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y" siècle avant notre ère, époque où furent conclus entre diverses villes grecques, parmi lesquelles Phocée, des traités monétaires. Un autre groupe de monnaies sont imitées de celles de Rhoda, et d'Emporium (Ampurias), colonie de Marseille, deux ports situés au nord-est de l'Espagne ; les monnaies de ces deux villes et certaines monnaies marseillaises ont une grande analogie avec les monnaieo frappées en Sicile dès la fin du V siècle, elles peuvent avoir été introduites en Gaule dès le iv* siècle. Les monnaies de Marseille, d'Emporium et de Rhoda sont en argent. Les premières monnaies de bronze semblent avoir été fabriquées entre les Pyrénées et l'Hérault vers la fin du ni'= siècle ; elles se rapprochent singulièrement des pièces de Phintiasd'Agrigente (287-279), et de Hiéron II de Syracuse (275-215). Quant au numéraire d'or, on n'en a pas constaté l'usage dans le sud ni dans le sud-ouest de la Gaule. Il se répandit en Gaule peut-être dès la première moitié du uf siècle. Il procède des statères de Philippe II, roi de Macédoine (3G0-336 avant J.-C), représentant sur un cùté une tête d'Apollon de profil, et sur l'autre un char à deux chevaux ; ou des statères de Tarente portant sur la face une tête d'Amphitrite, et sur le revers les Dioscures à cheval. Les premières imitations furent assez exactes, mais peu à peu les graveurs altérèrent leurs modèles au point qu'il est impossible de saisir le rapport qui unit les philippes aux pièces gauloises si l'on n'a pas toute la série des pièces progressivement défigurées. Ces imitations paraissent avoir cessé en Gaule lors de la conquête romaine. Les derniers statères portent les noms de Yercingétorix [i) et
(1) Voir C. JuLLiAN, Vercingétorix, Paris, 1903, p. 353-357.
de quelques autres chefs. Dès l'époque de rétablissement des Romains dans la Province (118 avant J.-C), les deniers de la République servirent de modèles, même pour des monnaies en bronze. Après la conquête de la Gaule, les villes libres et alliées eurent le droit de battre monnaie (1).
En Grande-Bretagne, au temps de César, on se servait, comme nous l'avons vu, de monnaies de cuivre ou de fer en forme d'anneaux d'un poids déterminé (2). Les habitants de l'île Silure, en face des Dumnonii, ne se servaient pas de monnaies, d'après Solin (3), et ne connaissaient que l'échange des marchandises. Les plus anciennes monnaies recueillies en Grande-Bretagne dérivent des monnaies de la Gaule continentale; les graveurs se sont efforcés de transformer les types monétaires en figures symétriques d'exécution facile (4). Dans les oppida et les crannogs de Grande-Bretagne on a trouvé des barres de fer qui semblent bien être les instruments d'échange dont parle César (o).
Le monnayage de l'Europe centrale est très barbare.
(i) A. DE Barthélémy, Essai de classification chronologique de différents groupes de monnaies gauloises, Revue celtique, t. xi, p. 173-179. Cf. t. XII, p. 309-316 ; Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1892, p. 251 et suiv. ; Blanchet, Traité des monnaies gauloises, p. 177-178 ; Cii. Robert, Dissémination et centralisation alternative de la fabrication monétaire depuis les Gaulois jusqu'au commencement de la domination carolingienne. Revue archéologique, t. vi (1885), p. 324-330 ; A. Blanchet, L'influence de l'art grec dans le nord de la Gaule Belgique, Revue numismatique, t. vu (1903), p. 100-117 ; E. Hucher, L'art gaulois ou les Gaulois d'après leurs médailles, 1868-1874 ; Déchelette. Manuel, t. ii, p. 1559-1573.
(2) Ci-dessus, p. '207.
(3) Recueil de choses merveilleuses, 22, 8.
(4) J. Evans, The Coins of the ancient Britons, Loivdon, 1864- 1890 (pi.).
(5) Déchelette, Manuel d'archéologie, t. ii, p. 978, 1558.