‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 54 sur 158 · CHASSE · texte numérisé non relu

CHASSE

venait de l'ellébore blanc. Les animaux ainsi tués étaient, raconte Aulu-Gelle (1), plus tendres à manger ; mais il fallait enlever toutes les parties qui entouraient les blessures. Le limeum servait à composer un poison que l'on appelait cervarium et dont on enduisait les flèches de chasse (2). D'après Gelse, les poisons de chasse des Gaulois ressemblaient au venin du serpent ; ils étaient dangereux dans les blessures, mais inoffensifs dans la bouche si celle-ci ne contenait pas d'ulcération (3). Dans le testament d'un Lingon sont mentionnées toutes sortes d'armes de chasse : lances, glaives, couteaux, deux sortes de filets, lacs, épouvantails (4).

Il y avait en Gaule des renards, des chevreuils, des chamois (o). Au temps de Pline, les Alpes, le Midi et les bords du Rhin sont les contrées de Gaule où l'on rencontre le plus curieux gibier à plume (6).

La pèche ne tenait sans doute pas dans les divertissements des Celtes la même place que la chasse. Nous avons vu que certaines peuplades bretonnes ne profitaient pas des poissons qui pullulaient sur leurs côtes (7). Les huîtres de Bretagne sont citées par Pline (8). A la pêche, des habi-

(1) Nuits uniques, xvii, 15, 7. Cf. Pline, xxv, 25, 61.

(2) Pline, Histoire naturelle, xxvii, 76, 101.

(3) Celse, V, 27, 3. Cf. Lagneau, Remarques toxicologiques sur certaines substances employées par les anciens peuples de l'Europe pour empoisonner leurs flèches et autres armes de jet, Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, t. xiv, 1877, p. 789-874.

(4) Corpus inscriptionum latinarum, l. xiii, 11° 5708. Voir des scènes de chasse chez Espérandieu, Recueil général, n° 168, 175, 534, 1560, 1648, 1704, 3179. .

(5) Arrien, Cynégétique, 34, 1 ; Grattius Faliscus, 200 ; Arrien, 34, 1 ; Pline, viii, 79, 214.

(6) Pline, x, 29, 56 ; 57, 116 ; 66, 131 ; 68, 133 ; 68, 134.

(7) Voir ci-dessus, p. 162.

(8) Histoire naturelle, xxxii, 21, 62.

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tants des rivages de la Méditerranée employaient, prétend Pline (1), des dauphins dressés auxquels ils abandonnaient une part du butin et auxquels ils donnaient, en plus, du pain trempé dans du vin. Les anciens nous ont conservé quelques noms celtiques de poissons : esox, saumon ; clopias, lotte; ce poisson se trouvait dans la Saône ; alausa, alose ; tinca, tanche. Le thon et le muge sont cités par Strabon, Pline et Martial [2).

L'industrie gauloise trouvait de précieuses ressources dans le sol même du pays (3). Il y avait en Gaule beaucoup d'or natif (4). Les fleuves charriaient des fragments de roche remplis de sable d'or ; on brisait les roches, on enlevait la partie terreuse par des lavages et on faisait fondre le résidu dans des fourneaux (3). Les Salassi, peuple des Alpes, se livraient au lavage de l'or dans les eaux du Durias (6). Le pays des Volcae Tedosages était riche en or (7). Chez les Cisalpins, l'or, avec les troupeaux, constituaient la richesse (8). Nous avons vu que les colliers et les bracelets d'or sont la parure caractéristique des guerriers celtes (9).

(1) Histoire naturelle, lx, 9, 29 ; 32.

(2) Strabon, iv, 1, 6. Cft Athénée, vin, 4 ; Mêla, ii, 83 ; Pline, ix, 26, 59 ; Martial, xiii, 103 ; Cf. Elien, Histoire des animaux, xiii, 16.

(3) A. Daubrée, Exploitation des métaux dans la Gaule, Rei>ue archéologique, t. xvii (1868), p. 298-313 ; t. xl (1881), p. 201- 221, 261-284, 327-353.

(4) Suétone, César, 54 ; Tacite, Annales, xi, 24. Sur l'or gaulois, voir E. Cartailhac, Revue d'anthropologie, t. iv (1889),

(5) DioDORE, V, 27.

(6) Strabon, iv, 6, 7.

(7) Strabon, iv, i, 13 ; cf. m, 2, 8 ; iv, 2, 1.

(9) Voir ci-dessus, p. 173.

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