, 9, cf. Vir-
il) J. ZwicKER, De i'ocabidis et rébus gallicis sive tratispadanis apud Veri^iliiim, Lipsiœ, 1905, p. 51-54.
gile, Bue. V, 17), a passé en latin. Cf. SaXiô^xavoc XtjjLVjv en Gaule (Ptolémée, II, 6, 52). Ge mot peut être ligure (1).
leiiga (var. leuca^ leiiva), mesure gauloise (Itiner. Ant. ; Saint Jérôme, in loel, 3, 17 ; Ammien Marcellin, XV, 11, 17), conservé dans les langues romanes, fr, lieue, a passé du français en breton : léo.
gigarus « serpentaire » (Marcellus, De medic, X, 58) est conservé dans l'italien gicaro « pied-de-veau », Arum.
cavannus « chat huant », mot gaulois d'après le scholiaste de Berne (Ad Virg., Bue. VIII, 55). Le moyen breton eouan est emprunté au français. Le gallois euan est peut-être d'origine celtique, si eavannus n'est pas d'origine latine
gnatus « filius », lingua gallica {Corpus gloss. lat., V, p. 635, 3). L'irlandais g/^rf///, gallois gnawd « accoutumé >, semble être un mot différent. Gf nate, p. 80.
Mais le plus grand nombre des mots donnés comme celtiques par les auteurs de l'Antiquité ne peuvent s'expliquer par les langues celtiques et ne sont pas conservés par les langues romanes. Tels sont :
padi « sapins », donné comme gaulois chez Métrodore de Scepsis (Pline, Nat. hist., III, 2u, 122).
taxea « lard » (Afranius, fragm, 284), domné comme gaulois par Isidore {Origines^ XX, 2, 24).
urus « bœuf sauvage » (Gésar, VI, 28) donné comme gaulois par Gaecina chez Macrobe {Sat. VI. 4, 23). Gf. le nom de lieu Uro-magus.
(1) Cf. .T. -A. GuiLLAUD et A. Cuny, Revue des études anciennes, t. XI, p. 246-252 ; 364-365 ; xii, 183-185.
74r NOMS COMMUNS
Cimhri lingua gallica latrones dicuntur (Paul Diacre, extrait de Festus, p. 43). Mais Plutarqae {Marins, \\) donne le mot comme germanique.
ceva (var. geua), espèce de vache de la Gaule cisalpine (Columelle, VI, 24, 5).
marcus ou emarcus « vigne médiocre », mot employé en Gaule (Columelle, III, 2, 55).
casnar (var. casamo) « affectator » ou « assec(âtôf » (Quintilien, Institui., I, 5, 8).
Xoùyoc « corbeau » (Clitophon, chez lePseudo-Phitarque, Des fleuves, VI, 4). Ce serait, d'après Clitophon, le premier terme de Lugdunum (1).
£[ji7:ov:?,v... « k),).r,v'.(Txl 'T,ptut8a )i (Plutarque, Erot., 25). C'est le nom ou le surnom delà femme de Sabinus, ailleurs appelée Epponina (Tacite, Histoires, IV, 67), n£7:ov;XXa (Dion Cassîus, LXVI, 16).
exactim, espèce de centaurée (Pline, Xat. hist., XXV, 31, 68) ; il est douteux que ce mot soit, comme le suppose M. Ernault, apparenté au breton eaiig « roui », car Pline explique ce mot par « qui fait évacuer ».
glastiiDi, pastel (Plhic, ?\at. hist., XXII, 2, 2), a peutêtre quelque rapport avec l'irlandais glas « vert, gris » et le breton glas « vert, bien ».
passernices, pierres à aiguiser, dans la Gaule transalpine (Pline, Nat. hist., XXXVI, 47, 165).
limeiim « cervarium », herbe fournissant un poison dans
(1) Voir A. HoLDER, Le mot soi-cUsant gaulois }.o~jyoç, Revue celtique, t. xxvi, p. 129.
