IV. Mors DU VIEUX CBLTIQUR RBSIITUéS PAR LA LiriGU'STIQUB
Parmi ces mots, les plus intéressants pour nous sont ceux que l'on peut attribuer au celtique continental. Les seuls mots celtiques dont l'existence sur le continent puisse être démontrée sont ceux qui ont persisté à la fois dans les langues celtiques et dans celles des langues romanes qui sont parlées dans des pays jadis occupés par les Celtes. Nous nous bornerons ici à relever les mots qui existent à la fois dans les langues celtiques et en français ot dont une liste dressée avec soin figure dans le Dictionnaire général de la langue française de Darmesteter. Hatzfeld et A. Thomas (1). L'étude des mots français présente une difficulté particulière parce qu'une langue celtique, le breton, est encore parlée en France et que le breton a emprunté an français un grand nombre de mots, tandis que le français lui même empruntait quelques mots au breton. Lorsqu'un mot existe à la fois on français et en breton, il est doncpossible que ce soit un mot d'emprunt dans l'une ou l'autre langue ; la phonétique historique permettra le plus souvent de résoudre la question (2). La présence du mot en question en gallois peut, dans une certaine mesure, démontrer l'ori gine celtique ; il est toutefois possible que le mot gallois soit un terme anglo -normand emprunté à l'anglais. L'hypollièse d'un tel emprunt sera moins vraisemblable en irlan-
(1) Traité de la formation de la lans.ue française, p. 11-12.
(2) Pour l'étude des mots bretons, consulter V. Henky, Lexique étymologique des termes les plus usuels du breton moderne, Rennes, 1900.
dais. La plus grande somme de probabilité en faveur de l'origine celtique sera donc réalisée seulement quand un mot sera conservé à la fois en gaélique, en brittonique et en français. Voici les principaux mots vieux-celtiques que l'accord du français et des langues celtiques permet de restituer (1) :
* harga- : irl. barc « barque » ; fr. barge.
* barica- : fr. berge ; en gallois on a bargod =* baricât « bord j>.
* bilio- : irl. bile « tronc d'arbre » ; fr. bille.
* branno- : gall. brann ; bret. brenna son » ; fr. bran.
* bris- : irl. brissim ; fr. briser.
* brozdo- : irl. brot « pointe, aiguillon » ; bret. broz « jupe » ; fr. broder.
* clëta- : irl. cliath : gall. dwyd « claie » ; d'où le baslatin clêta, fr. claie.
* cambita- : br. c.amhet ; fr. jante. Voir cambo- (p. 110).
* camino- : n'est conservé que dans les langues romanes : fr. chemin ; mais est certainement apparenté à lirl. céimm ; bret. kamm a pas ».
* derveità : br. derçoed dartres ; fr. dertre, dartre.
' drillo- : gall. dryll « morceau » ; fr. drille « lambeau d'étoffe » ; cf. bret. draill, corn. dral.
* dlnto- : irl. dlnth « épais » ; fr. dru.
(1) Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Eevue celtique, t. xviii, p. 103-107. W. Meyer-Lubke, Romanis'^hes etijmologisches Wôrterbuch, Hcidclbcrg:, 19!!-l9l4.
* garri- : irl. gairri a mollets » ; bret. garr « jambe » ; gall. garr « jarret » ; d'où le dérivé fr. jarret.
* gatali- : bret. gadal « débauché », v. fr. jaal, jaelise ; prov. gazai.
* gobo- : irl. gob « bec, » d'où en français gober, gohet.
* gravo- : gall. bret. gro « sable, » d'où la forme féminine fr. grève.
* grenna- : irl. grenn « barbe », bret. grann. « sourcil, cil », prov. gren, y. fr. grenon.
* ivo- : irl. eo ; gall. yw ; fr. if.
* landa- : irl. land, gall. llun « parvis » ; fr. lande.
* mesga- : irl. medg « petit lait » ; gall. maidd ; fr. mègue.
