ROIS
pour roi Teutomalius vers 122. Annibal trouve chez les Allobroges deux frères qui se disputaient la royauté et prête le secours de ses armes à l'aîné, Brancus (1). En 121, les Arvernes sont gouvernés par le roi Bituitos (2), que Q. Fabius Maximus défait en 12i.
A l'époque où César fit la conquête de la Gaule, il n'y a plus de rois en Celtique que chez les Niiiohroges (3) et chez les Senones {i). Ce sont Teutomatus et Moritasgus. Mais déjà, malgré la protection de César, Gavarinus, qui demandait la succession de Moritasgus, ne peut l'obtenir et il est condamné à mort par une assemblée publique (3). Chez d'autres peuples, les rois qui exerçaient le pouvoir avant l'arrivée de César n'ont pas été remplacés. Chez les Arvenii, Celtillus, accusé de prétendre à la royauté, a été mis à mort (6) ; chez les //e/tv^///, Orgétorix, objet d'une accusation semblable, est soustrait à la sentence qui l'aurait atteint par une mort subite et sans doute volontaire (7). Tasgetius, auquel César fait rendre la royauté de ses pères chez les Carnutes, est tué publiquement par ses ennemis après deux ans de règne (8). L'Eduen Dumnorix espère obtenir de César la dignité royale, mais il mécontente ses concitoyens en s'en vantant dans l'assemblée publique et César le fait tuer (9). Quant à Casticus, il
(1) POLYBE, III, 49 ; TiTE LiVE, XXI, 31, 6.
(2) TiTE LivE, epitome lxi. Valère Maxime, ix, 6, 3 ; Orose, V, 14, 1 ; Strabon, iv, 2, 3.
(3) Guerre de Gaule, vu, 31 ; 46.
(4) Ihid., V, 54.
(5) Ihid., V, 54.
(6) Ihid., VII, 4.
(7) Ihid., I, 4.
(8) Ihid., V, 25.
(9) Ihid., V, 6 ; 7.
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essaie vainement d'obtenir la royauté que son père Catamantaloedis avait exercée chez les Sequani (i). La royauté de Vercingétorix ne fut qu'éphémère, et à peine avait-il été nommé par les siens chef snprême de la Gaule que déjà on l'accusait de trahison (2). La royauté semble donc être devenue impopulaire en Gaule Celtique.
En Belgique, si la royauté est moins impopulaire et plus respectée, elle semble encore exceptionnelle. Le roi des Saessiones s'appelle Galba (3). Les Ehurones sont gouvernés par deux rois qui régnent chacun sur une moitié du pays (4). L'Atrébate Commius, roi des Morini, qui tenait son pouvoir de César, est accepté sans difficulté par ses sujets (5).
Les Bretons étaient gouvernés par des rois et chefs qui la plupart du temps vivaient en paix entre eux (6). César cite les noms de plusieurs rois : Cassivellaunus, Cingetorix, Carvilius, Taximagulus, Segovax (7). Chez les Caledonii, le gouvernement était le plus souvent démocratique (8). Au temps dAgricola, le gouvernement était aux mains des principes (9).
Mais, pour la Gaule comme pour la Grande-Bretagne, nous ignorons quelles étjaient les attributions de la royauté et quel régime politique était désigné sous ce nom. Il est probable que le pouvoir des rois n'était pas très étendu ;
Guerre de Gaule, i, 3.
Ibid., VII, 4 ; 20.
Ibid., II, 4.
Ibid., V, 24 ; vi, 31.
Ibid., IV, 21 ; vu, 75 ; 76 ; 79 ; viii, G ; 7 ; 10.
DiODORE, V, 21. Cf. POMPONIUS MÊLA, III, 6, 51.
Guerre de Gaule, v, 20 ; 22.
Dion Cassius, lxxxvi, 12.
Agricola, 12. Cf. Guerre de Gaule, v, 28 ; 60.