ÎA LANGUE 75
lequel les Gaulois trempent leurs flèches (Pline, Nat. hist., XXVII, 76, 101), ellébore.
plaumoraii, corrigé en ploum Raeti, charrue à deux roues des Rètes (Pline, Nat. hist., XVIII, 48, 172).
rodarum, nom gaulois de la Spiraea ulmaria (Pline, Nat. hist., XXIV, 112, 172).
samolum (var. samosum, famosum), nom gaulois du séneçon (Pline, Nat. hist., XXIV, 63, 104).
cela, sorte de céréale semblable à la sésame, en grec ip'j(jt|jtov (Pline, Nat. hist., XXII, 75, 1S8).
cruppellarii « gladiateurs gaulois cuirassés » (Tacite, iA?inales, III, 43) ; il semble difficile de rattacher ce mot au gallois crwb a bosse ».
galba « praepinguis » (Suétone, Galba, 3).
Tiéxpivo;, Ç'jvYjfJia, xoXoûtSYov (var. axoXojxEyov) façons de
lancer le javelot chez les Celtes (Arrien, Tact., XXXVII, 4; XLII, 4 ; XLIIl, 2).
^EXiou/.âvoa;, nom gauloisde ïAchillea millejolium (Dioscoride, IV, 113), beUocandium (Apulée, De /lerè., 89). Peutêtre le second terme serait-il le celtique ca^ic^o-, bret. cann « blanc ».
betilolen, nom gaulois de la bardane (Apulée, De herb.,
^iXivouvxîa (Dioscoride, IV, 69), bellimintia (Apulée, De herb., 4), « jusquiame »,tire peut-être son nom de Belenus, lom d Apollon en celtique ; cf. Apollinaris, nom de la nème plante en latin.
iNOMS COMMUNS
holusseron (var. holus serron, -sellon), nom gaulois du lierre noir (Apulée, De herb., 99).
haematites {Apulée, De herb.^ 49) « héliotrope » semble un mot grec.
oualidia « camomille » (Apulée, De herb., 23).
oùaoup(|ji « lauréole » (Dioscoride, IV, 147), usuben, var. eugubim (Apulée, De herb., 28).
Ttovép. (( armoise » (Dioscoride, III, 117).
titumen « armoise » (Apulée, De herb., 10).
lira a satyrion orchidée » (Apulée, De herb., 16) semble être le grec oùpâ.
Tap§T,Xo8â9iov var. xapPrjXoOàSiov « plantain » (Dioscoride, II, 152). Une très ingénieuse correction de Zeu8s(l) a transformé ce mot en Tapootaoàtiov, qui pourrait s'expliquer par le gallois tarw « taureau > et tafod « langue » .
vigentiana « millefeuille » (Apulée, De herb., 89) semble un mot latin. Dioscoride (UI, 138) dit oJîyvTjTa.
àvEij/â, li.'^vio^ « hellébore blanc » (Dioscoride, IV, 145), laginen (ace.) chez Pline [Aat. hist., XXIV, 89, 139).
aXêoXov « Galeopsis» (Dioscoride, III, 33) semble le latin albulum.
(TXTrâva (var. xépxEp) « mourou des champs > (Dioscoride, II, 209).
x(ipva « aigremoine » (Dioscoride, II, 208).
•yeXaaovÉv « cotonuière » (Dioscoride, III, 122).
îoo;jL6apoJ|jt « hellébore noir » (Dioscoride, IV, 16).
(1) Grammatica celtica, 2^ éd., p. 77.
'ouTCt/iXXoujov « genévrier » (Dioscoride, I, 103), semble une corruption du latin juniperus. *
[jtEoiaeijjiôp'.ov « mélisse » (Dioscoride, III, 108) n'a sans doute aucun rapport avec l'irlandais semar « trèfle ».