* mue- : irl. mi'/chaini « je cache » ; v. fr. inucicr.
* pario- : gall. pair « chaudron » ; prov. pairol.
* rica- : irl. rech, gall. rhycJi « sillon » ; fr. raie.
* rocca : bret. rocli ; fr. roche.
" riisca : v. irl. ruse « écorce » ; fr. ruche ; le breton riisk « écorce, ruche » a subi l'influence du mot français, car à II irlandais répond i breton, et la forme galloise est
rh isg .
* sesca- : irl. seisc, gall. hesg « laîche » ; v. fr. sesche.
* socco- : V. irl. socc ; bret. soc'h ; fr. soc.
* verno- : irl. fern « aulne » ; gall. gwern ; fr. i>erne. Cf. les noms gaulois en Verno-.
Outre les ressources qu'ils fournissent pour l'étude du vocabulaire vieux celtique, les mots restitués par la lin-
guistique permettent d'étudier à fond les sons et les formes grammaticales. Les mots transmis par les anciens ont été latinisés ou grécisés, et ne peuvent servir à déterminer que des lois très générales de phonétique ou de morphologie.
La parenté du vocabulaire vieux-celtique avec celui des autres langues indo-européennes (1), hors de doute lorsqu'on prend comme éléments de comparaison le vieil irlandais et le vieux breton, serait facile à démontrer même si l'on n'avait que les mots transmis par les auteurs de l'antiquité.
pempe- « cinq », [bret. pemp, irl. côic] ; lat. qiiinque. gr. TTÉvxe, éol. TÉfjLTTc, gkr. pdnca.
(1) Sur cette question consulter : Brugmann, Grundriss der vergleichenden Grammatik der Indogermanischen Sprachen, Strassburg, 1886-1893. H. d'Arbois de Jubainville, Etudes grammaticales sur les langues celtiques, Paris, 1881, p. 83-103 ; Eléments de la grammaire celtique, déclinaison, conjugaison, Paris, 1903 ; A. Meillet, Introduction à l'étude comparative des langues indo-européennes, Paris, 1903 ; Pedersen, Vergleichende Grammatik der keltischen Sprachen, Gottingen, 1909-
Voici quelques détails précis sur la parenté du vocabulaire des langues celtiques avec le vocabulaire des autres langues indo-européennes, telle que nous pouvons l'établir à l'aide des éléments dont r\pus disposons. Sur un millier de mots relevés dans le Urkeltischer Sprachschatz, 418 sont communs au celtique et aux autres langues du rameau asiatique (sanskrit, zend, arménien) et du rameau européen (slave, grec, italique, germanique) ; 143 sont communs seulement au celtique et au germanique ; 106 au celtique et à l'italique ; 74 au celtique et au grec ; 68 au celtique et au letto-slave ; 39 au celtique, à l'italique et au F germanique ; 34 au celtique, au grec et à l'italique ; 34 au celtique, au slave et au germanique ; 22 au celtique, au grec, à l'italique et au germanique ; 18 au celtique, au grec, à l'italique tt au slave ; 17 au celtique, à l'italique et au slave ; 16 au celtique, au grec et au germanique ; 15 au celtique, au grec, à l'italique, au germanique et au slave ; 12 au celtique, à l'italique, au germanique et au slave ; 7 au celtique, au grec, au germanique et au slave.
petor- « quatre », [v. gall. petguar, irl. cethir], lat. quatuor, gr. att. -î-:xap£;, éol. Ti'.aupt;.
ver go- « efficace », [v. gall. guerg], anglo-saxon work, ail. werk^ gr. Fspyov.
c/oro « porte », [v. bret. dor, irl. doras], lat. /or^s, got. daur, V. si. dvorïi, gr. O^pa.
epo- « cheval », [v. irl. ecli, gall. c/j-o/] lat. cqvos, gr. '(ttho;, skr. âçvas, got. aUiwa, lit. aszva.
tri- « trois », [v. irl. i/'/, gall. //•/]. lat. Irrs, gr. 'p^^î, angl. i/iree, v. si. ^ri/>.
