FORETS
maines de la Gaule, en terrain plat, on se servait, pour moissonner, d'une sorte de tombereau à deux roues dont le bord antérieur était armé de dents qui arrachaient les épis : les épis tombaient alors dans le tombereau (1). Pour recueillir le millet et le panic, on employait un peigne (2). Pour faucher les prés, il y avait des faux qui coupaient l'herbe haute sans toucher à l'herbe courte (3) ; on affilait les faux avec des pierres à aiguiser provenant de la Gaule Transalpine et que l'on nommait passernices{A).
Dans la Gaule Belgique, on trouvait des forêts considérables : la forêt d'Ardenne (5) ; les forêts des Ebnrones, des Menapii, des Morini et des Nervii. En Celtique, César mentionne les forêts des Bitnriges, des Carmites, et des Seqnani (6). Mais, chez les Gaulois, les forêts semblent avoir été considérées comme dépourvues de valeur ; ce sont les champs et non les bois que les peuples dévastent et se disputent entre eux ; ce sont les champs que les Germains aiment et dont ils cherchent à s'emparer (7). Les forêts sombres et mystérieuses, peuplées d'êtres fantastiques,
S. Reinach, Les Celles dans les vallées du Pô et du Danube, p. G3- 80. Oii trouvera des représentations de charrues gauloises chez EspÉRANDiEu, Recueil général, n^ 102, 464, 1682.
(1) Ibid., XVIII, 72, 296 ; Varron, De l'agriculture, i, 52 ; Palladius, De l'agriculture, vu, 2.
(2) Ibid., XVIII, 72, 297.
(3) Ibid., XVIII, 67, 261 ; Décuelette, Manuel, t. ii, p. 1381.
(4) Ibid., XXXVI, 47, 165.
(5) Guerre de Gaule, v, 3 ; vi, 29 ; Strabon, iv, 3, 5 ; Tacite, Annales, m, 42.
(6) Eburones, vi, 34 ; 37 ; Mcnapii, m, 28 ; 29 ; iv, 38 ; vi, 5 ; Morini, m, 28 ; 29 ; (cf. Dion Cassius, xxxix, 44) ; Nervii, ii, 18 ; 19 ; v, 52 ; Bituriges, vu, 16 ; 18 ; Carnutes, viii, 5 ; Sequani, i, 12 ; 39.
(7) Guerre de Gaule, i, 11 ; H. d'Arbois de Jubainville, Recherches sur l'origine de la propriété foncière, p. 74-75.
étaient pour les Gaulois des lieux sacrés (1). Au temps de Pline (2), un des arbres les plus utiles était le bouleau, qui servait à faire des cercles, des corbeilles, les insignes des magistrats et dont on extrayait une sorte de résine. On trouvait aussi en Gaule le chêne, qui était abondant chez les Vénètes, le hêtre, l'orme, le saule, le buis. César cite l'if comme très commun dans les forêts gauloises. Gatuvolcus, roi des Eburones, s'empoisonna avec le poison tiré de cet arbre et Pline raconte que les barils en bois d'if fabriqués en Gaule pour contenir le vin pouvaient causer la mort (3). En Grande-Bretagne. comme en Gaule il croit des arbres de toute espèce, à l'exception du hêtre et du sapin (4). Nous avons conservé les noms celtiques du sureau, scobien, de la fougère, raiis, de la pomme, aballo, d'une espèce de sapins, padi, du bouleau, betulla, d'une espèce d'orme, atinia, et de diverses plantes.
Les animaux domestiques élevés dans l'ancienne Gaule (5) étaient sans doute à peu près les mêmes qu'aujourd'hui. Les races de bœufs cisalpins étaient très estimées pour le travail (6). César mentionne des troupeau .\ nombreux chez les Nervii (7), les Menapii (8), les Eburones (9), mais il en
(1) LucAiN, Pharsale, uh 390-425.
(2) Histoire naturelle, xvi, 30, 75. Sur les autres arbres des forêts gauloises, cf. ibid., xvi ; A. Maury, Les forêts de la Gaule et de l'ancienne France, Paris, 1867, p. 82-85. Sur la bibliographie des forêts depuis 1867, voir C. Jullian, Revue des études anciennes, t. IX, p. 89-90, 369.
(3) Guerre de Gaule, vi, 31 ; Strabon, iv, 4, 1 ; Pline, Histoire naturelle, xvi, 20, 50.
(4) Ihid., V, 12.
(5) C. JuLLiAN, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 278-283.
(6) Varron, De l'agriculture, ii, 5.
(7) Guerre de Gaule, vi, 3, 2.
(8) Ihid., VI, G, 1.
(9) Ihid., VI, 35, 6.