TîïTTêpà/.ioujji « iris des marais » (^Dioscoride, I, 2), piperapium (var. piperatium) chez Apulée {De herb., 6) semble latin.
axouêoûXoufx « morelle noire » (Dioscoride, IV, 71).
c7ou6''tt)i; var. ao'jtj3(xr,; « lierre » (Dioscoride, II, 210) me semble difficile à rapprocher de l'irlandais suibh « fraise >, gallois syfi « fraises » .
laupojy. « glaïeul » (Dioscoride, IV, 99).
Oéttjjiov «clématite » (Dioscoride, III, 6).
9û)va « grande chélidoine » (Dioscoride, II, 211).
Sojxwvé « hièble » (Dioscoride, IV, 172), ducone (Apulée, De herb., 92). Cf. odocos, ci-après.
Taaxô; uap' aùxoT; (en Galatie) iriaaaXo; « pieU » /.aXeïxat
(Saint Épiphane, Adhaer., II, i, 14).
blutthagio, nom gaulois d'une plante marécageuse (Marcellus. De medic.y IX, 132).
bricumum, nom gaulois de l'armoise (Marcellus, De med., XXVI, 41). Cf. ponem (p. 76).
calocatanos « coquelicot » (Marcellus, De medic, XX, 68) semble un mot grec.
gilarus « serpolet » (Marcellus, De medic, XI, 5),
/O NOMS COMMUAS
odocos (1) « hièble » (Marcellus, De medic, Yll, 13).
laurio « pervenche » (Pline Valérien. De re med., I, 33) est, sans doute, d'origine latine comme le mot savant gallois llawrig « pervenche ».
picatus, ace. pi. picaîos (var. pecatos, pictas), sorte de bateau chez les Bretons (Végèce, Epit. rei mil., IV, 37).
\jç « chêne à kermès » chez les Galates (Pausanias, X, 36, I).
'Avopâatr, (var. àSpàaTT;, àvSâxrJ, nom de la Victoire chez les Bretons (Dion Cassius, LXII, 6, 7) est, peut-être, un nom grec traduisant un mot celtique inconnu.
àyaajaToî, chien de chasse breton (Oppien, Cyneget., I, 470;.
volema Gallica lingua bona et grandia dicuntur (Servius Ad Georg. II, 88). Voir ci-dessus, p. 53.
cecos ac césar (var. caesar) quod Gallorum lingua « dimitte » significat (Servius, Ad Aen., XI, 743).
i>irga « pourpre » en langue gauloise (Servius. Ad Aen. VIII, 660).
Alpes, quae Gallorum lingua « alti montes » vocantur (Servius, Ad Aen., IV, 442) ; omnes altitudines montium HcetaGallisAlpesvocentur(.4(/.4(';/.. X, 13). Festus d'après Paul Diacre (p. 4) explique ce mot par le sabin nlpus, latin albus. Alpes ne semble pas être un mot gaulois (2).
(1) Sur ce mot et surSouxtuvè qui en est sans doute une déformation, voir A. CuNY, Mémoires de la Société de linguistique de Paris, t. XVI, p. 327.
( ) A moins que Alpes ne soit pour Albes. J. Loth, Annales de Bretagne, t. xxii, p. 157.
LA LAiNGUE 79
âépàvac (corr. àêâvaç), nom du singe chez les Celtes (Hésychius). Peut-être ce mot est-il emprunté au germanique *apan, ail. Affe.
