MINES
on le préparait aux environs du cap Belerion en faisant fondre et en épurant les veines de métal qui se trouvaient dans les roches du promontoire ; puis on le transportait sur des chariots, à marée basse, dans l'île d'Iclis (Wight). Là les marchands venaient l'acheter (1) On a signalé en Gaule des traces d'exploitation de filons stannitères qui peuvent remonter à l'époque gauloise (2).
L'industrie gauloise utilisait comme décoration le corail et l'émail. Le corail le plus estimé était péché sur la côte méridionale de la Gaule (3). Les Gaulois en ornaient leurs glaives, leurs boucliers et leurs casques i4). L'usage du corail dans l'Antiquité a été constaté presque exclusivement dans les pays celtiques ou soumis à l'influence des Celtes. Il apparaît seulement vers la fin de l'époque de Hallstatt (o). On le trouve surtout en Gaule et particulièrement dans le pays des Rémi, dans les sépultures à inhumation, en compagnie de perles d'ambre, de verroterie, de bijoux d'or, jamais avec des monnaies. Il sert surtout à décorer des objets de bronze, fibules, boutons, harnais, fourreaux, casques, bracelets, chaînettes, tètes d'épingles ; dans des colliers, il est employé comme pendeloques (6). D'après Pline, le corail passait pour avoir diverses vertus curatives
(1) PoLYBE, m, 57 ; Timi'e chez Pline, iv, 30, 104 ; César, Guerre de Gaule, v, 12, 4 ; Diodore, v, 22 ; 38 ; cf. Poseidônios chez Strabon, m, 2, 9 ; Rice Holmes, Ancient Dritain, ch. v.
(2) A. Daubrée, Revue archéologique, t. xvii (18G8), p. 306 ; Blanciiet, Traité des monnaies gauloises, t. i, p. 35.
(3) Pline, Histoire naturelle, xxxii, ii, 21.
(4) Ibid., XXXII, 11, 23.
(5) DÉciiELETTE, Mauuel, t. II, p. 875.
(6) Cf. S. Reinacii, Le corail dans l'industrie celtique, Revue celtique, t. xx, p. 13-29, 117-131 ; Déciielette, Manuel, t. ii, p. 1330-1332.
et une branche de corail pendue au cou d'un enfant le mettait, croyait-on, en sûreté (1). Les objets ornés de corail appartiennent sans doute à la fin de l'époque de Hallstatt et à la première partie de l'époque de la Tène (2). Le carail semble avoir été remplacé par l'émail vers l'an 200 avant J.-G. (3).
Philostrate (4) raconte que les barbares voisins de l'Océan savent verser les couleurs blanche, noire, jaune, rouge, sur du cuivre incandescent où elles se fixent ensemble, prennent la consistance de la pierre et conservent les ligures qu'on y a dessinées II v.ut parler probablement des Celtes et certainement d'un procédé d'émaillage. Cet art, presque complètement ignoré des Grecs et des Romains, était pratiqué chez les Aediii. On a trouvé dans les ruines de Bibracte de l'émail rouge sous diverses formes : lingots, déchets, bavures ; tout un quartier de la ville semble avoir été occupé par des ateliers d'émailleurs. Les objets sur lesquels on appliquait l'émail sont des rouelles, des boutons, des fibules, des têtes de clous (5).
Le commerce de l'ambre est très développé au premier âge du fer. A Hallstatt, plus de trois cents sépultures, parmi lesquelles quelques-unes à mobilier pauvre, contenaient plusieurs milliers de perles d'ambres ; les fils portant les grains ou les bâtonnets d'ambre sont disposés en rangées parallèles et traversent de petites plaquettes qui leur servent
(1) Histoire naturelle, xxxii, 11, 24.
(2) S. Reinach, Revue celtique, t. xx, p. 118.
(3) S. Reinach, Revue archéologique, t. vi (1905), p. 309.
(4) Tableaux, i, 27, 3.
(5) BuLLiOT, Fouilles du Mont-Beuvray, t. i, p. 129-146. Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, t. xxxn, p. 71-105. DÉCHELETTE, Manuel, t. ii, p. 1547-1557,
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