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Pendant les funérailles, on jetait dans le bûcher des lettres adressées à des parents défunts comme s'ils ])ouvaient les lire (1). En même temps que l'incinération, Mêla mentionne 1 inhumation (2).
A l'époque où le bronze prédomine dans la fabrication des armes, l'incinération est dusage en Gaule sur quelques points, notamment au sud-est et au sud.
La nécropole de Hallstatt offre un mélange de sépultures à inhumation (525) et de sépultures à incinération (4oo) confondues pèle-mèle. Ce sont les tombes <les incinérés qui contiennent presque tous les objets de luxe que l'on a trouvés. Les inhumés semblent avoir été plus pauvres. Mais les deux séries de tombes sont sans doute contemporaines (3). Les morts étaient ensevelis vêtus et parés ; les ossements briilés sont réunis en un tas; des vases sont placés autour ou auprès des squelettes ou des morts incinérés. D'une manière générale, c'est ]eturnulu.<; soit à sépulture centrale non excavée, soit à sépulture excavée, formé d'un amoncellement de pierres ou de sable, recouvrant souvent des cordons circulaires de blocs plantés dans le sol, qui caractérise la civilisation hallstattienne (4).
Pendant la première et la seconde phase de la civilisation
En Irlande, aux funérailles d'un chef, on immolait sur la toml)c ses animaux. Une fois, on enterra vivants des prisonniers de guerre avec le chef irlandais que leurs compagnons d'armes avaient tué. Joyce, .4 social history of ancient Ireland, t. ii, p 5'i.'ï. F. N. Robinson, Anniversary papers by coUeai^ues and pupih of G. L. Kittredge, Boston, im3, p. 1S5-197.
(1) DiODORE, V, 28.
(2) Chorographia, m, 2, 19.
('■]) Re^fue d'Anthropologie, t. iv (1889), p. 330 ; A. Bertrand et S. RrAisi\cH,~Les'!Celte'^''dans les vallées du Pô et du Dannhe, p. 122-129.
(4) Déchelette, Manuel d'arcliéologie, t. ii, p. 630-635.
(le La Tène. ce sont les sépultures plates par inhumation qui dominent en territoire celtique. Au début de La Tène III, l'usage de l'incinération, caractéristique du territoire germanique, se répand dans la Gaule du Nord (1). La transformation du tuinulus en tombe plate n'a eu lieu que progressivement (2). Dans les plus riches sépultures de la Marne, les chefs sont inhumés revêtus de leur costume et de leur équipement guerrier, couchés sur leur char ; des provisions étaient contenues dans des vases de formes diverses ; ce sont des morceaux de bœuf, de porc, de sanglier, de volaille et de gibier (3).
Là oîi il n'y a pas de char, on trouve dans les tombes d'hommes des armes : épée, javelot, umbo de bouclier. Les femmes sont inhumées avec leurs parures : torques de bronze, anneaux de poignets ou de chevilles, pendeloques d'ambre, de corail, de verroterie. Les fosses rectangulaires sont creusées dans la craie à une profondeur variant de 0 m. 00 à 1 m. 50, mais qui va jusqu'à 2 m. 65 pour les sépultures à char. Dans la plupart des cimetières de la Marne, on trouve des sépultures doubles, contenant le plus souvent un homme et une femme. Les sépultures à incinération sont dans la Marne très pauvres en mobilier (4). Dans les Iles Britanniques, les tombes du comté d'York rap[)ellent celles de la Marne par l'abondance des chars ; mais les tombes sont sous tu/nulus, les corps sont repliés et
(1) BuLLioT, Fouilles du Mont-Beuvray, t. i, p. 73-76 ; Déche- LETTE, Manuel d'archéologie, t. ii, p. 1013-1014.
(2) S. Reinach, Guide illustré du musée national de Saint- Germain, p. 36-38 (fig.) ; Déchelette, Manuel, t. ii, p. 1014-1015.
(3) H. Mazard, Essai sur les cliars gaulois de la Marne. Cf. Déchelette, Manuel d'archéologie, t. ii, p. 1022-1027.
(4) Déchelette, Manuel d'archéologie, t. ii, p. 1030-1037,
les armes sont très rares, tandis que dans la Marne les tombes sont plates, les corps allongés et les armes nombreuses (1).
Dans l'Irlande de l'épopée, les funérailles des nobles étaient célébrées par des jeux. Quelquefois on sacrifiait des animaux ; les plus anciens textes ne contiennent que quelques allusions à la crémation ; l'inhumation est de règle '2}.
En résumé, sur le mariage et la condition des femmes et des enfants le témoignage des anciens manque de précision. Quant aux coutumes funéraires, elles paraissent avoir varié chez les Celtes selon les temps.
L'agriculture, le commerce et l'industrie chez les Celles ne nous sont guère connus qu'à partir de la conquùte romaine, et les renseignements que l'on peut recueillir concernent presque exclusivement la Gaule.
C'est d'agriculture que le peuple s'occupait surtout (3). De ce point de vue, il y avait une grande différence entre les Germains et les Gaulois ; car les Germains ne consommaient pas beaucoup de blé et vivaient principalement du lait et de la chair de leurs bestiaux 4). Le bétail était nombreux en Gaule ; il n'y a guère d'expéditi;ui de César qui ne
(1) Déchelette, Ibid., t. ii, p. tlO''t. R. Allen, Notes onlate Celtic art, Archaeologia Camhrensis, t. xiii (1896), p. 220-227.
(2) A social history of ancienl Ireland, t. ii, p. 548-5.^.
(3) Cf. Guerre de Gaule, m, 17 ; Reynier, De l'économie publique et rurale des Celtes, Paris, 1818.
(4) Ibid., IV, 1 ; vi,;22.
donne lieu à une capture de bestiaux ; les Germains viennent en Gaule s'emparer des troupeaux des Ebiironcs (1). Mais la culture du blé était très répandue chez les Gaulois transalpins et, dans toutes ses campagnes, César peut se ravitailler facilement en céréales. Il obtient du blé chez les Aedui, Sequani^ Lmgones, Esubii, Curiosolites , Veneti, Leiici, Rémi, Ambiant (2). Dans la région autour d'Avaricum, on trouvait en abondance le froment et le fourrage. En prévision de la guerre, les Venètes font des réserves de froment dans les oppida (3). A Alesia, on avait amassé de quoi nourrir quatre-vingt mille personnes pendant un mois (4), Les Helvetii, avant de partir pour s'établir en Gaule, font les semailles les plus considérables qu'ils peuvent pour se procurer le blé dont ils auront besoin pendant leur expédition ; et lorsqu'ils sont contraints de rentrer dans leur pays, comme ils avaient briàlé le blé qu'ils ne pouvaient emporter, ce sont les AUobroges qui leur fournissent le blé nécessaire à leur consommation (5). Les espèces de blé cultivées en Gaule au temps de Pline (6) étaient : le siligo, gros blé blanc, qui ne réussissait que chez les, AUobroges et les Memini ; le blé de trois mois, cultivé dans le nord ; Varinca, qui est peut-être une sorte d'épeautre (7).
(1) Ibid., VI, 6 ; 35, 6.
(2) Guerre de Gaule, i, 40 ; Strabon, iv, 1, 2 ; Appien, iv, 7 ; Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Recherches sur l'origine de la propriété foncière, p. 72-74.
(3) Guerre de Gaule, m, 9.
(4) Ihid., VII, 71.
(5) Ihid., I, 3 ; 5 ; 28.
(G) Histoire naturelle, xviii, 19, 81 ; 20, 85.
(7) C. JuLLiAN, Histoire de la Gaule, t. h, p. 267.