}v£;o'jcj|jiaxa t] Xsyojafjiaxa, sorte de cuirasse chez les Ga lates (Hésychius).
sjjiSpexTÔv, sorte de soupe chez les Galates (Hésychius) semble un mot grec ; cf. l^èpix^:^ « tremper ».
xupxtà; : KeXtoî làn; àaTitSaç (Hésychius), cf. caetra.
xapTafiépa, vulgairement xaprâXafiov, nom de l'ensemble du ceinturon chez les Gaulois (Laurentius Lydus, Des magistratures, n, 13).
xXonla;. var. /.ÀtuTit'a; (poisson de la Saône, sans doute lotte (Laurentius Lydus, De Vannée et des mois, S, cf. Boissonade, Anecdota grœca, t. I, p. 417). Le Pseudo-Plutarque, Des fleuves, 2, 2, écrit jxo)-Ô7i'.5o<; qui est un mot grec.
pâppojv (= Varro) « courageux », en langue celtique (Laurentius Lydus, Desmag., I, 12 ; 23 ; citant Hérennius).
cisium, voiture gauloise à.deux roues (Schol. Gronov. ad Cic. Rose. Am., VH, 19).
tuceta (var. tuccefa] « porc farci », en Cisalpine (scholiaste de Perse, II, 42). On a rapproché de ce mot l'ombrien toco (1).
hrodanus : roîh « violentum », dan et in gallico et in hebraeo judicem (Endlicher).
brio « ponte » (Endlicher), cf. Brii>a Isarae « Pontoise » it Samaro-briva.
(1) BnÉAL, Les Tables Eugubines, p. 259.
amhe ■> rivo j- ; inter ambes » in ter ri vos » (Endlicher).
arîam « paludem » (Endlicher).
onno « f lumen » (Endlicher).
nate « fili » (Endlicher). C'est le mot latin ; à moins qu'il ne s'agisse de filiim, « fil », irl. snâth. Voir ci-dessus, p. 73, gnatus.
mastruga lingua Gallica dicitur vestis ex pellibus ferarum facta (God. Bern. 386, f. 18 a).
(igaiinum, interpretatione Gallici sermonis « sa.xum » dicunt(-4d. Sand., 22 sept. VI, 2i^)\agaunus vester Gallico... sermone... petra (.4c/. Sanct.,%% febr., Ill, 741
a) ; cf. acaunumarga.
Les auteurs anciens ne nous ont pas donné le sens des mots suivants :
Tau gallicum (Virgile, d'après Quintilien, VIII, 3, 28), sans doute, la lettre T, dont la forme est celle d'un gibet. Il semble bien que, comme le remarque Rogetde Belloguet, le thau de Grégoire de Tours {Hist. Franc, IV, 5), signe qui apparut sur les murs des maisons préservées de la peste, soit la lettre hébraïque, par allusion au passage de la Bible (Ezéchiel, IX, 4, 6).
.4/ Geltarum (Ausone, Technopaegn., XIII, 5) : Die quid significent Catalepta Maronis ? In his al Geltarum posuit, sequitur non lucidius tau. Nous n'en savons pas plus qu'Ausone.
2° Mots vraisemblablement donnés comme celtiques.
Quelques-uns de ces mots existent dans les langues celtiques :
|jiavLâ/,T)<;, collier gaulois (Polybe, II, 29,8 ; 31, 5), en irlaudais muiiice = *monikia ; en vieux gallois minci.
esox a saumon » (Pline, Nat. hist., IX, 17, 44), en moyen breton ehoc, gallois eog, irlandais eo = *esocs-s.
coccum a Galatiae rubens granum » (Pline, Nat. hisL, IX, 65, 141), gall. coch « rouge », à moins que ce dernier ne soit emprunté au latin.
becco « bec de poule » à Toulouse (Suétone, VitelL, 18) ; ce mot est conservé par quelques langues romanes. Le breton bec est emprunté au français ; le gaélique beic est peut-être emprunté à l'anglais.
