‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtiqueChapitre 63 sur 158 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'ETAT (1

Les rois. — Los magistrats. — Les principes et les équités. — Los sénats.— Les assemblées. — La plèbe, les ambacti, les clientes ; les esclaves ; les prisonniers de guerre. — Les cités, les peuples clients, les pagi. — La propriété. — La justice ; le serment ; le combat judiciaire ; la composition pour meurtre; la procédure. — Les mercenaires celtes. — Le pouvoir militaire. — La cavalerie. — • Les chars de guerre. — La tactique guerrière ; les combats singuliers ; le siège des places fortes. — Les armes offensives et défensives.

H. d'Arbois de Jabainville (2) a fait ressortir les différences qui séparent l'ancienne conception de l'Etat de l'idée que s'en font les peuples modernes. Au i" siècle avant notre ère, les Gaulois n'attribuaient an gouvernement central, quand il en existait un, d'autre fonction que de maintenir l'indépendance de la cité et l'intégrité des biens de la nation contre les agressions de l'étranger. Tout ce qui concerne les particuliers, même le vol et le meurtre, ne peut être puni que par les personnes lésées ou

(1) Voir C. JuLLiAN, Histoire de la Gaule, t. i, p. 360-365, t. II, p. 37-83, 182-221, 437-448.

(2) Etudes sur le droit celtique (Cours de littérature celtique, t. vu), p. 1-13.

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leur famille. Celles-ci ont recours, soit à l'arbitrage, soit à la force. De même, aucune autorité n'est chargée de régler les contestations entre peuples. A l'intérieur de chaque cité, il n'y a rien qui ressemble aux partis politiques des nations modernes ; les petits et les faibles sont clients des grands seigneurs et ne peuvent constituer un parti démocratique. L'autorité publique, qu'elle soit aux mains des rois, des magistrats, des principaux citoyens, des sénats, est très faible et ne peut s'opposer aux entreprises des nobles riches et possédant une nombreuse clientèle (1). Elle devient plus forte en temps de guerre, lorsque tous les citoyens, réunis contre un ennemi commun, reconnaissent la nécessité d'obéir à un chef choisi par eux.

Chez les peuplades celtiques, la forme du gouvernement est ou monarchique, ou oligarchique.

Pour la Gaule cisalpine, Polybe mentionne en 223 les rois des Boii Atis et Galatos et ceux des Gaesalae Goncolitanos et Anêroestos, qui venaient d'au delà des Alpes. Un roi gaulois Magilos, qui venait des plaines qu'arrose le Pô, s'oppose à Annibal lors du passage du Rhône (2).

En Gaule transalpine, à la fin du iV siècle avant notre ère, le chef de la coalition contre les Marseillais est le petit roi gaulois Catumandus (3). Les Salyi avaient

(1) FusTEL DE CouLANGEs, La Guule romaine, 3^ éd., p. 35-44.

(2) TiTE LivE, epitome lxi.

(3) Justin, xliii, 5.

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