Mais ce n'est pas à l'aide du vocabulaire que l'on établit le mieux la parenté des langues celtiques avec les autres langues indo-européennes, car les mots peuvent avoir été empruntés par une langue? à une autre. Ce sont les concordances de certains détails de phonétique et de morphologie qui prouvent l'intime parenté des langues itaUques et des langues celtiques (1). Par exemple : l'identité de la consonne initiale des deux syllabes dans lat. quinque, irl. cûic, gall. pimp en regard de itîvtc ; le génitif en 1 des thèmes en 0 : lat. viri, irl. ogam. maqi ; le superlatif : lat. maximus, osq. nessimas, v. irl. nessam ; le passif en -r : lat. canitur, v. irl. canir, bret. caner ; le déponent en -/■ : lat. sequor, v. irl. sechur; le subjonctif en à : lat. ferain, V. irl. bera; le subjonctif en -s : lat. faxô, v. irl. tiasu ; le futur en -b : lat. atnâbo, v. irl. carub ; le suffixe nominal i&t. -tiô, -tiôn-, V. irl.-tiu, -ten;lea prépositions et préfixes lat. dé, V. irl. di, hritt. di; lat. curïi v. irl. com.
(1) Voir A. Meillet, Les dialectes indo-européens, Paris, 1908, p. 33-39.
Ces coïncidences, particulières aux langues celtiques et italiques à l'exclusion des autres, permettent de supposer que l'italique et le celtique formaient un dialecte indoeuropéen.
Voici les principaux traits caractéristiques de la grammaire des langues celtiques :
Le vocalisme celtique ne diffère guère du vocalisme des autres langues indo-européenne. Il a comme particularité principale le changement de ê en l (i) : irl. sî-l. « se mence », lat. së-men, got. -seths\ irl. ri « roi », lat. rêx, gaul. -rix ; irl. ///• « vrai », v. bret. giiir, lat. vèrus.
Les voyelles brèves a o ii c i sont en général conservées : V. irl. alim, «j'élève ■>, lat. ulo ; gall. inri- «autour», gttul. ambi-, gr. àjAtpi ; v. irl. ocht « huit », lat. odo ; v. irl. rolk « roue », lat. rola ; v. irl. cluiiint a j'entends », gr. ''■ÀJ'» ; V. irl. calJi « combat », gaul. catu-, v. h. a. hadu ; irl. fiel « bois », gaul. vidii-, v. h. a. witii ; irl. beriiti « je porte ", lat. /e/'o, skr. bharûmi, got. baira.
Les diphtongues tendent à se réduire à des voyelles longues : irl. -têaid « vou^ irez *, gr. aTeîçE-cô, cf. got. sleiga ; v. irl. Dia, gén. Dé « Dieu », gaul. dëvo-, dh'o-, gall. Z)vV2/, bret. Doué, lat. divos ; irl. 6 « oreille », lat. auris ; irl. ùg « intact », lat. aug-, got. âuk- augmenter.
Le consonantisme est plus original. Le p initial a disparu dans toutes les langues celtiques : irl. athir « père », gr. T^ax/p ; V. gall. rit « gué », gaul. -ritum, lat. portas, V. h. a. fart ; irl. orc « porc », lat. porciia.
Le groupe pt est devenu -cht, puis le ch s'est vocalisé :
(1) Au temps de Consentius, on reconnaissait les Gaulois à leur prononciation de \'i, qui était intermédiaire entre i et e, |Keii., Grammalici latini, t. v, p. 394),
i 28 PHONÉTIQUE
irl. secht « sept », gall. seith, lat. septem ; irl. necht « nièce ». lat. neptis.