Cimenice [regio], adjectif dérivé de KÉ|a[a£vov, Gebenna, Cevenna « Cévenue », signifie, d'après Aviénus(Or. marii., 622) : « mons dorsa celsus ». Cebenno — , cemeno — correspond au V. gallois cemn, gall. mod. cejn a dos ».
liiDia, sorte de manteau (Isidore, Orig., XIX, 23,3), en irlandais lenn, gallois et breton lenn « saie, couverture ».
giilbia (var. gubia, giilvia) « bec » (Végèce, Mulomed., I, 26, 2; Isidore. Orig., XIX, 19, 15), en irlandais gulba 4 bec », cf. gallois gylfin, breton golvan « passereau » ; en français gouge.
nimidae : de sacris silvarum quas nimidas vocant {Indic. super stit. et pagan.{\)\ en irlandais nemed « sanctuaire », qui est sans doute aussi le second terme de Ôpj-vi(jiexov (Strabon, XII, 5, i) lieu de réunion du conseil des Galates ; cf. ver-nemetis, Dru -talus.
(1) BoRETius, Capitula ria reu,Hm Francorum, p. 223, 1. G ; cf. p. 69, 1. 39-42.
G. DoTïi.N. — Manuel de V antiquité celtique. b
tunnel, tonna {Ada san do mm, Febr. I, p. 202 c) sorte de récipient ; irl. tond, « peau », gall. ton ; en provençal tona.
vidiibiiini : marrae vulgo vidubia dicuntur (scholiaste de Juvénal, III, 311); glosé par ?fy.£À>.or « hoyau » (Corpus glossarioruin latinorum, III, p. 368, 64) ; v. irl. fidba « falcastrum », gall. gwyddif « serpe « ; fr. voiigc.
taratrwn « tarière » (Isidore, Orig., XIX, 19, 15), en irlandais tarathar, en gallois taradr, breton moyen tarazr.
D'autres mots peuvent s'expliquer par les langues celtiques :
medio-lannni « vocatuin ab eo quod ibi suo « aiedio ianea » perhibetur inventa » (Isidore, Orig., XV, i, îi7) ; le premier terme de ce mot peut être celtique ; irlandais Mide, nom de la province centrale de l'Irlande. Pour Sidoine Apollinaire [Epist., VII, 17, 2, 20) l'explication de ce mot est tout autre : ;< quae lanigero de sue nomen habent ».
gutnater, espèce de prêtre {De bello gallico, VIII, 38 ; cf. Revue épi graphique, t. II et VI) a vraisemblablement pour premier terme un mot identique à l'irlandais guth « voix », cf. guide « prière » ; le second terme est comparable h -<itr qui entre dans la formation d'un grand nombre de noms propres bretons et qui peut correspondre à l'irlandais af/iir « père» (1).
D'autres mots n'ont subsisté que dans les langues romanes. Tels sont :
pontones « genus naviutn gallicarum » (César, De hell. cii>., III, 29), en français ponton. Est-ce un mol latin'?
(1) J. LoTH, Revue celtique, t. xv, p. 224-227, t. xxviii, p. 119-121.
materis {\SiV. fnataris), sorte de javelot (Sisenna, chez Nonius, p. 556), v. fr. mettras.
betulla « bouleau.) (Pline, TVa/. Jiist., XVI, 30, 74); conservé dans les langues romanes, fr. boule. Le gallois bedw, breton bézô semblé dérivé de la même racine.
cervesia « bière » (Pline, Nat. hist., XXII, 82, 164), conservé dans les langues romanes, ff . cervoise. Voir cidessus /.6p[JLa, p. 62.
ciicullus (var. cuculla « capuchon ^ (Columelle, I, 8, 9 ; Santonico cucullo, Juvénal, VIII, 145), mot adopté parle latin, qui dii latin a passé dans les langues romanes, fr. coule, et dans les langues celtiques : irl. cocull, bret. cougoul.
bardo-cucullus , capuchon de barde en Gaule (Martial, I, 53, 5), a pour premier terme un mot celtique (v. p. 62).
sparus « lance » (Lucilius d'après Festus, p. 330), mot passé en latin et en germanique, et de Là en gallois : ysbar.
balma « grotte »^ Gallico ut reor sermone sic vocatam {Act. Sanct., 28 febr. IIJ, p. 746 a), conservé dans les langues romanes ; v. fr. balme.
tarinca (var. taringa) instrument de supplice {Ad. Sanct. 31 oct. XIII, p. 783 a), fr. taranche (1).
mercasius : loco qui prisco vocabulo propter genuinum lacunar gemellus mercasius nuncupabatur (Act. sanct. 30 Aug. VI, p. o82 d). v. fr. marchois « marais ».
olca, champ fertile, en Champagne (Grégoire de Tours, In glor. conf., 78) ; fr. ouche.
