CHASSE
tons étaient une race de petits chiens vigoureux et suivant bien une piste (1). Pline assure que les Gaulois faisaient couvrir leurs chiennes par des loups et que chaque meute avait pour guide un chien auquel les autres obéissaient (2). Les chiens bretons, comme ceux de leur pays, étaient utilisés pour la guerre par les Celtes du continent (3). Le roi arverne Bituitos avait une garde composée de chiens qui ne devaient faire qu'une bouchée de l'armée romaine (4). Ainsi, dans l'Irlande de l'épopée, le chien Ailbe suffisait à garder à lui seul le royaume de Laighen (5).
La chasse était, avec la guerre, la principale occupation des Celtes. Ils y étaient fort habiles. Ceux qui considéraient la chasse, non comme un moyen d'alimentation, mais comme une distraction, ne se servaient point defilets. Les Celtes riches envoyaient dès l'aurore explorer les lieux où ils soupçonnaient la présence d'un lièvre au repos. Quand on leur avait rendu compte, ils se rendaient au lieu indiqué et lançaient leurs chiens après avoir fait lever la bête. Ils employaient deux espèces de chiens : les uns cherchaient la piste, les autres étaient tenus à l'endroit où il était vraisemblable que le lièvre dirigeât sa course, pour se lancer sur lui à son passage. A chaque animal au'ils avaient pris, des Celtes mettaient de cùlé une petite somme
(1) Oppien, Cynégétique^ i, 467-4G8.
(2) Histoire naturelle, viii, 61, 148.
(3) Strabon, IV, 5, 2. Cf. Pline, Histoire naturelle, vin, 61,
(4) Appien, IV, 12 l'OnosE, Histoires, v, 14.
(5) II. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. V, p. 66. Cf. Tàin Bô Cùalnge, 1. 1003, 1007, 1008, 1019, 1025, 1028, 1037, 1935, 2612, 3977 ; J. Loth, Revue celtique, t. xxvii, p. 163-165.
d'argent : deux oboles pour un lièvre, une drachme pour un renard ; quatre drachmes pour un chevreuil. Au bout d'un an, au jour de la naissance d'Artémis, on ouvrait le trésor ainsi constitué, et on l'employait à faire les frais d'un sacrifice à la déesse où Ton immolait des brebis, des chèvres ou des veaux, et d'un banquet où les chiens paraissaient couronnés de fleurs (1). Parmi les animaux sauvages propres à la forêt Hercynienne, César cite un bœuf ayant la forme d'un cerf ; ïalce ou élan, et Viirus, sorte de bœuf sauvage. Comme les élans se reposent en s'appuyant contre les arbres, et ne se couchent pas pour dormir, car il leur est impossible de se relever, le chasseur déracine les arbres dans les heux où ils fréquentent, ou les scie de façon à ce qu'ils puissent encore tenir debout. Les animaux venant s'y appuyer selon leur coutume les font fléchir et tombent avec eux. On capture l'urus, qui a une force et une vitesse prodigieuse, dans des fosses disposées avec soin (2). Nous connaissons le nom gaulois du lynx : nifius. Les Celtes atteignaient les oiseaux avec un dard en bois lancé à la main (3 . Ils empoisonnaient les flèches destinées à la chasse avec le suc des fruits d'un arbre assez semblable à un figuier ; ces fruits ont à peu près la forme d'un chapiteau corinthien (4). Pline (5) rapporte que ce poison pro-
(1) Arrien, Cynégétique, 19 ; 21 ; 33. Cf. Varron, De re rusiica, III, 12, 2 ; 5 ; 6 ; C. Jullian, Histoire de la Gaule, t. ii, p. 284-289.
(2) Guerre de Gaule, vi, 26-28.
(3) Strabon, IV, 4, 3.
(4) Pseudo-Aristote, Singularités merveilleuses, 86 ; Artémidore chez Strabox, iv, 4, 6. Cf. A. J.Reinacii, L'Anthropologie, t. XX, p. 189-206.
(5) Pline, xxv, 25, 61 ; xxviii, 76, 101.