MONNAIES
M. A. Blanchet a signalé la dissémination des monnaies gauloises, ainsi que les rapports que présentent des pièces de la vallée du Danube avec celles de la vallée du Rhin et de la Gaule. 11 y aurait donc eu entre les diverses tribus celtiques du centre et de l'ouest de l'Europe des relations commerciales assez étendues, dans la période comprise entre le iii'^ et le i" siècle avant notre ère. Après les monnaies d'or imitées des monnaies grecques, on trouve vers l'an 100 des statères ornés de motifs indigènes : coquille, tète d'oiseau, serpent, et de grosses pièces d'argent à légendes (1). l.e titre des monnaies d'or et d'argent varie avec les temps et les lieux. Les monnaies d'or contiennent de 7 à 37 0/0 d'argent et de 19 à 13 0/0 de cuivre, avec souvent des traces détain. Les monnaies d'argent contiennent de 22 à 85 0^0 de cuivre et quelquefois de 8 à 16 0/0 d'étain, de 7 à 30 0/0 d'or. Les monnaies de bronze allient au cuivre de 12 à 280/0 d'étain, de 1 à 80,0 de plomb, quelquefois jusquà lGO/0 de zinc. On appelle potin un alliagede cuivre (68 à 82 0/0) et d'étain (17 à 31 0/0), avec des traces d'argent et de plomb.
Les divisions monétaires sont imitées des pièces grecques : en or : le slalère (environ 8 gr. 6), le demi statère, le tiers de statère, le quart do statère, le sixième de statère, et le huitième de statère ; en argent : le tétradrachme, la drachme (environ 4 gr. 31 1, l'obole (0 gr. 72), la demiobole, le quart d'obole (2).
(1) Recherches sur les monnaies celtiques de l'Europe centrale, Revue numismatique, t. vi (1902), p. 36-51, 157-173. Traité des monnaies gauloises, t. ii, p, ^i't3-'ill ; G. Jullian, Histoire de la Gaule, t. I, p. 375, n. 6.
(2) Blanchet, Traité des monnaies gauloises, t. i, p. 36-74,
Le droit de battre monnaie appartenait aux cités. Les noms d'hommes, qui sont les plus nombreux dans les inscriptions des monnaies gauloises, appartiennent sans doute à des chefs ou à des magistrats monétaires (1).
Il est possible qu'antérieurement à l'introduction en Gaule des monnaies grecques, les Gaulois aient utilisé comme monnaies des fragments de haches de bronze et de bijoux, des lingots marqués, «les anneaux et des rouelles (2). En 191, P. Cornélius Scipion avait rapporté de ses victoires sur les Boii 2.340 livres de lingots d'argent (3).
Hormis les renseignements que fournit l'archéologie, nous savons peu de choses sur le commerce des Gaules (4), les exportations et les importations. Cicéron semble regarder comme synonymes les deux mots Insuber et mercator (5). Au temps de César, la proximité de la Province romaine et le commerce d'outre-mer fournissait aux Gaulois d'abondantes ressources. César parle des marchands autour desquels les Gaulois se rassemblaient pour apprendre les nouvelles (6). Varrou, citant Caton (7), mentionne la quantité énorme de salaisons que les Romains faisaient venir des deux Gaules cisalpine et transalpine. Mais à quelle époque ce commerce, ainsi que celui des fromages et des laines, s'est-il surtout développé '? N'est-ce pas sous
(1) Blanchet, ibid., p. 81 ; Jullian, Histoire de la Gaule, t. II, p. 341-344.
(2) Blanchet, ibid., p. 21-29.
(3) TiTE LivE, XXXVI, 40, 12.
(4) Voir BuLLiOT et Roidot, La cité gauloise selon l'histoire et les traditions, p. 118-147 ; E. de Fréville, Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. xxii, p. 87-149.
(5) Contre Pison, fragm. 7.
{Cl) Guerre de Gaule, iv, 5 ; vi, 24.
(7) De l'agriculture, u, 4. Cf. Strabon, iv, 4, 3.