(1) A. Thomas, Mélanges d'élyniologie française, Paris, 1902, p. 149.
brogiliis (( bois » en langue vulgaire (Capitiilare de i'illis^ ch. 46) ; c'est le mot roman bien connu représenté en français par breuil et sans doute apparenté au celtique *brogi (V. p. 69).
camisia, vêtement des soldats et des prêtres (Saint Jérôme, Epist. LXIV, II) mot de provenance germanique emprunté par le celtique et le latin et passé du latin dans les langues celtiques [iTi. caimse, gall. Ae/i/^) et dans les langues romanes, fr. chemise.
D'autres mots, enfin, n'existent pas en celtique et n'ont pas subsisté dans les langues romanes :
aÀxY], alce (var. altes), élan (César, DcBell. galL, VI, 27 ; Pausanias, V, 12, 1) C'est sans doute le germanique alcis.
amellus « plante » (Virgile, Georg., IV, 271 ; cf. Servius).
pilefUum, sorte de voiture (Virgile, .£'//., VIII, 665 ; Ho race, Epist., II, i, 192) ; chez Isidore, ce mot est donné comme synonyme de petorriiiim {Or., XX, 12, 4),
atinia, espèce d'orme en Gaule (C^lumelle, De re riist., V, 6, 2).
rumpotinui', arbre servait à soutenir la vigne (CoIhmelle, De re riist., V, 7, 1).
arinca, sorte d'épeautre en Gaule (Pline, Nat. hisL, XVIII, 19, 81).
colisatum, espèce de voiture (Pline, Nat. hist., XXXIV, 48, 163).
caeira (var. cetra), bouclier (Varron chez Nonius, p. 82, 12) espagnol (Tite Live, XXI, 27, 5) et breton (Tacite, Agr., 36) ; y.aÎTpïa;, bouclier ibère chez Ilésychius.
ploxenum « coffre de voiture » en Gaule cisalpine (Quintilien, Inst. or., I, 5, 8).
murmillo (var. myrmillo, mirmillo), sorte de gladiateur armé à la gauloise (Festus, p. 285 ; Scholiaste de Ju vénal, VIII, 200). Mais ce mot semble venir du grec ;rjpa'.5tov.
euhages (var. eubages), sorte de prêtre gaulois (Ammien Marcellin, XY, 9) ; c'est sans doute le grec îj^yt^c, de même que olitf.i (Strabon, IV, 4, 4) est vraisemblablement le latin çates, bien que ce dernier mot ait pu être emprunté par les Latins aux Celtes ; cf. irl. fâith = çâlis (1). Windisch (2) regarde euhages comme une mauvaise lecture de
caracalla, vêtement (Aurélius Victor, Epit. XXI, 2).
cateia, arme de jet germaine et gauloise (Seryius, Ad Aen., VII, 741 , que, d'après Isidore ((9 ngr. XVIII, 7, 7), les Gaulois et les Espagnols appelaient teuiona. Le gallois ratai « hache, massue » est sans doute un mot emprunté.
3° Mots qui ne sont^pas donnés comme celtiques.
Quelques mots dont aucun écrivain de l'Antiquité n'indique la provenance s'expliquent assez facilement par les langues celtiques. Ce sont :
caballus « cheval » (Lucilius, Sat. III, 70), irl. capall,, v. gall. bret. caçall.
gabalus « gibet » (V^arron, Sat. Men., p. 165, 24), irl.