230 MAGISÎRATS
ils étaient sans doute choisis par le peuple qui pouvait les renversera sa guise (1). C'étaient d'ordinaire les plus puissants et ceux qui avaient des richesses suffisantes pour soudo} er des hommes, qui arrivaient à la royauté (2). Il ne semble pas que les rois aient été hiérarchisés comme ils le furent en Irlande (3).
Chez la plupart des peuples de Gaule, le gouvernement est oligarchique et aristocratique (4).
Pour désigner ceux qui détiennent le pouvoir, César se sert du terme vague de magistratiis. Chez les H elvetii, ce sont les magistrats qui réunissent les cultivateurs pour défendre par les armes contre Orgétorix les droits de la cité (5). Il semble que chez quelques peuples il y ait eu un magistrat suprême, siimmus magisiratus (6). Cliez les Aedui il n'est pas permis d'élever à Cftte dignité deux membres de la môme famille (7) ; le magistrat suprême s'appelait vergobrelos ; il avait le droit de vie et de mort; il n'était nommé que pour un an ; il ne pouvait sortir du territoire de la cité ; son élection était faite par les prêtres avec l'intervention des magistrats et selon des formes légales [)our le temps et le lieu (8). Il y avait une magistrature du même nom chez les Lexovii et peut-être chez les Santones (9). Dans les cités bien administrées, il est or-
(1) FusTEL DE CouLANGES, La Gttule romaine, p. 13.
(2) Guerre de Gaule, ii, 1, 4 ; cf. i, 3.
(3) Joyce, A social history of ancient Ireland, t. i, p. 41.
(4) Strabon, IV, 4, 3.
(5) Guerre de Gaule, i, 4.
(6) Ibid., I, 16 ; VII, 33.
(7) Ibid., VII, 33.
(8) Ibid., I, 16 ; vu, 33 ; cf. 32.
(9) I\IowAT, Le duel dans la déclinaison gauloise, Revue celtique, t. V, p. 122. Mémoires de la Société de linguistique, t. vi, p. 158.
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donné par les lois que toute nouvelle qui intéresse l'Etat aoit aussitôt connue, transmise aux magistrats. Ceux-ci cachent ce qu'il leur paraît bon de dissimuler et ne fout connaître à la multitude que ce qu'ils croient utile de lui dire (1). Quand il se produit quelque événement important, on l'annonce par les champs et les pays au moyen de cris qui se transmettent de proche en proche (2),
Quelle était la fonction que César désigne sous le nom de /?rmcipfl^u5? C'est probablement la primauté parmi les principes. On voit chez les Treveri Indutiomarus et Cingétorix se disputer le principalus (3) ; et, après la mort d"Indutiomarus, le pouvoir (4) qu'il exerçait est transféré à ses proches ; chez les Aediii il en est de même d'Eporédorix et Viridomarus (5) ; Dumnorix chez les Aediii (6), Adbucillus chez les Allobrogea {!) occupait le principatiis. Celtillus avait occupé le principal de toute la Gaule (8). En tout cas, ce n'est pas une fonction annuelle ; on peut l'occuper pendant plusieurs années ; il est probable qu'elle est attribuée au personnage le plus influent de l'Etat. Quant aux principes dont César parle souvent, ils ne semblent pas constituer un corps de fonctionnaires ; on les envoie en ambassade, on les prend comme otages ; on les convoque pour débattre avec eux les questions qui intéressent leurs concitoyens (9). César les désigne sous le nom de nobi-
(1) Guerre de Gaule, vi, 20.
(2) Ihid., VII, 3.
(3) Ihid., y, 3.
(4) Imperium. Ihid., vi, 2.
(5) Ihid., vu, 39.
(6) Ihid., I, 3.
(7) Guerre civile, m, 59.
(8) Guerre de Gaule, vu, 4.
(9) H. d'Arbois de Jubainville, Recherches sur l'origine de la propriété foricière, p. 46-49.