‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 62 sur 158 · NAVIGATIO.N · texte numérisé non relu

NAVIGATIO.N

Les peuples qui habilaientsur les rives du Rhône avaient un grand nombre débarques d'une seule pièce et de canots qui leur servaient au commerce maritime, et qu'Anuibal utilisa pour franchir le fleuve (1). Quelques-unes de ces barques fabriquées à la hâte n'étaient que des troncs d'arbres creusés (2). Pour traverser le Rhône et la Saône, les Helvetii utilisent des bateaux attachés ensemble, et des radeaux (3). Il est aussi question, dans les Commentaires, de bateaux sur la Loire et sur la Seine, à Noviodunum, et à Metlodunum, où Labiénus forme un radeau avec une cinquantaine de barques (4). On a découvert, dans les travaux du canal de la Marne au Rhin, une pirogue en chêne oii l'on avait enseveli à l'époque gauloise un guerrier armé d'une épée de fer dans son fourreau (3). Les barques des Bretons étaient en osier couvert de cuir, comme le currach des Irlandais modernes (6).

Des Cisalpins fabriquaient les voiles de leurs bateaux avec des joncs des marais du Pô (7). Les Belges employaient les panicules des roseaux à faire des étoupes pour calfater leurs navires (8).

(2) TiTE LivE, XXI, 26, 8.

(3) Guerre de Gaule, i, 8 ; cf. i, 12.

(4) Ihid., VII, 55 ; 58 ; GO.

(5) S. Reinach, Catalogue sommaire du musée des antiquités nationales, p. 21, 109.

(6) AviÉNUs, Ora maritima, v, 105-107 ; Timce, chez Pline, IV, 30, 104.

(7) Pline, xvi, 70, 178.

(8) Pline, xvi, 64, 158. On trouvera des représentations de barques chez Espérandieu, Recueil général, n°^ 683, 685, 686, 687, 690.

Quels que soient à l'époque de la conquête romaine l'industrie, le commerce et l'agriculture en Gaule, on n'en saurait conclure qu'en général les Celtes fussent de remarmarquables agriculteurs, des commerçants habiles et des industriels hors ligne. Les Gaulois, d'après César (I), étaient remarquablement doués pour imiter et reproduire ce qu'on leur apprenait. Ils avaient sans doute plus de qualités d'assimilation que de création et ils ne les développèrent qu'au contact de la civilisation romaine. Les conditions de leur vie pratique n'avaient, en tout cas, guère bénéficié, si nous nous en rapportons aux témoignages des anciens, de leurs aptitudes au travail soit de la terre, soit des niatériaux, ou à l'échange des produits. Le manque de sécurité qui résultait de la faiblesse de l'Etat et des guerres continuelles ne constituait pas une situation favorable au développement agricole, industriel et commercial.

(1) Guerre de Gaule, vu, 22.

G. DoTTiN, — Manuel de l'antiquité celtique, 15

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