(1) J. ZwicKER, De i'ocahulis et rébus Gallicia sive transpadanis apud Vei gilium, p. 50.
(2) Tûin Bô Cu(ilns;e, p. xli.
gabul, gall. gafl, bret. gavl « fourche » ; sans cloute les mots français javelle, javelot sont apparentés à ce mot.
carpentum « char », mot latin sans doute emprunté aux Gaulois (cf. Arrien, Tact., 33), en tout identique à l'irlandais carbat ; cf. fr. charpente, gall. carfan, bret. carcan « cadre ». On le trouve dans Carhanto-rate, var. Carpentorate et dans Kap^avxô-p'.Yov.
carras (1) a char » (César, De hello Gallico, \, 24 ; Tite Live, X, 28, 9 , en irlandais et en breton carr, français char ; on ne peut décider si ce mot n'est pas venu au celtique moderne par le latin. Il en est de même de carruca « voiture à quatre roues » d'où fr. charrue.
cantiis, <( cercle de fer de la roue (Quintilien, Inst., 1, 5, 8j, en breton kanl « cercle », gallois cani « bord d'un cercle », prête à la même observation.
"opxo; « chèvre sauvage » (OppieniCî/«.II,296) en gallois iwrch, bret. ioiircli « chevreuil ».
naiisiim, sorte de navire (Ausone, Episl., XXIT, i) peut être comparé à l'irlandais naii a navire ».
cattiis u chat » (Martial, XIII, 69, 1), nom propre gaulois Cattos, en irlandais cat, gallois cath f., breton caz, mais existait aussi dans les langues romanes et n'est pas nécessairement d'origine celtique.
beber « castor » (Priscien, V, 14), gaélique beabhar, cornique befer ; en français bièvre. Cf. Bebriaciim (2) « locus
(1) M. A. Meillet me fait remarquer que ce mot existe aussi en arménien : karkh.
(2) L. Herr, Betriacum-Bebriacum, Res'ue de philologie, t. XVII (1893), p. 208-212. Cf. H. d'Arbois dk JunAiNvii.i.E, Re\>ue celtique, t. xxvii, p. 340-342,
LA LA.NGUE
castorura » (Tacite, Hist. II, 24 ; Juvénal, II, i06, Scbol. ad II, 106 ; cf. Schol. ad XII, 34; Eutrope, VII, 17).
paraveredus « cheval de trait » (Cod. Justinien, XII, 50, 2), conservé dans les langues romanes, fr. palefroi, prov. palafre, est un mot hybride, dont la seconde partie cerediis, qui existe aussi à l'état indépendant (Festus, p. 372), correspond au gallois go-rwydd « coursier ».
iannare « tanner » {Corpus gloss. lut., II, p. 566, 14) est peut-être apparenté au breton tann « chêne ».
capanna « cabane » (Isidore, Orig.^ XV, 12, 2) ; le gallois cahan « hutte » est emprunté au français par l'intermédiaire de l'anglais.
curnba « locus imus navis » (Isidore, Orig., XIX, 2, 1), ga.\\. cwrti « vallée », fr. combe. Cf. Ciimba, nom de lieu.
drungos : drungos hoc est « globos » (Végèce, Epit. rei mil., III, 16) ; irl. drong n troupe », v. br. drogn.
beriila « cresson », donné comme latin par Marcellus {De Medic. XXXVI. 51) répond à l'irlandais hinir, bilar ; gall, berwr, bret. bêler ; Tv. berle.
darsiis « Oard » poisson chez Smaragdus, en breton dars qui est sans doute emprunté au vieux français (1).
D'autres mots ne sont conservés que par les langues romanes, et on ne peut donner aucune preuve de leur origine celtique,
alausa « alose » (Ausone, iMos., 127).
ti}ica (' tanche » (Ausone, Mos., 125).