Ce ^ et le Â; sont conservés : irl. tuath « peuple », bret. tud, gaul. Teiito-, got. thiiida ; irl. cet « cent », gall. cant, lat. centiim ; le k vélaire conservé en gaélique s'altère en p en breton et en gaulois : v. irl. cruim « ver », gall. pryf ; V. irl. cethir « quatre », v. gall. petguar, gaul. petor-, lat. quatuor.
Les anciennes aspirées bh, dh, gh sont devenues des occlusives sonores : irl. biu «t je suis », gall. bydd-, cf. lat. iio, gr. çjw ; irl. ruad « rouge », gall. rudd, gaul. -roudos, gr. È-po0p6<;, got. ràuths ; irl. gaw « hiver », v. gall. gaem, gr. x^'K^^"'-
Les explosives sonores persistent, sauf g vélaire qui tend à devenir b : v. irl. iblrn « je bois », cf. corn, evaf, lat. bibo ; V. irl. derc « œil », cf. gr. oipv.oixa-. ; irl. gein « naissance », gall. geni ; cf. lat. getius, gr. yâvo; ; irl. bo « vache », gall. buwch, gr. poOc, skr. gâus.
La fricative 5 à l'initiale est conservée en gaélique ; mais devient h en breton : v. irl. su- « bien », gall. Jnj-, gaul su- ; V. irl. snàini « je nage », skr. siiàini; v. irl. 6m/' « sœur », gall. cliwaer, lat. soror, skr. 5U'a5ar-.
Des semi-consonnes,/ initial a disparu en gaélique : gall. ieuanc « jeune », v. irl. ôac, cf. gaul. lovinc-illus, lat. juveticus ; — v subsiste sous diverses formes : / en gaélique, gw en breton : v. irl. fiss « savoir », gall. gwydd, cf. lat. video, skr. çêda, gr. FoïSa.
Les liquides et les nasales ne subissent guère de changement : V. irl. fer « homme », gall. gar, lat. vir, got. vair ; V. irl. lOthur « canal », gaul. lautro, gr. XojTpôv ; v. irl. mâthir « mère », lat. mater, v. h. ail. imwter ; v. irl. wa-,
gr. vJ « maintenant » ; en gaélique Ji tombe devant les sourdes : v. irl. cet k cent », gall. bret. cant, gaul. canto-, lat. centum.
En résumé, le gaulois a en commun avec le breton le traitement du A; vélaire et de n devant les sourdes ; il se rapproche du gaélique pour le traitement de s initial.
Ce qui caractérise particulièremenl les langues celtiques modernes, bien qu'on ait relevé des faits analogues dans le dialecte sarde de Logudoro (1), c'est la modification des consonnes initiales après les mots qui se lient étroitement an mot suivant : l'article, les adjectifs possessifs, certaines prépositions et particules verbales.
Cette modification ou mutation des initiales se fait dans plusieurs directions. Les seuls ordres de mutation communs aux deux familles de langues celtiques sont :
1° La mutation des occlusives sonores en fricatives : b >» f , d > 0» g >• Y qui tombe en gallois : gall dy fiuvch « ta vache », dy ddant « ta dent », dy afr « ta chèvr" », i»rl. do bhô. do dhét, do ghabhar.
2° La mutation des occlusives sonores en nasales : b >> m, d'^ n. g ^ ng : gall. fy mmvch « ma vache », vy nant « ma dent », vy ngafr « ma chèvre » ; irl. ar mbô « notre vache », ar ndét « notre dent », ar ngabhar « notre chèvre » .
Bien que ces mutations soient rarement notées par l'écriture dans les plus anciens textes gaéliques et bretons, ©n ne peut guère douter de leur antiquité.
La déclinaison et la conjugaison du celtique sont plus
(1) ScHUCHARDT, Les modifications syntactiques de la consonne initiale dans les dialectes de la Sardaigne, du centre et du sud de l'Italie, Romania, t. m, p. 1-30.