(1) A. Thomas, Romania, t. xxxvi, p, 91-90.
gambn « jambe » (Végèce, Mulomed., II, 28, 38), est sans doute apparent au celtique camho-, gall. cam, irl. CiiDim « courbe », de même que camhiitta « bâton pastoral » {Monument a Germaniaehistorica, Scriptores rerum Merovingicarum, t. iv, p. 251, 39).
gnnna « robe » (Anthol. lat., 209, 4), v, fr. gonne, d'où le gallois gwn par l'intermédiaire de l'anglais gown.
Une classification des mots celtiques que nous venons d'énumérer peut offrir quelque intérêt.
Le plus grand nombre de ces mots proviennent du Pseudo-Apulée et de Marcellus de Bordeaux et désignent des végétaux employés dans la pharmacopée antique. Presque toutes les familles y sont représentées, autant du )noin8 qu'on admet les identifications qu'en ont données les botanistes modernes : amentinées {vernetus^ hetulla), urticinées {atinia), lauracées (usubim), rosinées {rodarum), légumineuses (oisumariis), nym^héinécs {baditis), crucifères (glastum^ beriila), papavéracées (/Aona, c«/oro/a/?o,ç), renonculacées {boliisseron, subites, theximon), borraginacées (haematites), solanacées (biîinuntio, scubulum), labiées (//?er?/a, gilarus), primulacées {sapana, cercer), caprifoliacées {scobien, ducône, odocos), composées {beliucanUas, ualidia, ponem, bricumum), graminées (sasia, coccum, arinca), aroïdées (gigarus), iridacées {peperacium), gymnospermes {larix, padi, jnpicelluson), cryptogames {raiis).
Les noms d'animaux sont moins nombreux ; ce sont des noms d'animaux domestiques : chiens : vertragus, agassaios ; chevaux : marca, mannus, caballus, parai'eredus ; chat : cciUus: bêtes à cornes : ceca ; ou d'animaux sauvages : mammifères : ruftus, urus, alcr, abranas, beber ;
oiseaux : alauda, lugos; poissons : clopia^, esox, alausa, tinca, darsiis.
On trouve aussi quelques noms de parties du corps : drnngos, treide, gamba, becco, giilbia et des adjectifs de qualités physiques : galba, varrôn.
Les noms qui nous intéressent le plus sont ceux qui se rapportent à la civilisation :
habitation : lautro, caio, capanna.
alimentation : corma, brace, cervesia, omasum, Uixea, luceta, arùica, coccum, sasia, cela.
vêtement et toilette : sagas, braca, laena, linna, ciindliis, bardocnmlliis, caracalla, gunna, sapo, viriolae, maniaces, bulga.
outils : passernices, plaumorati, vidubium, taratrum,
ti!scos,tarînca, gabalus.
vases : hascaiida, tunna.
voitures : reda, henna, petorritum, covinnus, essedum, cisium,, pilentiwi, colisatum, carpentum, carrus, cantus, ploxenum.
navigation : picatiis, pontones, nausiim., cumba.
mesures de longueur et de surface : arepennis, candetum
If II g a.
société : bardiis, ambactus, druidae, euhages, vergobretns, casiiar.
famille : gnatiis^ nate.
guerre : formations stratégiques : trimarcisia, caterva, rnleia, drungos ; armes offensives : gaesa, lancea, petrinos, xi/nêma, tolutegon, materis, spams, cateia ; armes défen-
yU INSCRIPTIONS GAULOISES
sives ; njrlids, ccietra, cnrtamera, cnippeJlarii ; forteresse : diino?}.
musique : camon, chrotta.
agriculture : les noms d'animaux domestiques ci-dessus; les mots relatifs à l'alimentation, au vêtement, aux outils ; aux mesures ; aux engrais : acauniimarga, glissomarga ; aux diverses espèces de terrains : nanto, anibe, o?ino, anam, agaiinum, balrna, mercasius^ olca, hrogilus, herula.
commerce et industrie : cambiare, tannare.
religion : diisii, Adrastè, nimidae, giituater, druidae, euhages.