G. DoTTiN. — Manuel de l'antiquité celtique. 9
130 MOUPHOLOGIE
difficiles à restituer par l'accord du gaélique et du ])reton, car les dialectes bretons n'ont gardé que des traces de l'ancienne flexion. C'est surtout en gaélique que l'on trouve un état de la langue comparable à celui du grec, du latin, ou du gotique.
C'est ainsi que l'on peut constater que le celtique offre les mêmes thèmes de déclinaison et les mêmes désinences nominales que les autres langues indo-européennes.
Ou trouve en irlandais des thèmes en à- : tuath « peuple », got. thiuda ; des thèmes en î- : si « elle », v.h. a. si ; des thèmes eno : gaul. tarvos, v. xvX.tarbh u taureau », lat. tauras ; en io- : v. irl. «/7e « autre », lat. alius ; des thèmes en i-: v. irl. fâith < poète », lat. i^ates; des thèmes en u- : V. irl. fui » bois ", v. h. ail. witii ; des thèmes consonantiques : v. irl, air-rnitia « honneur », lat. mentio ; c)' « chien », gr. x^wv ; v. irl. màlhir « mère », lat. mater \ V. irl. mao « plus graml », lat. major ; v. irl. ôiliii < jeunesse », lat. jiwenius; ; irl. tech « maison )),gr. uteyo; ; irl. ht'i (( vache », lat. bOs. Mais les cas ne sont plus qu'au nombre de cinq : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif. Le duel n'est conservé qu'avec le nom de nombre deux : du tharbh « deux taureaux ». Le neutre subsiste dans les thèmes en o-, en io-, en v , en u-, en n-. en s--
Les pronoms personnels ont, en brittonique comme en gaélique, trois formes*; la forme absolue quand ils sont sujets ou compléments directs; la forme infixe, quand ils sont compléments directs ou indirects d'un verbe composé ; la forme suffixe après les pré[iositions.
Les noms de nombre irlandais de 1 à 4 se déclinent ot ontdes formes spéciales a chaque genre. La numération est décimale et vigésimale ; ou dit en irlandais ceiiir ficliit, en
LA LANfillE i31
moyen breton pecflr»gc;??comme en français i( quatre-vingts». Les formations verbales n'ont aucune particularité propre à l'irlandais ; elles sont peu variées ; on n'y retrouve pas la richesse de suffixes que l'on constate en grec et en sanskrit. Gomme verbes à suffixes, on ne peut guère citer que lïe^ verbes en -«- et des dénominatifs en -a- et en -i-. Il n'y a que trois modes personnels : l'indicatif, l'impératif el le subjonctif Les caractéristiques de temps et de modes se rapprochent surtout de celles du latin : on trouve en gaélique et en brittonique le subjonctif en à, P ; le passif et le déponent en r ; mais aussi le futur et le prétérit en s ; en vieil-irlandais le futur en -b -/. Le parfait à redoublement ou à voyelle radicale longue est conserv'é. Les verbes simples ont un futur à redoublement ou à vo\elle radicale longue. La formation du présent en t est devenue un prétérit. La particularité la plus intéressante que [)résente la conjugaison irlandaise est la double série de désinences que prennent les verbes au présent, selon qu'ils sont simples ou composés. Au présent, le verbe simple, qu'il soit primitif ou dérivé, prend les désinences de la conjugaison en h', et le verbe composé prend les désinences de la conjugaison en 0 ; ainsi le verbe simple à la première personne du singulier se termine en -im : herini =* beronii « je [)orte » ; le verbe composé se terminait, avant la chute des voyelles finales, en ô : dobiur = doberô a je donne ». Une autre caractéristique curieuse des verbes composés est la tmèse. c'est-à-dire l'intercalation des pronoms compléments après le premier élément de composition : ni-chnra-t « ils n'aiment pas » ni m-charat « ils ne m'aiment pas ", ud-ci « il voit », al ob-ci « il vous voit », ro-chluinethar < il a entendu », ro-d' chliiinethar « qui l'a entendu i.